I. Lis Mimes d'Sérondas, Mime IV, trad. Dalmevda
■2. Munich, Brnnn, Beaehr. der Glyptothek, □-> 140. — LouTie, Glarai^ pi. 2113, 694. — Capitole, Helbig-Toutain, I, n= S18,
Fis- 318. — Menado daasEuit. Statue ei marbre (Miia6e de Berlin).
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604 L'ART HELLENISTIQUE.
avec le plus de faveur l'art hellénistique. L'a-t-il vraiment créé, comme on l'a souvent affirmé? En publiant une tête d'enfant, peut-être d'Éros, trouvée à Paphos dans l'ile de Ci?ypre, M. E. A. Gardner a protesté contre cette assertion, et invoqué le témoignage de ce marbre qu'il attribue à un artiste du quatrième siècle (fig. 321) '. N'est-ce pas placer bien haut l'exécution de cette jolie tête d'enfant rieur, qui a bien une saveur hellénistique? Cequirestevrai, c'est que l'enfant a déjàconquis sa place dans la sculpture avant ^"'^^S-v l'époque des successeurs d'Alexandre,
comme il a bien souvent tenté le pinceau des peintres de vases attiques ^ Qu'on se rappelle la stèle de La Haye reproduite plus haut (iig- 74) ; le Ploutos enfant de Képhîsodote, le Dionysos de Praxitèle; qu'on y ajoute un exemple encore plus probant, celui de la tête d'enfant sculptée sur une stèle funéraire d'Argos ' ; on n'hésitera pas à admettre que l'art classique avait connu la représentation de l'enfance. L'art hellénistique y introduit seulement plus de naturaHsme; il la traite avec plus d'amour, plus de curiosité, et prend plaisir à étudier pour lui-même le type de l'enûint, avec ses formes rondes et potelées. En un mot, là comme ailleurs, il recherche la vérité. A ce point de vue, l'enfant à l'oie de Boëthos peut rivaliser avec \esputtï de Donatello.
Le même réalisme prévaut dans les représentations d'animaux. Ici la voie était déjà frayée par les « animaliers » du cinquième et du quatrième siècle, et l'on sait déjà que Lysippe excellait dans ce genre. Mais la décoration des parcs et des jardins offre aux artistes helléuis-
1. E. A. Gardner, JoBJ-Haî of HelUn. Slridies, IX, 1888, pi. X, p. 21S.Cf. S. Eeinaoh, Gos. des Beaux- Ai-ts, JS90, ir, p. 480,481.
2. Voir, sut lea types d'enfants dans la céramique attiqne, les esamples cités par Paul Girard, ÏEdtKation ath^nUitne, p. 98,
8, E. A. Gardner, Jauiiial qfHiVea. Sliidies, XI, 1890, p. 100-108,
Iig. 320. — L'enfant au canard.
Statuette d'argent,
■ouvée il Alesandrie (British Mu seu
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LES CARACTÈRES aÉNÉKAUX. 605
tiques bien des occasions de multiplier les types d'animaux, traités pour eux-mêmes, comme des sujets décoratifs, et observés dans toute la vérité de leurs formes et de leurs mouvements. Le beau bélier de bronze du Musée de Palerme, le sanglier assis conservé à Florence', sont des œuvres de maîtrise, et font honneur au style précis des « animaliers » postérieurs à Lysippe. Hésiterait-on à reconnaître la copie d'un original hellénistique dans cette tête de chèvre si vivante, si curieusement réaliste (fig. 322)''?
Combien de fois les copistes grécoromains n'ont-ils pas dû s'adresser à des modèles grecs , pour décorer de figures d'animaux les jardins des riches villas italiennes?
Dans cette revue sommaire des thèmes famihers à l'art hellénistique, nous avons surtout cherché à ne rien omettre d'essentiel. Si incomplète qu'elle soit, elle n'en laisse pas moins, semble-t-il, l'idée d'un art très libre, très varié, à la fois savant et inventif, dominé par le désir inquiet de se renouveler. Son horizon est très large. Depuis les
grandes compositions décoratives de l'autel de Pergame, jusqu'aux figures de genre, il a exploité tout le domaine de la plastique ; il s'est attaqué à tous les problèmes que peut suggérer l'étude de la nature vivante ; il a connu des préoccupations qui s'imposent encore aujourd'hui à notre sculpture contemporaine, et l'on peut se demander, si de toutes les formes d'art qui sollicitent la curiosité de l'esprit moderne, il en est une seule dont l'art hellénistique n'ait pas au moins entrevu le principe.
Vers le milieu du second siècle avant notre ère, l'art grec a achevé
— Tête d'enfant. (British Mnseum).