‹ Histoire de la sculpture grecque (volume 2)Chapitre 74 sur 330 · Bmim, Denkmaderj-a · texte numérisé non relu

Bmim, Denkmaderj-a

5. Ces bas-reliefs sont conservés aa Musée central d'Athènes ; Cayràdias, Catalogue, n» 173-174. Le plus bean est celui que noua raprodaisoM d-joint. Cf. Cayradias, "Eçiin, àpx-,1886, pl.2,fig. 6, p. 48; et 1394, pi. 1. FaaiUes d'Epidaure, pi. IX, n°21. Sraim, Benimasler, n" 3. Hefrasse et L^hst, Epidaare, p. 34-85,

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donc intéressant d'y retrouver comme une survivance manifeste du style de l'école de Phidias^ d'y surprendre, dans l'aisance de l'attitude, dans le modelé gras^et souple du nu et des draperies, d'étroites analogies avec le Zeus assis de la frise orientale du Parthénon. Pourtant

F!g. 86. ~- Asclépios. Bas-relief trouvé à ÉpWaare. (Mnsée centi-al d'Athènes.)

la noblesse du type se concilie avec l'expression de douceur qui sera, au quatrième siècle, le trait dominant de la physionomie d'Asclépios; l'attitude familière, le geste bienveillant, s'accordent bien avec le caractère de bonté et de mansuétude du dieu qui s'humanise aux prières des mortels.

Athènes ne nous offre, pour cette période, aucun spécimen de la sculpture monumentale ; mais pour apprécier le style du bas-rehel, nous possédons un document exactement daté, la belle stèle de Déxi-

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léos, encore en place au Céramique extérieur (fîg. 89) '. Nous savons h quelle occasion elle fut dressée dans la nécropole. En 394, sous l'archontat d'Euboulidès, un petit corps de cavalerie athénienne avait pris part à un sanglant combat livré sous les murs de Corinthe. Cinq cavaliers, tués dans l'affaire, furent inhumés dans la partie du Céramique réservée aux sépultures officielles *. Dexiléos était un des cinq ; il était né sous l'archontat de Teisandros, et avait vingt ans. Sculptée vera la fin de l'année 394, ou en 393, c'est-à-dire dans les premières années da quatrième siècle, la stèle relève encore, comme on peut s'y attendre, de la tradition d'art suivie par les contemporains d'Alcamènes. La forme est celle des stèles attiques au temps de la guerre du Péloponnèse : décor architectural très sobre, fronton saillant, pas de pilastres latéraux. Le style du relief, que rehaussaient des accessoires en bronze doré, lances^ épées, baudriers, harnachement du cheval, nous ramène aussi à cette période mal limitée qui forme la transition entre Phidias et Praxitèle. Le superbe mouvement du cavalier, qui va frapper de sa lance son ennemi renversé, la belle allure du cheval qui s'enlève, le flottement des draperies, le geste de défense du soldat péloponnésien, tout cela rappelle bien l'art brillant et passionné de la frise d'Athéna Niké. Mais qu'on ue s'y trompe pas ; il y a aussi là une veine d'inspiration qui ne se tarira pas pendant le quatrième siècle, et, à ce titre, la stèle de Dexiléos a bien sa place marquée ici. Ce motif du cavalier enlevant sa monture restera très familier aux contemporains de Praxitèle et de Scopas"; nous allons le retrouver à Épidaure ; nous le rencontrerons encore dans une des statues du Mausolée, comme un legs, précieusement recueilli, du grand siècle, comme une de ses plus, heureuses créations.

1. La. stèle a été retrouvée dans les fouilles de 1863, Cf. BaMnae, Monameati sepoleraU scopeiii presse la chieaa délia 8anla Trmita, pi. Il, p. 10. Wesolier, Revue arch.,S.-S. Vm,p. 82,851, pi. 15. Mîchaelie, Zàtschrift fur Uid. K«mt, rv, p. 201, fig. 12. Brueokner, Jahriacli tJes areh.Init., X, 1895, p. 304.

