Pausanma, IX
B. Das Seroan, pi. XSIV, B 1, B 5.
i. Sas Hiroon, pL XVI.
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tuaire des Anakes, à Athèoes ' ; le peintre de Thasos, au dire de Pausanias, avait représenté le mariage des filles de Leucippe avec les fils d'Aphareus, c'est-à-dire la cérémonie brusquement interrompue par le rapt des Dioscures qui enlèvent les deux jeunes épousées. Or, telle est bien la donnée de la frise de Trysa. Au centre est un temple, vu en perspective. A droite on prépare un sacrifice pour célébrer la fête nuptiale ; de grands bassins de bronze sont dressés sur des tables ; des sacrificateurs dépouillent les victimes égorgées. Mais l'alarme est donnée. Des serviteurs accourent vers le temple, tandis qu'au premier plan Leucippe et sa femme Pbilodiké se lamentent tout éperdus. Près ^ d'eux les compagnes des Leueippides forment un groupe plus calme; assises ou debout, elles composent un charmant chœur de pleureuses qui fait déjà songer aux gracieuses conceptions de l'art du quatrième siècle. De l'autre côté du temple, les Dioscures fuient sur leurs chars, tenant dans leurs bras les filles de Leucippe. Des hommes en armes les poursuivent, mais plus rapides sont les deux cavaliers lancés sur les traces des ravisseurs. Dans ces deux figures, qu'on croirait empruntées à la frise du Parthénon, il est facile de reconnaître les époux outragés, les deux fils d'Aphareus, Lyncée et Idas. Que le sculpteur ait suivi de très près la composition de Polygnote, on n'en saurait douter. Les plans superposés, suivant une perspective conventionnelle, les figures qui apparaissent à demi derrière le temple, sont bien conformes aux habitudes de la peinture murale du cinquième siècle; et d'autre part l'entente du sentiment dramatique, les contrastes habilement ménagés par une sorte de transition, tout cela est d'accord avec l'idée que nous pouvons nous faire du peintre de la Nehjia. ■ La partie capitale est la frise intérieure du mur occidental. Il y a là une grande page décorative qui fait sans doute revivre pour nous le souvenir d'une fresque du cinquième siècle. Comme dans Venlèvemmt des Leueippides, la composition rempfit les deux registres; le sculpteur a voulu se donner du champ, et là oh des nécessités matérielles l'ont obligé à superposer deux rangs de figures, il est permis de croire que la peinture originale montrait ces figures sur deux plans,
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suivant les procédés adoptés par les peintres de vases à l'imitatioii de Polygnote '. Trois sujets bien distincts sont traités dans cette sorte de triptyque : le combat enylaine, entre les vaisseaux et Troie; laprise de Troie; le combat d'Achille contre les Amazones^. La première scène occupe !a partie gauche. Les vaisseaux grecs sont à l'ancre, et leurs hautes proues recourbées, qui apparaissent seules, suffisent à indiquer, par une convention familière à l'art grec, la présence de la flotte ennemie. Le combat est une série de corps à corps, et les trophées, les troncs d'arbre qui se dressent çà et là servent simplement à dissimuler les joints des dalles. Abstraction faite du style, cette scène relève bien du même esprit que les sculptures décoratives de l'Attique : mêmes thèmes, mêmes épisodes, même recherche du mouvement. Au centre et un peu à droite, la scène change. On voit apparaître les murs de Troie, couronnés de leurs défenseurs {fig. 100). L'attention se porte sur un groupe placé bien en vue : un guerrier qui semble prier, ou exhorter les combattants; un vieillard assis sur un trône, le sceptre à la main; une femme assise, abritée spus !e parasol que tient une suivante. M. Benndorf reconnaît ici Enée, Priam et Hélène. Mais la ville est serrée de près (fig. 101). Couverts de leurs boucliers, les assiégeants donnent l'assaut; d'autres pénètrent dans la place par des poternes, et leurs files serrées se montrent déjà au-dessus des créneaux, marchant à la rencontre des assiégés. La ville est prise, car voici des habitants qui s'empressent d'en sortir. Une femme s'éloigne, montée sur un mulet que conduit un serviteur. Un couple s'enfuit, emmenant un âne chargé de bagages, épisode d'autant plus curieux qu'il n'est certes pas de l'invention de l'artiste : Pausanias le signale dans Vllioupersis de Polygnote, à Delphes ^ Hésiterait-on à penser que la ville assiégée est bien Troie, et que le sculpteur a pris l'idée de cette composition dans une peinture, dans une 'IXs'ou aJwc7i; restée inconnue? Le dernier sujet lèverait tous les doutes. Le combat d'Achille contre les Amazones, venues au secours de Troie, était le sujet d'un poème d'Arctinos, V Ethiopie, et trouve naturellement sa place dans cette sorte