‹ Histoire de la sculpture grecque (volume 2)Chapitre 29 sur 330 · Brnun, Detikmaeley, n" l. Bruno, Denlcmaeler, n · texte numérisé non relu

Brnun, Detikmaeley, n" l. Bruno, Denlcmaeler, n

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gand, renversé sur un rocher, tout défaillant, a le type brutal des Centaures à Olympie et dans les plus anciennes métopes du Parthénon. 8° L'épisode de la truie de Krommyon ', composition maigre et vide, que remplissent mal la figure de Thésée debout, dans une pose d'attaque, et la truie aux lourdes mamelles, se dressant dans une attitude menaçante sur ses pattes de derrière (fig. 39).

Fig. 38. — Thésée combattant contre Skiron. Métope du Théséion. Face nord.

Si nous cherchons à définir le style des métopes du Théséion, un caractère très fortement marqué nous frappe tout d'abord : ce style ne doit rien à l'influence de la peinture ; il est au contraire en rapport très étroit avec celui de la statuaire athlétique. La très forte saillie du relief, ia prédominance du nu , le rôle presque insignifiant attribué à la draperie, tout concourt à le démontrer, et l'on comprend ainsi pourquoi, malgré l'exiguïté du cadre, la composition manque d'ampleur et paraît

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grêle.* Cette impression, nous l'avons déjà éprouvée en étudiant les plus anciennes métopes du Parthénon, celles qui nous ont paru relever d'une tradition encore voisine de l'archaïsme. Certains rapprochements peuvent la fortifier. Examinez la tête de Kerkyon, où !a chevelure est restée lisse ; considérez le type vulgaire et brutal de Skiron : vous vous rappellerez les types et la technique des anciennes métopes du Parthé-

non. Voilà donc un groupe de monuments qui dérivent de la même école, et paraissent contemporains. Nous n'hésiterons pas à reconnaître, ici c^omme au Parthénon, l'œuvre d'artistes formés à l'école de maîtres antérieurs à Phidias, et restés étrangers à son influence '. Et nous croyons volontiers que les sculpteurs du Théséion ont exécuté les métopes vers le temps où travaillaient au Parthénon les vieux maîtres qui se rattachaient encore à la tradition d'Hégias et de Kritios.

l. M, JnlJua les rattache à Vécole âe Myron : le Métope dd temple di Teseo, Annali, IS7S, p. 802. Mais la découverte des métopes du Trésor des Athéniens à Delplies nous montre une ce style est anté-

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Admettre que l'achèvement du temple est postérieur à celui du Parthénon, est uoe hypothèse qu'autorise, on l'a vu, l'exameD des formes architecturales. On ne saurait autrement expliquer l'écart de style qui sépare les métopes et la frise du Théséion, La frise, encore en place, ne se déroule pas d'une façon continue autour du mur de la cella. Limitée aux deux façades est et ouest, elle court sur l'entablement qui surmonte les colonnes du pronaos et de l'opisthodome. Chose curieuse, elle n'a pas la même longueur sur les deux façades ; tandis qu'à l'ouest elle se termine aux antes, à l'est elle accompagne l'entablement prolongé jusqu'à la colonnade extérieure, et se trouve ainsi dans le rapport de 6 à 5 avec celle de la façade postérieure '.

Sur la frise orientale est représenté un combat entre des guerriers grecs, et des adversaires qui semblent n'avoir d'autres armes que des quartiers de rocher. De toutes les interprétations proposées, la plus satisfaisante est encore la pins ancienne, celle d'Otfried Mûller, qui reconnaissait ici la lutte des Athéniens conduits par Thésée contre les Pallantides, race de géants, nés de Pallas, le fils du roi Pandion ^. A vrai dire, le sujet a moins d'importance pour nous que le style et la composition. Or, on constate ici des procédés d'arrangement et d'exécution qui nous éloignent singuhèrement des métopes. La frise, très • serrée, est divisée en trois parties : un sujet central, et deux sujets épisodiques. Au centre, un combat furieux : les Athéniens attaquent vigoureusement les Pallantides qui plient, et dont plusieurs sont étendus morts sur lesol ; à lui seul, Thésée fait lace à trois de ses ennemis. A gauche , un épisode : un Athénien charge de liens un ennemi tombé sur les genoux, et d'autres s'empressent autour de lui. A droite, une scène analogue : ies vainqueurs amènent un captif, et dressent un trophée de victoire. Mais il faut surtout prêter attention aux , deux

1. Pour lEi diaposîtioii de la frise, voir la pi. LSXIII das Senlctnaeler de Baumeister ; cf. Stuart et Bevett, Anliquities of Athens, III, pi. 14 (gtavnces reproduites dans Baumeister, Beiitmaekr, fig. 1867- 1870, p. 1782-lï8a) et Aficient marbUa, IX, pi. 12-20. Pour la frise est, voie les croquis au trait donnés dansO. Miiller, Den&mader der alten Ktimt, 1, 109. De bounej tepcoductioQs sont publiées, pour la première fois, par Brunn, Benhmaeler n°' 40B-tOS.

2. O. MiUler, Kuaifarch. Werhs, lY, 1. Cf. Plutarqne, Thésé^ 18. Brunn y roit le combat des Athéniens contra Buiyethée, près des roches scitonïennes . (^Silmagiieriohte dei- iager. Ai-ad., 1874, II, p. 51.) M. LoUing y voit Ion et les Athéoiana repoussant les Eleusiniens ; Goettiitg, gelehrte NaehricUen, 187i, p. 17.

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°qui séparent de la scène centrale les sujets latéraux : ces •As sur des rochers sont des dieux; à gauche, Athéna, Héra et Zeus (fig. 40) ; à droite, Poséidon, Déméter et Dionysos ou Apollon. Nous retrouvons là le même esprit que dans la frise orientale du Parthéuon, le même procédé de composition qui place à l'arrièreplan les dieux, spectateurs des événements ; et l'attitude aisée des dieux , leur pose noble et simple, nous font penser que le sculpteur connaît les modèles du Parthénon. Ajoutez que dans les scènes de combat, la recherche des oppositions dramatiques, la fougue du mouvement, le jeu

Fig. 40. i- Gconpc de dieus.

oiieiitale du Théséi

des draperies, l'indication pittoresque du relief du sol, tout révèle l'influence du style nouveau qui va prévaloir dans les dernières années du cinquième siècle, et même au delà.

Le sujet de la frise occidentale, le combat des Lapithes et des Centaures, est un des thèmes courants de la sculpture monumentale. Nous devons pourtant nous y arrêter, car il offre avec les métopes du Parthénon des analogies qui ne sont pas fortuites, et nous fournissent de précieux points de repère. Tel groupe de la frise, un Centaure prêt à frapper un Lapithe tombé ' , est une réplique manifeste de la métopes IV du Parthénon (fig. 41). Et nous connaissons déjà, par la métope XX Vin, ce Centaure caracolant, une peau de lion ou de pan-

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