‹ Histoire de la sculpture grecque (volume 2)Chapitre 286 sur 330 · LA "SCULPTURE EN GRÈCE · texte numérisé non relu

LA "SCULPTURE EN GRÈCE

tes ne s'étaient pas mis en frais d'invention.' Il leur avait suffi. ;de se rappeler les modèles attiqnes du quatrième siècle, l'Hermès de Praxitèle, et les innombrables imitations qui en dérivaient. Leur partd'originalité est donc très restreinte. On ne peut cependant leur refuser certaines qualités ; praticiens adroits, et soucieus du détail, ils ont 'fait une œuvre élégante, soignée, capable de soutenir le" boa renom' de l'école attique '.

Grâce au monument d'Euboulidès et à la statue de Délos, nous pouvons apprécier les caractères de la sculpture attique au second' siècle avant notre ère. Peu d'invention; beaucoup de réminiscences dès modèles classiques, habilement déguisées; des adaptations, plutôt' que des copies .servjles ; àdéfaut de mérites plus originaux, une exécution habile, attestant de bonnes habitudes de style, et la fréquentation des œuvres signées de noms glorieux. Ainsi préparés, les sculpteurs attiques feront bonne figure à Rome ; nous verrons plus loin avec quelle faveur leurs oeuvres y sont accueillies.

Il est plus difficile de suivre, dans les autres régions de la Çrrèce propre, le mouvement de l'art au début de la période romaine. Pourtant, à défaut d' œuvres rigoureusement ' datées , nous possédons beaucoup de signatures d'artistes attestant "tout au moins une production considérable. A la fin du second siècle^ Dé-los est un des centres les plus actifs. Les sculpteurs d'Athènes, en particulier, y travaillent en grand nombre ". Dans le Péloponnèse, les -sculpteurs argiens multiplient les statues honorifiques, exécutent pour Épidaure les ex-voto que leur commandent les dévots d'Asclépios \ Nous pouvons signaierun intéressant spécimen de l'art péloponnésien, datant du milieu du second siècle environ. C'est un' grand bas-relief trouvé à Cleitor en Arcadie, et qui représente im jeune homme debout auprès de ses armes, élevant

i. n est intéressant de constater qu'au second et an premier Biècle;', les riches habitants de Délos recherchent déjà, comme le feront les Romains, lee copies d'Œuvres célèbres. M.. Couve a découvert, dans une maison délienne, une eicellente réplique du Diadumène de Polyclète, exécutée pent-étce par un artiste néo-attiqae. Couve, BiiU. de corresp. hsllét., XTS, 1895, p. 484, pi. VHI.

2. Pour les signatures d'artistes athéniens il Délos, voir Loewy, lasahr. grîech. BÏIM., n»' 243-257. HomoUe, Bail, de correip. heîUn , 1394, p. 3S6. Oa relève les noms dlAdamaa, EutycMdès, Démostratos, Héphaistlon, etc.

8. Loewy, ouvr. cicè, n°> S81-270. Xénophilos et Straton, Théodotos, Pythéas, Poron, Dios, etc.

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la maÏD droite dans î'attitvide de la prière '. On a proposé d'y reconnaître un monument élevé en l'honiieur de l'historien Polybe. Mais si l'identification reste douteuse, l'œuvre n'est pas dépourvue de qualités, et témoigne assez honorablement en faveur des sculpteurs péloponnésiens. En Messénie, une famille d'artistes, dont les différentes générations paraissent se répartir entre la fin du second siècle et le milieu du premier, exécute pour Olympie de nombreuses statues de personnages honorés par les Éléens. Le nom d'Agias y alterne avec ceux d'Aristomènes et de Pyrilampos ^. Quelle pouvait être la valeur de ces œuvres ? Il est permis de croire qu'une production aussi abondante, s'eserçant sur le thème devenu banal des statues honorifiques, faisait une large part à la routine d'atelier.

A côté de ces praticiens, voués à la médiocrité, voici cependant une figure plus intéressante : c'est Damophon de Messène. Au dire de Pausanias, il est le seul sculpteur messénien dont les œuvres méritent d'être signalées '. Il est habile toreuticien, car les Éléens le chargent de réparer à Olympie le Zeus chrysélépLantin de Phidias; il sculpte le bois et le marbre, et revient à l'aocienne technique des statues acrolithes dont le corps est de bois, avec une tête et des extrémités en marbre. Ses œuvres sont très nombreuses, et appartieonent exclusivement à la sculpture religieuse \ II travaille pour sa ville natale; il y exécute une statue en marbre de la Mère des dieux, une Artémis Laphria, et un groupe représentant Asclépios avec ses fils, Apollon, les Muses, Héraclès, Artémis Phosphores, la ville de Thèbes et la Tyché de Messène; ces deux dernières figures sont caractéristiques, car les personnifications de villes sont, on l'a vu, un des thèmes développés par l'art hellénistique. Pour .^gion, il fait «ne statue acrolithe d'Ilithyie, et un Asclépios groupé avec Hygie. Mégaiopohs possède une riche série de ses œuvres : un Hermès en bois, un xoanon acrolithe d'Aphrodite Machanitis , un Héraclès, une Déméter en marbre et une Coré Soteira, escortées de petites statues de jeunes filles portant des cor-

1. L. Gnrlitt, MittheU. Athen, TI, 18S1, p. 154, pi. 5. ililclihoefer, Arch, Zeitung, 18S1, p. 163-, ïriedericha-ffolters, Gipsàbgùise, e° 18ô4.

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