‹ Histoire de la sculpture grecque (volume 2)Chapitre 319 sur 330 · Cicéron, In Verrem, II · texte numérisé non relu

Cicéron, In Verrem, II

2. Cette théorie est exposée daDS l'important travail de Th. Schreibeï, Die alescawdrialiche ToreutS:, I Theit, Abhanâl. der kûnigl. sUchs. GeseUsohaft der Wissenaeha/ien, Leipzig, 1894.

8. Héron de VîlletoBse, Gaz. âfs Beava-Arti, II, 1896, et Comples rendus de l'Acad. des Tiiser., 1895, p, 675 et Bolvantea. Cf. Winter, Jahrinch des arch. Inst., XI, 1896, Arch, Aii2eiffsr,p, 83. Micliafilîs, Prenisicie Jah-iScAer, t. 86, 1896, p. 17-56.

4, Héron de Villefosee, Comptes rendits, 1895, p. 386.

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L'ALEXANDEINISME. 683

Il est plus difficile de faire la part de ralexandrinisme dans la sculpture, au dernier siècle de notre. ère. Toutefois les éléments ne font pas absolument défaut. Il est permis d'attribuer une origine alexandrine aux. modèles que suivent les sculpteurs des tables iliaques, ces ta-

Fig. S57. — Patère d'argeat avec le buste dAlesandne (Trésor de Bosco Beale. Louvre).

bleaux où sont reproduites en reliefs des scènes de la légende homérique, et qui, sous l'Empire, servent comme de manuels illustrés à l'usage des lettrés et des écoliers ^ L'analogie que présentent parfois les sujets des tables iliaques avec ceux des sarcophages et des peintures murales, permet de conclure à des originaux communs; et l'on peut revendiquer pour Alexandrie l'origine de ces compositions , ins-

]. Voir Otto Jato, Grkck. BUdemh-onil-en, e

-, Jahrhuch des arch. Jmt.,IX, 1894, p. 136 e

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684 L'ART. GEBC A ROME.

pirées par les études érudites dont le Musée des Ptolémées est le centre. L'alexandrinisme s'insinue jusque dans les productions des néo-attiques. Ceux-ci abandonnent parfois leur style conventionnel, leurs motifs archaisants , pour chercher dans la sculpture hellénistique les sujets de leur répertoire. M. Hauser a donné de bonnes raisons pour reconnaître des imitations d' œuvres alexacdrines dans une série de vases en marbre, dont le type le plus connu est le cratère Borgbèse, appartenant au musée -du Louvre (fîg. 358)'. Dionysos appuyé sur une Ménade qui joue de la lyre, des Silènes ivres, des Ménades et des Satyres entraînés dans une bruyante bacchanale, voilà un sujet qui nous ramène aux compositions hellénistiques; et l'absence totale de 6gures archaïques dans cette série de monuments, la ressemblance de certains motifs avec ceux que traitent les toreuticiens d'Alexandrie, semblent indiquer que les néo-attiques tournent parfois les yeux vers des modèles venus de l'Egypte ptolémaïque.

Dans la statuaire proprement dite, nous pouvons également relever des traces de l'influence alexandrine. On le sait déjà, la statue du Nil, au Vatican, est une copie d'un original gréco-égyptien, exécutée vers le début de l'Empire pour un sanctuaire d'Isis. Le Louvre possède la statue qui en formait le pendant, celle du Tibre. Sans avoir la même valeur d'art, la statue du Tibre n'en est pas moins un témoignage intéressant de l'attention que prête l'art gréco-romain aux œuvres alexandrines : c'est d'une allégorie égyptienne que dérive le type du grand fleuve romain. Nous placerions encore vers l'époque d'Auguste la jolie statue du Capitole, trouvée en 1874 sur l'Esquilin, et qui garde comme une saveur d'alexandrinisme (fîg. 359)'', On ne sait au juste ce que représente cette jeune baigneuse, debout près d'un vase à parfums, ajustant autour de sa tête le bandeau d'étoffe qui serre sa chevelure. Est-ce, comme on l'a supposé, une dévote d'Isis, se préparant à accomplir le rite de la lustration? L'interprétation est fort plausible, sinon décisive. Tout au moins la forme du vase, l'uraeus qui l'entoure, nous ramènent vers l'Egypte, et le naturalisme du style, nettement accusé,

1. rroèhnat, Nelice, a" 235 ; Haiiser, Die neu-attischen Reliefs, p. 84 a" 1, et page 136, pour les rapprooliements avec le style aJesandrin. 3. Helbig-ToataiD, Guiâs, I, n" 66S. Cf. Baîlett. délia Cammissîom aroh,. muxioipale, 1876, lU,

p. in- V, et 1 890 ; xvni, pi. lu-iv.

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L'ALEXANDKINISME. :685

s'accorde bien avec le goût d'observation précise qui est un des traits distinctifs de l'art alexandrin.

