‹ Histoire de la sculpture grecqueChapitre 14 sur 293 · Sayce, dans Schliemann, Ilios, p · texte numérisé non relu

Sayce, dans Schliemann, Ilios, p

12 LES OEIGINES.

aurait occupé F Asie Mineure \ Personne assurément ne contestera la similitude de la civilisation troyenne avec celle des anciens Chypriotes. Parmi les objets trouvés à Hissarlik , plusieurs portent de courtes inscriptions qui ont pu être déchiffrées^ ; or, autant qu'on peut en juger, les caractères rappellent ceux des plus vieilles inscriptions de Chypre. Originaire de l'Asie Mineure, l'alphabet dont les Troyens ont fait usage, comme les Lydiens, est en rapport étroit avec celui que les habitants de Chypre ont conservé fort longtemps, même après l'adoption, par les autres Grecs, des caractères phéniciens. Mais ces analogies de civihsation permettent-elles de conclure à l'identité de race? Toute la question est là. En l'état actuel de nos connaissances, il est prudent de rester d'accord avec les traditions antiques, et de reconnaître dans les premiei^s occupants de la coUine d' Hissarlik des Dardaniens venus de la Thrace, appartenant, comme les Phrygiens, les Thraces et les Hellènes eux-mêmes, à la grande famille aryenne.

L'identification de la ce ville brûlée » de Schliemann, la date des antiquités d'Hissarlik, sont au nombre des questions qu'on agitera longtemps encore, sans qu'on puisse espérer les trancher d'une façon décisive. Certains savants se refusent à reconnaître dans la seconde cité d'Hissarlik la ville détraite par les Grecs au douzième siècle ^ François Lenormant allègue l'absence de toute influence hétéenne, phénicienne et assyrienne, ainsi que l'état de barbarie révélé par les fouilles; pour lui, la ville brûlée est une bourgade dardanienne, antérieure à la fondation de Troie, antérieure même aux expéditions maritimes des Teucriens et à leurs attaques contre l'Egypte. Nous n'avons pas à rouvrir un débat qui a suscité de vives polémiques\ Bornons-nous à constater que les influences hétéennes, ou, d'une manière plus générale, asiatiques, ont laissé leurs traces dans la collection

L. Mktheiluiigen des arch. Institutesin Athen, XI^ 1886^ p. 249-254.

2. Ce sont des f usaïoles en terre cuite, c'est-à-dire des objets en forme de peson de fuseau, un cacliet cylindrique et un vase sur le col duquel sont tracés des caractères. Voir Sayce, dans Ilios, appendice II, p. 901. Cf. Perrot et Chipiez, t. III, p. 496.

3. E. Curtius, Histoire grecque, trad. fr. de Bouché-Leclercq, t. I, p. 91. Dans la dernière édition allemande de cet ouvrage (1889). M. Curtius se prononce cependant d'une m.anière moins nette. Cf. Fr. Lenormant, les Antiquités delà Troade,^. 64, 72. S. Reinach, ikTix^weZ de philologie classique^ II, p. 82.

4. Voir la longue bibliographie citée par Schliemann, Ilios, p. 231-238, et en particulier Jebb, Journal of Eellenic Studies, 1883.

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