‹ Histoire de la sculpture grecque (volume 2)Chapitre 309 sur 330 · Pline, Nat. HUt., B · texte numérisé non relu

Pline, Nat. HUt., B

*. Helbig-Tontun, IT, n" 744. Voir, pout ies reproductions, Ardi. Zùtvng, 18T8, pi. 15, p. 123. Kéknlé, DU Grappe dea KÛnillera Mendaos, pi. Il, 2. Brunn, Denhnader, □" 301. Ponr l'inscription, Loewy, Inschr, gr. Bildh., n« 874.

L'ÉOOLE DE PASITBLÈS. 66.1

peut facilement replacer dans les mains des attributs de palestre. Le type du visage est sévère. La structure du corps rappelle celle des anciennes statues péloponnésiennes; mais l'exécution, très adoucie, donne je ne sais quelle impression équivoque, et contraste avecla solidité des formes- Tel est le monument sur lequel on a édifié toute une théorie, qui fait de l'école de Pasitélès une école distincte, animée d'un esprit de réaction contre le style théâtral des Asiatiques et l'idéalisme conventionnel des néoattiques, et s'inspirant des vieux maîtres du cinquième siècle pour les imiter librement; école de toreuticiens, qui étudierait exclusivement les sculpteurs argiens antérieurs à Polyclète, pour leur emprunter leur science raisonnée de la nature',

Depuis que nous connaissons mieux l'art archaïque, l'originalité des « Pasitéliques J> est devenue très suspecte ^ Cette statue de Stéphanos, où l'on voyait une conception personnelle, paraît être simplement une copie, car nous retrouvons une „ -, ■ ^

' Fig. 346. -^Statue déjeuna homme, aignée

réplique. du même original dans da scuiptem stéphangs (Rome, viua AiiiBni),

1. Cette opinion a, été soutenue pic Bnmn, Griich. KànstUr, 1, p. ô^a; Ëekulé, î)ie âmppe des K&aalleri Mentlaos, p. 43 ; Waldslein, American Journal of Arch. 1887, p. 1,. et Baumeister, Denkmaikr, II, p. 1190.

ï. Voir surtout lea critiqnea de Hauser, J>U neu-att. RûU/s, p. 182-187.

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un torse de Berlio, d'un style plus ferme et plus franc '. On s'accorde aujourd'hui à admettre que Stéphanos a pris pour modèle un bronze argien, une statue d'athlète vainqueur, exécutée entre 470 et

Fig. 347, — Groupe dit d'Oreste et d'Electre (Musée de Saples ),

460 par un disciple d'Agélaïdas, et que son rôle s'est borné à atténuer la rude vigueur du style péîoponnésien ^. Nous savons d'ailleurs,

I. riaaob, Jrch. Zàtuwj, 187S, pi. 14. Beschreib. der. ant. Shilpt., n" 509,

9. Pour les aigumenta à l'appui, voir surtout Studmcika, îtoem. MittheiL, 1S87, p. B7. Furtwaergkr, 50" Programm sum WïneWmaMiij^ffe, 1S90, p. 136 et snivantea.

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par d'autres témoignages, que l'original argien a provoqué de nombreuses imitations, et qu'il a servi comme' de pivot pour des combinaisons très variées, Voici, dans un groupe du mueée de Naples, connu

Fig. 348. — Groupe dit d'Oreate et de Pjlade (Maaée du LouTie)-

80US le nom d'Oreste et Electre, le même éphèbe reconnaissable à la ■forme archaïque de sa coifiure, à ses épaules larges et saillantes; il est groupé dans une intimité fraternelle avec uae jeune fille dont le type est, lui aussi, emprunté à l'art péloponnésien,- car on y reconnaît plus d'une analogie avec les figures fémiaines des frontons d'Olym-

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pie (fig. 347} '. Il reparaît encore dans le groupe d'Oreste et Pylade, conservé au Louvre; mais cette fois son compagnon est un jeune homme, que l'exécution molle et sans accent désigne comme l'œuvre personnelle du sculpteur, pastichaut sans beaucoup de succès le style des maîtres argiens (fig. 348) ^ Tous ces faits nous édifient sur la part d'originalité qui revient à Stéphanos. Il a fait œuvre de copiste, de traducteur si l'on veut; mais rien ne nous autorise à reconnaître dans la statue Albani le manifeste d'une école.