2. Pausanias signale le Polyandrion des soldats athéniens tiiéa deraiii Corinthe, I, 29, 8. Le musée central d'Athènes possède le conronnement de ce tomhean public élevé par l'État. (Cnrtius et Eaupert, Atlas bob Alheii, I, p. 3, Jane Hamaon, Myihelogy and Moa. <^ atte. Mliens, p. 676). Panni lea noms des morts, gravés au-dessous de la corniche décorée depalmettes, on retrouTe celui de Dexiléos (oîBe ijtjre'ïiî àntflavov êv Kopivtl^ çûXop^oç 'A-itt^àviiî,... As^iîsuç, "Ev57i|io{, x. t. J.).La stèle qui noua occupe était donc placée sur le tombeau de famille du jenne cavaliei'.

3. Ainsi dans la céramique, témoin un lecjthe blanc du Louvre représentant un sujet analogue. E. Pottier,3fim!HneiUBj!-«cs, n" 11-18, 1681-1884, pi. 3.

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Dans les productions de l'art industriel, l'influence du cinquième siècle a laissé une trace plus persistante que partout ailleurs. De !à une

e funéraire de Desiléos. (Athènes, nécropole dn Céramique.)

certaine difficulté pour dater avec précision ceux de ces monuments qui gardent encore le reflet du grand style. Voici pourtant une de ces œuvres qui appartiennent bien, croyons-nous, à la période de transi-

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tion. C'est un es-voto à Heraifes et aux Nymphes, trouvé entre Athènes et Phalère ', Le fronton et les acrotferes qui le couronnent dénotent bien, par leur forme, une date contemporaine de celle de la stèle de Dexiléos. L'ex-voto offre sur chacune de ses faces une composition eu bas-relief. D'un côté, nn sujet dont l'interprétation reste douteuse. A gauche, une figure féminine, vêtue d'une courte tunique, accueille deux

Fig. 90. — Éohéloa ealevaut Baailé. Baa-relief décorant une des faces d'ui et aux Nymphes. (Athéaes.)

personnages barbus, rappelant les Thallophores de la frise du Parthénon, et dont l'un porte deux cornes qui le désignent comme un dieu fluvial, Achéloos ou le Céphise : plus loin, le groupe gracieux des trois Nymphes, qui semblent trois jeunes filles conversant familièrement. L'influence de la frise du Parthénon se retrouve ici presque sans mélange. Elle se complique déjà d'autres éléments dans le bas-relief de la face opposée (fig. 90). Des inscriptions ne laissent pas de doutes sur la nature du sujet. Le personnage monté sur le char est Echélos,

., Cavradias 'Ef-r,ii.., àpx., ISaS, pi. 9 et 7(

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le héros éponyme du dème des Echélides, et la femme qu'il enlève est Basile, mère d'Hélios et de Séléné, assimilée par les Attiques à une divinité phrygienne, la Mère des dieux'. Hermès précède le char, comme un coureur. A n'en pas douter, les procédés de composition accusent une direction d'art assez différente de celle qui prévaut encore au Parthénon, dans les parties de la frise où figurent les chars d'apobates. L'artiste ne se contente plus de représenter les chevaux de profil, et ramassés dans un étroit espace; en montrant l'attelage de biais, il peut donner aux quatre bustes plus de développement, et même présenter de face la tête d'un des chevaux. Déjà, vers la fin du cinquième siècle, les graveurs monétaires de Sicile adoptent le même parti pour les quadriges qui figurent sur les monnaies de Syracuse '. C'est là nne petite révolution que la sculpture accomplit sans doute au début du quatrième siècle '. Mais si mince qu'elle puisse paraître, cette conquête d'un type nouveau, pour le quadrige lancé au galop, ne sera pas perdue, et nous aurons l'occasion de constater avec quel soin la sculpture décorative saura la conserver.

§ 3. — LA SCULPIUEE MONUMENTALE.

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