Bull, de corresp. hellén.^ 1887, p
204 LES PKIMITIFS.
(fig. 97) \ Voyez ce visage aux gros yeux étonnés, ^ ce torse trapu où la musculature est indiquée largement, mais avec une sorte de laisser-aller : rien de plus naïf, rien qui sente moins la reclierclie et la prétention.
Mais la franchise et la naïveté ne suffisent pas pour garantir le développement régulier d'une école ; il faut encore la réflexion, la méthode, voire même le parti pris. Or, l'école béotienne n'a pas de système bien arrêté. Là est sa faiblesse ; c'est pour cette raison qu'elle ne saura pas se défendre contre les influences du dehors. Pour s'en convaincre, il sufiit de considérer les œuvres voisines du cinquième siècle trouvées en Béotie. Elles ne sont béotiennes que d'origine. Par le style elles sont tantôt chiotes, comme une tête féminine trouvée au Ptoion^, tantôt péloponnésiennes, comme la belle statue dédiée à Apollon Ptoos par deux citoyens d' Akraiphiae, Pythias et Aschrion, œuvre remarquable, qui semble être une réplique un peu tardive de l'Apollon Didyméen de Kanakhos^. L'art indigène disparaît, impuissant à se maintenir en face d'écoles plus vivaces. La sculpture industrielle passe elle-même aux mains des étrangers. Vers la fin du sixième siècle, les stèles funéraires sont l'œuvre de Naxiens ou d'Athéniens^; au siècle suivant, la Béotie n'est plus, au point de vue de l'art, que la tributaire de l'Attique; son école s'efface dans le rayonnement de la grande école voisine.