LES NEO-ATTIQUBS EN ITALIE
sa signature, l'Hercule Farnèse, dérive, nous l'avons vu, d'une œuvre de Lysippe '. Mais Glycou, qui travaille au plus tôt vers le début de l'Empire, n'a pas gardé au même degré qn'Apollonios le pur goût classique. Son Héraclès, où il a pris plaisir à exagérer l'ampleur de la musculature, semble être une copie prétentieuse d'un bronze de Lysippe, et reste bien au-dessous du Torso. Voici, d'autre part, un artiste athénien moins ambitieux, et qui se contente d'être un copiste infiniment habile et soigneux. Nous voulons parler d'Apollonios, .fils d'Archias, «n contemporain d'Auguste. Cet Apollonios, que des liens de parenté rattachent peut-être à une famille de sculpteurs athéniens, où alternent les noms d'Archias et d'Apollonios^, a signé un hermès en bronze du musée de Naples , découvert à Herculanum ^. Nous avons déjà signalé ce beau buste comme une des meilleures copies du Doryphore de Polyclète ^ La finesse de l'exécution, le délicat travail de la chevelure font honneur à l'habileté d'Apollonios, sans que nous puissions lui reconnaître d'autres qualités plus originales.
Chose curieuse ; c'est dans des œuvres péloponnésiennes que nous avons jusqu'ici reconnu les modèles imités par les néo-attiques. Userait donc faux de voir en eux de purs « atticisants », uniquement préoccupés de faire revivre le style des anciens maîtres athéniens. Au vrai, ce sont des éclectiques, sachant se plier aux goûts de leur cUentèle. Cependant, pour ce travail de copie ou d'adaptation, ils s'adressent également aux chefs-d'œuvre de l'art attique. Une Athéna colossale du. Musée Boncompagni porte la signature d'un Athénien, [Ant]iochos ou [Mét]iochos ^; or, si l'on supprime les restaurations modernes, et en particulier le laid panache qui déshonore le casque, on se rend compte que le sculpteur a simplement copié la Parthénos de Phidias ; nous lui devons tout au moins une bonne réplique de la statue chry-
1 Voir p. 427, fig. 233. Pour la signature, voir Loewy, Inschr. grUch. Blldk., n" 345, avec la bibliographie. Le nom de Gljcon figure encore dans d'autres inscriptions suspectes. liOewy, ibid., n"' 607-509. 2. Cf. Loewy, hischr. gr. SUdh., n->' 144, 230. 8. Loewy, ibid,, n" 311.
4. Tome I, p. 495, Ég. 352. Il est possible qn'Apollonios soit aussi l'anteur du buste en bronze d'Amazone, qui faisait pendant è. rhermès dn Doryphore, dans la villa d'Heronlanum (Furtwaengler, Meisleraerise, p. 800, Sg. 40.) et d'une tête d'atMète en brome ds même provenance. {Bromi d'Erco- (oBO, I, pi. 63, 54. Comparetti etQ.de Petra, la Villa Ermlaaese, 7, 4. Partwaengler, oiiwr. âté, p.lOS.)
5. Helbig-Toutain, Guidej II, n° 870, p. 104. Loewy, lascJir, griedi. Bildli.j n" 312.
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séléphantine du Parthénon, Les Caryatides de rErechthéion provoquent aussi des imitations , témciu les deux; Caryatides du Braccio Nuovo et du palais Giustiniani, médiocres copies des élégantes statues d'Athèoes, et auxquelles manque l'exquise fleur d'atticisme qui fait de ces dernières des modèles inimitables '. On a parfois proposé d'attribuer les Caryatides romaines à un artiste athénien du temps d'Auguste, Diogénès, qui, vers 25 av. J.-C, sculpta les Caryatides et le fronton du Panthéon d'Agrtppa '. Mais on a peine à croire que ses Caryatides, très appréciées des critiques romains, fussent uniquement des copies d'œuvres très connues, et que le sculpteur n'y eût pas mis sa marque personnelle.
On voit d'ailleurs apparaître sous l'Empire un type de Caryatide très différent du type créé par les sculpteurs de rErechthéion. La signature de deux artistes athéniens, Criton et Nikolaos, est gravée derrière le calathos que porte sur la tête une Caryatide de la villa Albani (ûg. 333) ' ; mais la tête seule est l'œuvre des deux sculpteurs ; elle a été rajustée mal à propos sur un corps de femme que la nébride jetée en écharpe désigne comme une Ménade. Si l'on vent restituer le véritable type de la statue, il faut s'adresser à une série de quatre autres Caryatides découvertes au même endroit, dans la Vigna Strozzi, près delà voie Appienne, et qui oflrent des variantes d'un type de femme drapée, la tête chargée d'un calathos historié de rosaces et de palmettes *. En regard de la Caryatide Albani, si malencontreusement restaurée, placez celle du Braccio Nuovo, au Vatican (fig. 334)^ ; vous aurez une idée beaucoup plus juste du type traité par Criton et Nikolaos. Or, dans cette figure de femme drapée, la main droite sortant du manteau, vous reconnaîtrez facilement un type très familier à l'art atti-
1, lia Caryatide dn Bcaooio Huoto est cepraduîte daiis Rajet, Moa. de l'art antiquej I, pi, 41. Cf. Helbig-Toutain, GuiiU, I, o" 1.
3. Piine, Ifal. H'tst., 86, 86. Cf. Brann, Griech, Kïinstler, I, p. 548. Benndorf, Arch. Zeitting, 1863, p. 231.
3. Helbig-Toutaia, CuMe^II, 11-721, p. 7, Ernim, DeitlcmaeUr, n" 254. Cf. Loewy, Insshr.gr. Bildh., n" 816.
4. Voie i'étnde de H. BuUe, Die Karyaiidm voa <Ur Tiii Appia, Roem. Miuhell., IX, 1894, p. 13fi- 161. Cea atataea sont les Buiyaates : 1» Rome, ViUa Aliiani, Helbig-Tontaiu , U, a' 834; 2" Rome, Vatican, Braccio NnOTO, Helblg-Toutaio, I, n" 23; 3^ Londres, Bcîtisli Muséum, Clarae, iH, Slô. 4= Rome, Villa Albani, Helbig-Toutain, II, n" 837,
a. Helbig-Toutain, II, a" 23.
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