‹ Histoire de la sculpture grecque (volume 2)Chapitre 70 sur 330 · I, — LES MAITRES ATTIQUES · texte numérisé non relu

I, — LES MAITRES ATTIQUES

Un des artistes qui caractérisent le mieux en Attique l'époque de transition est Képhisodote. Ce ne sont pas seulement ses œuvres qui le désignent à notre attention. Il paraît très plausible d'admettre que Képhisodote est le père de Praxitèle. Un des fils du grand sculpteur porte ce nom ' ; or si l'on se souvient que dans les familles grecques le nom du grand-père est souvent attribué au petit-fils, on restituera facilement la filiation. Peut-on aller plus loin, et, remontant une génération, donner pour père à Képhisodote un Praxitèle l'ancien, auquel il conviendrait de restituer quelques-unes des œuvres attribuées au glorieux mîdtre du quatrième siècle? L'existence de Praxitèle l'ancien a été contestée^. Il y a cependant de bonnes raisons pour croire

1 a. Cepliisodoti duo fuece. » Pline, Nai. Sist., Si, S7,

2 Elle a été mi^e en doute notamment par M. Kœblec {Mittlieil. Atken, IX, p, 78) et par Erunn {iiisMWffsSi'wtSfe det bai/i^ Aixidemie, 1880, p, 485 et suit.) D'autre part MM. Eenndori {Gt^lingtr

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L'EPOQUE DE TEANSITION. 179

qu'un artiste de ce nom, originaire de Paros, a vécu à Athènes dans la seconde moitié du cinquième siècle, qu'il est l'auteur du groupe de Déméter, Perséphoné et lacchos ', celui du cocher ajouté au quadrige de Calamia, et peut-être des sculptures de l'HéracIéion de Thèbes. Ce qui reste une hypothèse, c'est le lien de parenté qu'on a cru pouvoir établir entre lui et Képhisodote. Quant à ce dernier, les renseignements que nous possédons sur sa biographie se réduisent à un seul fait : il était le beau-frère de Phocion'-. On verra plus loin qu'il y a de sérieux arguments pour reconnaître en lui le père de Praxitèle.

Par les plus anciennes de ses œuvres, Képhisodote se rattache encore au cinquième siècle, II avait collaboré, avec Olympiosthènes et Strongylion à un groupe des neuf Muses consacré sur l'Hélicon ; trois autres, dans le même sanctuaire, étaient de sa main ^ Mais la principale période de son activité se place dans les premières années du quatrième siècle. Après la victoire de Conon à Guide dans l'automne de 394, les Athéniens dédient à Zeus Soter et à Athéna Soteira, dans un temple du Pirée, deux statues de Képhisodote : Zeus debout avec le sceptre et la Niké, Athéna avec la lance, voilà des types que le sculpteur trouvait déjà fixés par ses prédécesseurs \ Quelques

gelehrle Anixiger, 1871, p. 606), Klein {ArcTt. epigr. MiUheHmiieii aus Œsterreidi, 1880, p. 1 et suiv,) Krotet (GfeJciwoni^e SriecS. KumUer, p. 44 et sniv.) '"'tdéTeloppé les arguments qni tendent S démontrer qa'it y a en réellement un Praxitèle l'ancien. Le te:Ete le plus concluant est celai de Fansanias (I, 2 i), qui parle d'nn groupe de Déméter, Perséphoné et lacchos, à AthèneE; sur le mur du temple était écrite en lettres atiïiennes une inscription désignant Praiitèle comme l'auteur du gi'oupe CïÎYpairca! ini tù Toixtii yptÈiittatriv àmxoïtlpïa swai IlpiïïiiéXou;). les ■fpiitfitiTa àiTiKtt sont l'alphabet employé avant la réforme d'Enclide, en 403. M. Klein {op. l.) a, essayé de dresser la liste des œuvres qu'on pourrait attribuer à PcasJtÈle Fancien. Il faut en retrancher certainement le groupe &é Latone et de ses enfants qni était à Mantinée (PauB, , VIII, 9-1 ) . ÎTons reporterions volontiers à PraïitÈIel'anoien les œuvrea suivantes ! 1" le cocher du char de Calamia (Pline, JVa!. HUt., M, 71). 2° La statue de Eéra Téléia È, Platées, dans l'Hécatompédca construit par les Thébains en 428/27 et la Ehéa du même sanctuaire; 3" les frontons de l'Héraoléion ds TMbea (Pans., IS, 11). Mais il est à peine besoin d'indiquer ce que de pareillea combinaisons de teitesont de conjectural. Sur Prasitèle l'ancien, voir Furtwaengler(Afi!>(enoeri6deri](rMcW)cfieii PîosiiJ, p. 137-141) qui place la période d'aotÎTité dn sculpteur entre 445 et 436,

1. n m'est impossible de souscrire à l'opinion de M. Furtwaengler (Meiatermerl-e, p. 139), qui reconnait le lEicchos de Praxitèle l'ancien dans le buste du Louvre désigné autrefois sous le nom de Vii^le (D'Esoamps, Marlres Camparia, pi. 63). Il dérive d'un type plus récent.

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