‹ Histoire de la sculpture grecque (volume 2)Chapitre 54 sur 330 · Anikol. Pal., Add., I, 3S6, c. éd. Cougny · texte numérisé non relu

Anikol. Pal., Add., I, 3S6, c. éd. Cougny

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LES BAS-EELIEFS.

plus amples que celles de Coré, et son visage offre un caractère presque viril en raison de sa chevelure courte et bouclée, coiffure de deuil, qui

Pig. 68. — Tdptolème et las déesses Éleuâniennes, Bas-ralief tr (Athènes. Musée central)

rappeîle les angoisses de sa maternité douloureuse. L'intensité du sentiment religieux, la maîtrise du style dénotent une œuvre de î'école

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142 L'INFLUENCE DES GfîANDS MAITBES.

de Phidias, contemporaine du Parthénon. Vous retrouvez ici les qualités qui nous ont frappés dans la frise des Panathéoées ; un relief peu ressenti, avec une exquise douceur, une exécution légère et souple dans les draperies , une pureté charmante dans le modelé des bras nus des déesses. Les yeux sont encore figurés de face, comme c'est la règle an Parthénon ; mais à part une certaine sécheresse dans le rendu des chevelures, on chercherait vainement les traces d'archaïsme que certains critiques ont cru découvrir. Tout nous indique une date qu'on est en droit de placer entre 440 et 430.

On peut encore attribuer à la seconde moitié du cinquième siècle l'original du bas-relief d'Orphée dont nous possédons trois copies de valeur inégale, au musée de Naples, au Louvre, et à la villa Albani ', La meilleure de ces répliques, celle de Naples, conserve encore fidèlement le refiet d'une grâce bien attique (fig. 69). L'artiste a choisi le moment oh. Orphée se retourne vers Eurydice dans le mouvement irréfléchi qui va la perdre. Par un geste d'une spontanéité charmante, la jeune femme a posé une main sur l'épàuIe d'Orphée, et les deux époux un instant réunis se contemplent avec une profonde tendresse. Hermès semble pris de pitié; tenant doucement le poignet d'Eurydice, il hésite à remphr sa mission cruelle. C'est bien là l'émotion discrète et contenue qui donne tant de charme aux stèles funéraires attîques. Mais ce basreUef, copié avec prédilection par les sculpteurs de l'époque romaine, a-t-il une destination funéraire? Le sujet, manifestement emprunté au drame attique, semble désigner plutôt un ex-voto dédié par quelque chorège vainqueur et reproduisant une scène de la tragédie couronnée *. Quel qu'en soit le sens, il est impossible de ne pas y reconnaître l'influence directe des modèles du Parthénon.

Nous trouvons des points de repère encore plus sûrs dans les reliefs qui décorent les stèles où sont gravés les décrets officiels. C'est, semble-

1. Ces répliques sont teproduites daua les WIrner VurUgeilaeiter, III, pi. SII, cf. Léo Blocli, G'iechischer Wandsckinucl:, Mimicli, 1835, p, 4-15. La réplique de Nnplea porte en grec les noms des personnages. Pour celle de la villa AlbEmi, voir FriedetictiB-WoIters, GipmbgUsie, n» 119S, Celle du Lontre (Bonillon, II, Beliefs, pL I) porte des inscriptions latines qni désignent inesactement les peraoniiagea comme Zétua, Antiopa et Araphion. Un beau fragment se troure an Mnsée des Thermes de Diodétien. leo Bloch, ouv. cité, p. 7.

2. C'est nij-pothèse que développe M. Emil EeLscli. GrischlscU Weihgeadtnhe, p. 130 et suirantes,

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LES BAS-KELIEPS. 143

t-il, vers le milieu du cinquième siècle, que s'introduit l'usage de placer en tête des décrets ces sortes de vignettes gravées sur marbre. Qu'il s'agisse de traités d'allJauces, de comptes de finances, de gestions de liturgies, d'honneurs accordés à des particuliers, le sculpteur représente dans le champ du bas-relief des figures allégoriques, divinités, person-

- Hermès, Eurydice et Orpliéi

nifications de villes, qui illustrent en quelque sorte le texte du décret '. Une des plus anciennes, parmi ces sculptures officielles qui ne réclamaient certes pas le ciseau d'un grand maître, est le beau bas-relief trouvé sur l'Acropole qui montre Athéna pensive, appuyée sur sa lance

■ 1. Voir ponf cette série de reliefs, Soîioene, Griecltische Reliefs, Leipzig, 1872j et Albert Dumoat MéUaige» archéoloffijoei, p. 59.

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ta L'INFLUENCE DBS GEANDS MAITRES.

devant un cippe (fig. 70) '. C'est une œuvre de style encore sévère, qui peut nous donner une idée de la première manière de Phidias. Bientôt l'exécutio a s'élargit et s'assouplit, témoin un décret de 424, en l'honneur des Méthoniens de la Ptérie, en tête duquel figure Méthone, personnifiée par un jeune héros suivi de son chien , qui donne la main à Athéna *. Sur une stèle de 403/2, est gravé un décret accordant droit de cité à des Samiens '.

Or, la déesse Héra, qui personnifie Samos, est d' un assez beau style pour qu'on puisse y retrouver le souvenir de la Héra d'Alcamènes.

Mais surtout les réminiscences de la frise du Parthénon nous indiquent à quelle source puisent les sculpteurs.

Dans un bas-relief du Louvre, surmontant un compte de finances des trésoriers d' Athéna, en charge sous l'archontat ( ai. .. ) de Grlaukippos (410) *,

le peuple d'Athènes, le ■are de la déesse par l'olivier sacré, a le type, le costume

1. C'est l'Athéua qn'ona désignée, je ne sais pourquoi, boob le AsItiov àpx; 1888, p. 123, fig. 1. Journal of Hellen. Sfudiei, 1889,

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