Clarac, V, pi. 875, 3223 A. Ancient marbks, X, pi. XXVII
3. Bayet, Mon. de l'art antique, U, pL 13. Cf. Babeloii et Elanchet, Cataî. des bromes antiques di la Bi motUçue nationale, n» 3009. Cf. d'antres types d'eEclaTes nègres, ibid., n" lOIO, 1015. Sur les monu menta représentant des tjpoa de nègres, yoii' la bibllograpMe citée pat Pottiet et Eeinach, Mf/rina
S. Miobou, Bail, de la Société des Antiquaires de Franchi, 1893, p. 166.
B GKECQtTE. — T. II. ^2
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le nom de « bas-reliefs hellénistiques s '. Très nombreux dans les collections romaines, ces monuments ont été longtemps considérés comme des imitations plastiques de tableaux alexandrins, jusqu'au jour où M. Schreiber leur a assigné îeur véritable place dans l'histoire de l'art ^ On est d'accord aujourd'hui pour y voir tantôt des originaux grecs, tantôt des copies romaines de modèles helléniques. Eu désignant Alexandrie comme la patrie d'origine du bas-relief pittoresque, M. Schreiber n'a pu invoquer aucun témoignage positif. Toutefois cette hypothèse est fort plausible, et jusqu'ici elle n'a pas été réfutée.
Les bas-reliefs hellénistiques ont un rôle bien déterminé. Conçus comme des tableaux, ils ont une destination purement décorative ; ils concourent à l'ornementation du palais ou de la maison. Peut-être, avant Alexandre, les Grecs coimaissaîent-ils déjà l'usage de donner aux mu railles une décoration sculptée , dans certains édifices publics ^ ; mais nous ne savons rien qui nous autorise à émettre la même conjecture pour les habitations privées. Sous les successeurs d'Alexandre, le monde grec adopte avec empressement une mode orientale, l'emploi des panneaux sculptés en relief et incrustés dans les murs de l'habitation. Au cours de leurs campagnes en Asie, les officiers d'Alexandre ont vu les dalles d'albâtre couvertes de reliefs, les incrustations de métal qui décoraient les palais perses ; et quand les princes grecs édifient à Séleucie, à Antioche, à Alexandrie, de somptueuses résidences, ils empruntent à l'Asie le luxe de ces panneaux décoratifs qui égaient les longues perspectives des portiques, les murs des bibliothèques et des appartements royaux. Nulle part, semble-t-il, cette mode ne fait plus rapidement fortune qu'à Alexandrie.
Ce type nouveau du bas-relief d'appartement exige des sujets moins ambitieux que les thèmes héroïques de la sculpture monumentale. Les sculpteurs alexandrins se tournent résolument vers le répertoire de la
1 . M. Schreiber en a publié toute la série dans na bean recueil ; Die IÎ!Uaiisl'isi:kea lielisfbilder, Leipzig, Eiigelmann, 1889-1893.
2. Th. Sdii'eiber, Die WStner BrimnenreUefi oiw Palaizo Grimaai, Leipzig, IS88.
3. Cf. Léo Bloeh, GriecAischer WandachmiKi, Mituioh, 1895, p. 55-57. C'est le rflleque M. Blocli attribue au bas-relief des Péliades, à celui d'Héraclès, Philoctéte et Ulysse, conaervé au Musée Toclonia. Mais, comme le remarque H. Bloch, ce ne sont lé. que des copies ; âea originaus: seuls nous réTèleraîent des particularités permetiant de conclure è, une destination architecturale.
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peinture de chevalet. C'est le moment où, poursuivant l'évolution commencée par les contemporains de Nicias et d'Apelle, la peinture rajeunit la mythologie en la rapprochant du genre. C'est aussi celui oil la littérature alexandrine se plaît aux curiosités mythologiques, oîi, dans leurs élégies, Hermésianax et CalUmaque racontent les amours
3 de l'antiquité héroïque'. C'est là que les sculpteurs trouveront leur inspiration. Le bel Endymion, endormi sur un rocher, tandis que son chien annonce par ses aboiements l'arrivée de Séléné; Paris et Éros, Adonis blessé, Polyphème dans sa grotte, Dédale et Pasîphaé *; voilà quelques-uns des sujets que traitent les artistes,
1. A, Ooaat, la LittératuTi alexandrine, p. 81 et Bnivantes. Cf. Sciireilier, Die Wiener Bitainenrell^s,
2, Voir ScljreilJer, Die Helleni»tischen BeîiefliUer, pL ZIU, IS, IV, VIH. Plnsîenra de ces grands boE-ielieffi Boat conseirée i. Bome, an pitlaia Spada. Cf. Helbig-Toutaic, Gvide, II, n*"945 etBiiiracts.
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572 L'ART HELLENISTIQUE.
dans ces grands panneaux sculptés qu'on a jiistenaent a reliefs de iuxe. » Nous trouvons un escellent échantillon de leur style dans le joli bas-relief du Capitole qui montre Persée délivrant Andromède, et l'aidant avec un geste galant, à descendre du rocher où elle était enchaînée (fig. 295)'. Il y a là une grâce un peu maniérée, une recherche de coquetterie, qui rappellent de bien près les « mythologies » du dis-huitième siècle. Ailleurs ce sont des idylles champêtres, dont les héros sont souvent des Satyres. Celui-ci surprend une Nymphe endormie au pied d'un pin; cet autre, encore adolescent, joue delà flûte à l'ombre d'un arbre, accoudé sur un fût de colonne qui supporte un Priape^ On connaît l'élégant bas-rehef du Louvre, où un jeune Satyre se délasse des fatigues de la chasse, et s'amuse à allumer la convoitise d'une panthère familière en lui présentant un lièvre mort^. Quelques-unes de ces compositions sont charmantes d'esprit et de grâce. Mais toutes doivent un caractère très original à la présence d'éléments pittoresques, empruntés le plus souvent à la nature. Cette apparition du paysage dans le bas-relief estt Jute une révolution. A l'époque classique, la sculpture ne témoigne aux choses de la nature qu'une indifférence dédaigneuse. La figure humaine règne en maîtresse dans le bas-rehef. Tout au plus aperçoit-on çà et là une brève indication destinée à localiser la scène. Un tronc d'arbre aux branches dépouillées suffit à rappeler le bois d'un sanctuaire; une légère bordure de rochers éveille l'idée d'une grotte sacrée. Mais ce mince décor ne saurait retenir l'attention. Ici, au contraire, le paysage a conquis sa place. Un des éléments essentiels du décor pittoresque est la masse de rochers qui se découpe sur le fond, ou l'envahit parfois tout entier, offrant ainsi au sculpteur des combinaisons ingénieuses pour disposer les figures sur plusieurs plans. C'est un fond de rochers qui figure le recoin plein d'ombre et de fraîcheur où, se repose le petit Satyre du Louvre ; une paroi de rochers surplombe la source, où, dans un basrehef du palais Spada, Bellérophon abreuve Pégase fatigué (fig. 296)'.
:. Sehreiber, pi. XII. Cf. Hstbig-Tontain, Gitide, I, n" 461.