LES BAS-EELIEFS NEO-ATTIQUES
l'époque romaine '. Enfin il est intéressant de trouver en Grèce, vers le second siècle avant notre ère, des spécimens de ce style avec tous les caractères qu'il présente en Italie. Un bas-relief de Délos, découvert dans les ruines d'une riche maison délienne, nous montre les mêmes -types d'Hermès et d'Athéna qui figurent dans le répertoire des néo-attiques travaillant à Rome^. C'est donc en Grèce qu'il faut chercher les origines du style archaïsant. Au premier- siècle, il a déjà der-
Fjg. 844. — Apollon, Attémie, Latone et ïïiké (Bas-celief dn Louvre).
rière lui une longue tradition. Les néo-attiques n'inventent rien; ils reproduisent des prototypes antérieurs, où ce style est déjà constitué avec toutes ses conventions.
Mais quels sont ces prototypes? En nous faisant mieux connaître les primitifs grecs, les découvertes récentes faites en Grèce ont jeté sur la question un jour nouveau; elles nous, ont aidé à comprendre que le style archaïsant a ses racines dans l'archaïsme sincère, mais déjà très raffiné, qui prévaut au début du cinquième siècle. Sur ce point, iadé-
1. Cf. E. Eaisch. Gnech. Weihgesahsai-^ , p. Ï6.'0n connait aujourd'hui, grâce à au bas-relief du Musée de Dresde, nu type antécienr à celui-ci, traité dans le style libre dn quatrième siècle. Âi-ch. Anleigerj 1894, p. 26, fig. 7. La question qui reste indécise, c'est de déterminer dans quelle mesure les reliefs arcliaïsants dérivent d'un type ïroh^que, abandonné au quatrième siècle, et repris h. Tépoque hellénistique.
2. Couve, Bail, de correep. M!ea., XIX, 1835, p. 478, fig. 5.
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654 L'ART GEEC A ROME.
monstration de M. Haiiser est concluante. A vrai dire, aucune des conventions du style archaïsaut n'est étrangère à l'archaïsme : ni le mouvement de danse, ni le plissement en queue d'aronde des écharpes, ni les gestes maniérés des mains '. Les vieux peintres de vases les connaissent; les sculpteurs de bas-reliefs les appliquent au temps des guerres médiques. Le style qui nous occupe dérive donc en droite ligne de celui qui donne aux œuvres de l'archaïsme finissant un charme si sévère. Les néo-attiques auraient-ils donc simplement copié les artistes athéniens antérieurs à 450, et en particulier Calamis, le maître des élégances menues et de la grâce raffinée? C'est l'hypothèse développée par M. Hauser, et elle est fort séduisante ^. Nous y voyons cependant une objection. Admettons que les qualités de fraîcheur et de naïveté désœuvrés archaïques s'évaporent sous la main des copistes, et que le style archaïsant nous livre seulement des décalques affadis de modèles primitifs ; la question n'est pas encore complètement résolue. Il n'en reste pas moins vrai que les bas-reliefs néo-attiques nous donnent très souvent l'impression d'un archaïsme voulu, avec des élégances très artificielles, et des détails empruntés au style libre. On garde malgré tout le sentiment qu'il y a là quelque chose de factice et que les modèles eux-mêmes sont déjà archaïsants, comme s'ils étaient l'œuvre d'artistes connaissant fort bien les vieux maîtres, mais n'ayant plus leur naïveté. Et n'est-ce pas un fait très digne d'attention que dès le quatrième siècle nous trouvons déjà des échantillons de ces pastiches ? Or, il y a, dans la seconde moitié du cinquième siècle, un habile sculpteur, toreuticien renommé, qui semble être le représentant des vieilles traditions : c'est Callimaque, l'artiste attitré de Nicias et du parti conservateur. Que Callimaque ait donné les premiers modèles de ces œuvres où les conventions de l'archaïsme sont comme styhsées, rendues artificielles, et associées à des élégances plus modernes, ou l'admettra volontiers '. On
1. Voir par exemple le bas-relief de TAoropole reprodait, t. I, p. 379, flg. 196. L'Athéna d'un relief de brame de l'Acuipole (t. I, p. 380, fig. 187J peut être rapprochée du type Bgiiré sur le pateal da Cocinthe.
2, Hanser, p. 168. Cf. S. Eeïnacb, J(/bii. et Mémoires, 11, p. 57, et anirantes. U. S. Eeinach reconnaît une cearre de Farcb^sme attico-lonien dans on bas-relief de Panticapée (pi. VII), Mais je ne suis pat
par son argamentation . Le bas-relief en <[uestion me parait Être nue œuvre arcliaîsante du itrième siècle. M. Leohat exprime la même opinion, Reti. des dindes grecgiies, 1886, p. 2TS. I. et. Purtivaengler, Meisterwerhe, p. 203,
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mieux l'archaïsme véritable, on est conduit à reconnaître dans beaucoup d'ceuvres, autrefois qualifiées d'archaïsantes, des copies d'originaux anciens ; la question se ramène souvent à l'identification du- prototype. En voici un exemple caractéristique. Ou a longtemps considéré comme un pastiche une petite statue d'Artémis découverte à Ponapéi, et qui ornait une chapelle d'une maison privée (fig.
345) ' . La déesse est représentée marchant vivement, relevant d'une main les phs de sa robe ; le marbre conserve des traces de dorure et de couleur. Or, si un fait est certain c'est que le sculpteur a copié très fidèlement une œuvre archaïque ; une autre réplique se trouve à Venise, et le même type reparait dans une peinture de la maison romaine découverte sur l'emplacement des jardins de la Famésine ', M. Studniczka nous paraît avoir démontré que i'original était une statue chryséléphantine d'Artémis Laphria, exécutée au début du cinquième siècle par Ménaichmos et Soïdas. Enlevée à la ville de Calydon, elle avait été don-
Fig 846. — Attémia, statuette de style archaïque, ti h Pompéî, Eantenr, 1",078 (Husée de Naples).