La preuve se fait d'une autre manière. Si les « Pasitéliques » suivaient une doctrine, appliquaient des principes rigoureux, leurs œuvres devraient offrir une certaine unité de style. Or il n'en est rien. Stéphanos a un élève, Ménélaos, qui travaille au temps d'Auguste ou de Tibère, et nous possédons un groupe signé de lui, conservé au Musée Boncompagni (fig. 349) '. Une femme semble faire accueil à son fils, avec des gestes affectueux, et la donnée fait penser à un groupe funéraire, destiné à la décoration d'un tombeau. Peut-être l'artiste at-il emprunté l'idée à quelque groupe funéraire attique du quatrième siècle ; mais il est resté dans un symbolisme un peu vague, car à voir l'attitude des personnages, on peut hésiter entre une scène d'adieu et une scène de réunion. Ce qui est certain, c'est que cette œuvre froidement correcte n'a rien de commun avec la statue de Stéphanos, et ne trahit aucune réininiscence du vieux style argien. Il n'y a rien là qui accuse une tradition d'école.

Peut-on d'ailleurs affirmer que l'école de Pasitélès ait eu le monopole des imitations ou des pastiches de l'ancien style péloponnésien, qu'elle ait seule remis en faveur les types créés au temps d'Agélaïdas ? Ce serait tirer d'un témoignage unique des conclusions bien hardies. Admît-on le fait, il faudrait eiicore convenir que les œuvres anonymes attribuées aux « Pasitéliques » sont, comme la statue de Stéphanos, des copies plus ou moins arrangées. Examinez l'Apollon

1. Musm Borhmikoj IV, 8, Eaoul-Eochette, Mon. inédits, SXXIII, 1. Keknlé, DU Gruppe, pi, II, 1. Brnnn, Dejiimaeler, n' 306.

9. Bouillon, J, 33, 1. Saonl-RoEliette, Mon. inédits XSSIII, 2 4, 5. Kekulé, Die Grappe, pJ. Il, 3. Bruim, Denhinader, n" 807.

3. Eelbig-Tontain, Guide, II, ■a" 887. Brunii, Dsnhiutehr, n* 309. Pour la signature, Loewy, Imchr. gi: BUdi.j n" 375,

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de bronze du musée de Naples, trouvé en 1853 àPompéi, et souvent cité comme un exemple caractéristique de la manière de Pasitélès

Fig. Si9. — GronpesignédnscQlpteuiUénélaoB.Hant 2 mÈtma (B,ome UvaéeBoncompagià).

(fig. 350) '. Le sculpteur gréco-romain avait sans aucun doute sous les yeux un modèle argien auquel il a emprunté la structure générale du

1. Overbeck, Griech. Kumtmsti. III, Âpdloa, p. 111, n» 1; Atlas, pi, XX, n" 26. Bninn. Senleraoehr, n- 302. \ .

SOtTLFTgUE aHBOQCB. — T. 1). Si

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corps, l'attitude, la forme de la coifiiire, l'agencement des'cheveux enroulés autour d'un cercle métallique, d'où s'échappent des boucles en

^ais il a pris des li-

bertés avec son modèle, car en plaçant dans les mains du dieu la lyre et le plectre, il l'a transformé en citharède, oubliant que le type du citharède nu était étranger à l'art archaïque '. Sous son ébanchoir, le style énergique de l'original s'est affadi, et comme alangui; on en jngera si l'on compare à la tête de l'Apollon pompéien la belle tête de bronze de l'Acropole qui nous révèle dans toute sa vigueur austère le véritable style péloponnésien ^. L'artiste gréco-romain a donc fait œuvre de traducteur, plutôt que de copiste sincère et on reconnaît la même tendance dans une série de statues dérivant du même original '. L'Apollon de l'Académie de Mantoue, debout auprès d'un arbre, au tronc duquel monte un serpent ; l'Apollon à la cithare du palais Pitti ; l'Apollon Mazarin da

Fig. 350.- Apollon, statned« bronze provenaiit de 1« LoUVrO, qui tenait une Ivre , Casa del Cilorista à Pompéi (Mnaée deNaples), ' ^ "^

1. M. Wolters pense cependant q^e oe type a pu exister à Sparte, et cite nue statuette archaïque en bronze, trouvée prés de rAmyklaiou. Jah-bucTi. des arch, Iml., XI, 1896, p. 1-10.

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