‹ Histoire de la sculpture grecqueChapitre 107 sur 293 · Diodore de Sicile, I · texte numérisé non relu

Diodore de Sicile, I

taine vraisemblance, grâce à une curieuse découverte faite à Naucratis par M. E. Gardner : c'est celle d'un vase portant, en lettres ioniennes du sixième siècle, une dédicace avec le nom de Rhoecos; l'auteur de l'offrande pourrait bien être l'artiste de Samos\ Il n'est donc pas téméraire de penser- que la prétendue invention des deux sculpteurs grecs leur fut tout simplement suggérée par l'exemple de leurs confrères d'Egypte. On se représente volontiers les deux Samiens, visitant les ateliers égyptiens, si florissants au temps de la renaissance saïte; étudiant, en hommes du métier, la pratique des arts du métal; observant avec curiosité les opérations compliquées du moulage et de la fonte, et, revenus dans leur patrie, s'y essayant à leur tour, avec la promptitude d'assimilation et l'audace heureuse qui caractérisent les Grecs.

Pour apprécier leurs œuvres, nous n'avons que quelques textes. On entrevoit néanmoins la variété de leurs aptitudes. Ehœcos, on le sait, est architecte aussi bien que sculpteur. Il construit l'IIéraion de Samos. Il coule pour Ephèse le plus ancien bronze grec dont il soit fait mention. A l'Artémision on voyait de lui une statue de femme en bronze, placée avec plusieurs autres sur un soubassement de marbre qui entourait l'autel d'Artémis Protothronia ; les Ephésiens l'appelaient la Nuit Au dire de Pausanias, c'était encore une œuvre très archaïque, d'un style dur et rude ^

Théodoros nous apparaît comme un artiste singulièrement fécond en ressources. Architecte, écrivain, ciseleur, statuaire, graveur en pierres fines, il possède toutes les connaissances techniques de son temps. La part qu'il prend , fort jeune encore, aux travaux de fondation de l'Artémision d' Ephèse révèle la fertilité de son invention; il écrit un traité sur l'Héraion de Samos et construit le Labyrinthe de Lemnos, avec l'Eginète Smilis et Rhœcos ^ Sa renommée s'étendant, il est appelé à Sparte, pour y élever la Skias ^ vaste édifice.

1. *Pùîxo; {i-'àvÉÔrjxe T[yi ^'^^olhi'zt;^. Nauhratis, II, p. 65 ; Cf. Lechat, Bull, de corresp, hellén., XIV, 1890 p. 153.

2. Pausanias, X, 38, 3. M. Newton a cm reconnaître les débris de ce soubassement (Ôpiyxd;) dans des bas-reliefs découverts par M. Wood (^The Portfolio^ juin 1874). M. Murray a montré qu'ils pro" viennent de la corniche du temple. Journal of Eellenic Studiesj X, 1889.

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