LES ÉCOLES D'ASIE MINEURE
point s'est affaiblie en Asie Mineure la tradition créée par les artistes de Pergame, on comparera à la frise du grand autel une œuvre grécoromaine qui en offre une imitation évidente. Nous voulons parler de la frise du temple d'Hécate, à Lagina, en Carie '. Elle appartient, suivant toute vraisemblance, à la seconde moitié du premier siècle, et date du temps où l'Hécataion de Lagina, saccagé en 88 par les troupes de Mithridate qui assiégeaient Sfcratonicée, fat reconstruit après la campagne de Sylla en Asie Mineure. Les sculptures de la face ouest trahissent des réminiscences certaines de la Gigantomachie pergaménienne ; plusieurs figures de dieux et de Géants en dérivent directemeut. Mais dans cette composition monotone et froide il n'y a plus trace de la verve puissante qui inspirait les sculpteurs des Attalides. A la fin du second siècle avant notre ère,' l'école de Rhodes est encore très prospère. Un sculpteur rhodien, Phi^scos, travaille en 146 pour Métellus ^. Lé Laoeoon appartient au début du premier siècle. L'activité de l'école ne se ralentit qu'après le pillage de la ville par Caasius, en l'année 43. Après cette date, si l'on peut encore relever des noms d'artistes rhodiens, ce sont des noms obscurs, auxquels nous ne nous arrêterons pas '. Quant aux grandes villes d'Asie Mineure, la production artistique s'y soutient au moins aussi longtemps qu'à Rhodes, sinon plus tard. Eplièse est la patrie d'une famille de sculpteurs, oh alternent les 'noms de Ménopbilos et d'Agasias. Comme beaucoup de sculpteurs attïques, leurs contemporains, ces artistes travaillent pour Délos, , subissant l'attraction qu'exerce l'île sainte, devenue le centre d'une importante colonie romaine. Vers la fin du second siècle, et au début du suivant, un Agasias, fils de Ménopbilos, est établi à Délos, et met son talent au service de la colonie italienne. La date de sa période d'activité est établie par les.dédi-
crîption de Magnésie du Sipyle (Mylonas, Rev. de Philologisj avril-juin 1896). Mais il aemWe appartenir encore au second siècle.
1. Les sculptures de lagina sont aujourd hiii conseiTéeâ au Musée impérial de Oonstantînople. Plnsieurs morceanï de la frise < avaient été trouvéa par Newton, et par MM. Bennaorf et Kiemanu. Une série nouvelle a été découverte, en 1B91, par MM Legrand et Ch^raonard. Les baa-reliefs provenant dea fouilles de l'École française d Athènes ont été puliliés par M. Chamonard, Buil. de eorreep. hellén., XIX, 1895, p. 235, pL X-SV.
2. Pline,36, 34;Brann, GHeck. Kiinstïer I, p 468 8. Ainsi Euprépès. lœwy, Imchr. gr. Bildh., n" SOS.
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caces de deux statues signées de lui, celle de Billienus, qui est légat propréteur vers 110, et celle de Q. Pompeius Rufua, consul en 88'. Vers le même temps, il exécute pour les marchands italiens qui ont élevé le portique Tétragone la statue d'un banquier romain de Délos ^. On peut donc placer aux environs de l'année 97 le moment on son atelier a la vogue j en tout cas, ses œuvres paraissent antérieures à la prise de Délos par les généraux de Mithridate, en 88 ; car des inscriptions attestent que deux de ses statues, mutilées sans doute par les soldats pontiques, furent réparées par un sculpteur de Paros, Aristandros ". C'est le fils de cet artiste qui signe : « Ménophilos, fils d'Agasiag, » et exécute pour le temple d'Apollon k Délos un ex-voto dont la base est utilisée entre les années 23 et 12 avant notre ère, pour un monument élevé en l'honneur de Julie, femme d'Agrippa '.
Nous rattacherions volontiers à une autre branche de la même famille l'auteur d'une statue célèbre conservée au Louvre, le prétendu gladiateur Borghèse (fig. 353). Ce sculpteur signe : « Agasias, fils de Dosithéos, Ephésien. s Si l'on admet une généalogie fort plausible *, l'auteur de la statue Borghèse serait le contemporain de l'Agasias qui travaille à Délos vers 97, et son œuvre prendrait place ainsi entre les années 110 et 86 avant notre ère. Trouvée à Antium, dans les ruines d'une villa impériale, la statue du Louvre avait été certainement apportée de Grèce ". Etait-ce une figure isolée? Faisaitelle partie d'un groupe et quel nom lui convient au juste? 0. Rayet a repris l'ancienne hypothèse de Quatremère de Quincy, et l'a inter-