Il faut bien le reconnaître : déterminer avec rigueur ce qu'il y a de proprement alexandrin dans la plastique gréco-romaine à la veille de

l'Empire ; distinguer, dans le grand courant hellénistique, les influences qui ont l'Egypte pour point de départ, c'est là une tâche malaisée, en l'état actuel de nos connaissances. Il nous manque l'essentiel, à savoir des noms d'artistes et des œuvres signées. Et pourtant on a peine à croire que parmi les artistes d'origines très diverses établis à Rome

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L'AET GREC A ROME.

avant ravènement d'Auguste, l'hellénisme alexandrin n'ait pas eu ses représentants. Il est au moins un de ces artistes que la nature de ses œuvres nous engage

comme tel; c'est Arcésilas, le contemporain de Pasitélès, et qui rivalise avec lui de réputation'. Comme Pasitélès il mérite les éloges de Varron; comme lui, il est renommé pour son habileté de modeleur; mais 11 semble s'orienter plus résolument que lui dans la direction de l'art hellénistique. Sa patrie est inconnue, et ce que nous savons de sa vie se réduit à peu de chose. Il est un des familiers de L. LucuUus, qui en 88-87 réside à Athènes comme proquesteur, et meurt vers 55.

II reste attaché à sa famille, car Luculkis le jeune lui commande une statue de la FéHcité, pour un prix très élevé ; mais la mort de l'artiste et celle de son protecteur surviennent avant l'achèvement de l'œuvre^. En 47, Arcésilas travaille pour César. Dans la nuit qui précéda la bataille de Pharsale,Césaravaitfait vœu d'élever sur le Forum un temple à Vénus. Arcésilas futchargé d'exécuter en marbre la statue de culte. La dédicace du temple à Venus

1. Voie, aur Arcésilas, L. von Urlichs, Arkesilaos, Ifle' Programm zur Sti/Hmgsfeier des TFop«ef'ecSen Kum-Imtîtuti, ■Wnrzbonrg, 188T. Waldstein, American Journal of Amkasolosv, 1887, 1. M. Haoser a déjà proposé de rattaolier Arcésilas au groupe alesandrin. Die ma-att. Reliefs, p. 188.

2, Pline, jVo(. Etat., 35, ISS.

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. L'ALEXANDEIKISME. 687

gmetrix eut .lieu en l'année 46, et, pressé de la faire, César fit mettre en place la statue inachevée. On discute encore sur l'identification de la Venus genetrix d'Arcésilas. SuÏTant l'hypothèse la plus vraisemblable, qui a pour elle le témoignage des monnaies de Cordius Rufiis, contemporaines de la dédicace du temple,. la déesse était représentée vêtue, une lance ou un bouclier à la main; sur son épaule était assis un Amour ailé '.

Les autres œuvres d'Arcésilas connues par les testes sont assez significatives. Asinius PoUion avait acquis ses Centaures partant des nymphes ^ Le simple énoncé du sujet éveille le souvenir" des Centaures capitolins d'Aristéas et Papias, copiés d'après des originaux hellénistiques. On restitue facilement deux groupes symétriques, se faisant pendant, et la donnée nous reporte à une source d'inspiration très familière aux Alexandrins. Dans le même esprit était conçu un, groupe de marbre, signé d'Arcésilas, que Varron possédait dans sa collection ^ C'était une lionne de marbre, entourée d'Amours; les- uns la tenaient en laisse; les autres la piétinaient aansfaçon, et s'amusaient à la faire boire dans une corne. Qu'on se rappelle les mosaïques pompéiennes et celle de Porto d'Anzo oîi sont traités, des sujets analogues'; qu'on examine la paire de canthares de Bosco Reale, où un Satyre et Dionysos chevauchent le premier une lionne, le second une panthère que lutinent des Amours ^ ; on reconnaîtra là des oeuvres ap- ::el!e d'Arcésilas; elles dérivent de la même source, et t bien le goût pour la mythologie de boudoir qu'ont misl la mode les Alexandrins. Entre Arcésilas et les ciseleurs qui décorent les

1. Ceet l'hypothèse défendue par Reiffierscheid ÇAnnali , 1863, p. B61), par Wissona iBe Ve'^eris liratilacrU remanii, 1882, p. 3S) et par L. Ton TJclioia (J.r*esaûOî , p. 11). M. Kétolé restitue au contraire la siatna avec les attributs de la Partîiénoe (JrcS, epigr. îHuheil. am Œsterreich, III, p. 19). Noua avouB déjà, meutionné ailleurs la théorie de M. S. Reinaoli, d'après laqnelle Arcésilas aurait pu lepïendre le type de la VénoB drapée, créé par Aicamènea. Voir page 121, note 3.

2. Pline, Nat. Biat., 36, 33. J'en rapprociifirai Tolontiers U Centanre matin enlevant une nymphe, trooTé près de la voie Latine, et conservé au Vatican ; Helbig-Toutain, Gi ide I n 180.

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