LES PKEMIEKS ESSAIS DE PLASTIQUE. H
vasions. Les documents égyptiens auxquels nous avons fait allusion appartiennent au quatorzième siècle. Or, c'est aussi à cette date, et jusqu'au douzième siècle, que M. Sayce place Tapogée de la domination hétéenne en Asie Mineure ^ Elle prend fin lorsque se produit le grand mouvement de migration qui amène entre l'Halys et les sources de THermos les premières tribus phrygiennes jusque-là cantonnées en Thrace, et que de nouveaux arrivants s'interposent entre le Taurus et le littoral asiatique.
Si ces conclusions sont justes, c'est donc la civilisation chaldéerme qui, fort indirectement, et par l'intermédiaire des populations sémitiques de l'Asie Mineure, aurait éclairé d'un bien pâle reflet l'industrie barbare d'Hissarlik. On ne saurait songer à l'influence assyrienne, qui ne commence pas à agir sur l'art phénicien avant le douzième siècle. Mais si fragile que soit encore cette hypothèse, elle a presque un caractère de certitude en comparaison des autres problèmes que soulève l'étude de la collection troyenne. Nous devons au moins poser ces questions, sans prétendre les résoudre avec une rigueur qui, en pareille matière, serait tout à fait chimérique.
Et d'abord, à quelle race appartenaient les anciens habitants de la colline d'Hissarlik? Pour François Lenormànt, les anciens Troyens sont les Dardaniens et les Teucriens des sources égyptiennes, ceux-là mêmes que représentent les bas-rehefs sculptés au temps de Ramsès III sur les murs du palais de Medinet-Abou ^ : ils appartiendraient à la race pélasgique, et seraient ainsi apparentés aux Grecs. M. Sayce les fait venir de la Thrace, et rattache leur civihsation à celles des Hétéens, par suite à la Babylonie^ Se fondant au contraire sur l'analogie que présentent les trouvailles de Schliemann avec le mobilier funéraire des nécropoles chypriotes antérieures à la colonisation phénicienne, M. Duemmler conclut à l'identité de race entre les Troyens et les premiers habitants de l'île de Chypre ; il les rattache à une population sémitique qui, dès la plus haute antiquité,
1. Sayce, The monuments of the Hittites, dans les Transactions of tlie Society of Uhlical ArcTiaeology, t. VII, p. 273.
2. Voir Eoseliini, Monumenti delV Egitto.l.^l. CXXIV-CXXXI V ^ ChampoUion, Mon. de l'Egypte, III, pi. CCXXII.