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est
L'AKCHAISME AVANCÉ.
pie, et des anaxyrides collantes; pour n'être pas gêné dans son tir, il a relevé et noué par derrière les longues barbes de son bonnet phrygien. Plus loin un guerrier lève sa lance, maladroitement rem-
iJFia. 146. — Héraclès tirant de Tare. Aile droite du fronton oriental du temple d'Athéna, à Égine.
placée dans la restauration par une épée. Enfin, la figure d'angle est celle d'un Troyen blessé , le corps traversé par une flèche ; accoudé sur un bras, il reste passif, sans réagir contre la douleur comme le Grec de l'angle opposé.
Du fronton oriental, il ne reste que cinq figures plus ou moins res-
taurées, avec de nombreux fragments. La plus remarquable est sans contredit celle que reproduit notre planche en héliogravure (PL IV), le Troyen mourant dont la place est tout indiquée dans Fangle gauche ^ Frappé sous le sein droit, il s'est affaissé sur le sol ; son bras gauche inerte et comme détendu, est encore passé dans la courroie du bouclier, qui sert d'appui au blessé pour se soulever péniblement ; la souffrance se peint sur son visage aux lèvres contractées. Si Ton suit la restauration de Cockerell, il faut placer immédiatement après THéraclès tirant de Tare que représente notre figure 146; mais Brunn ayant démontré que la statue appartient à Taile droite du fronton^, nous avons préféré la donner sous son véritable aspect, c'est-à-dire tournée vers la gauche. Le héros est agenouillé dans la pose de Farcher qui décoche une flèche, le pied droit ramené sous lui, le buste haut, tous les muscles des bras tendus par l'effort. Il est coiffé d'un casque dont la partie antérieure figure un mufle de lion ; des trous carrés, creusés à la hauteur des tempes, étaient destinés à recevoir les tenons qui fixaient les garde-joues ; d'après la forme du casque, ces accessoires représentaient sans doute les lambeaux pendants de la mâchoire inférieure du Hon. Sur une courte tunique sans manches, Héraclès porte la cuirasse de cuir lacée à gauche par des lanières ; une des épaulières est dégrafée et rejetée en arrière, pour laisser plus de jeu au bras qui tire sur la corde de l'arc. La tête est d'un modelé énergique ; les lèvres serrées sont nettement découpées et forment une saillie très ressentie; les yeux petits et bridés, sont à fleur de tête, et les boucles de la chevelure, qui encadrent le frond étroit, achèvent de donner au visage une singulière expression de fermeté. Il n'y a pas lieu de s'arrêter longuement à la troisième statue, celle d'un combattant troyen armé de la lance : elle reproduit un type déjà connu par le fronton occidental. Quant à la quatrième, celle du guerrier tombé aux pieds d'Athéna, tous les efforts de Thorwaldsen n'ont abouti qu'à la restaurer dans une position étrange, et peu vraisemblable. Le héros grec est tombé à la renverse, mais sans toucher le sol;
1. N° 55. Brunn, Denhnaeler der griech. roem. Sculptur, n« 28.
2. N** 54, Cf. Beschr, der GlyptotheJc,-p. 78. Brunn remarque en effet que le côté gauche de la statue tourné vers le dehors, est le plus détérioré ; en outre, il est travaillé avec plus de soin que la partie qui n'était pas destinée à être vue. Cf. notre notice dans les Mon. de VArt antique de Rayet, pi. 25.
L'AKCHAISME AVANCE.
presque couché sur son bouclier, il s'efforce de se redresser, et lève son épée comme pour parer un nouveau coup. Si bizarre que soit cette attitude, il est difficile d'en imaginer une autre; tous les essais de restauration que l'on a tentés pour modifier cette pose choquante sont
demeurés infructueux i. La cinquième figure n'a pas d'analogue dans le fronton ouest (fig. 147). C'est un jeune homme sans armes, qui se baisse vers le blessé, les deux bras en avant ^ La chevelure , très soigneusement peignée, forme autour du front
ri G. 147. — Jeune homme qui se baisse pour ramasser un blessé. Aile droite du fronton oriental
du temple d'Athéna, à Egine.
des boucles frisées, sous lesquelles passe une double tresse partant de la nuque ; sur le revers de la tête, resté lisse, la peinture remplaçait le travail du ciseau.
Comment s'agençaient, dans le cadre triangulaire des frontons, les statues conservées, et comment combler les vides, pour restituer les
1. Par exemple la restauration de Cockerell, qui place la tête à gauche, et fait porter la statue sur le côté droit.
2. N^ 58 du catalogue de Brunn. L'une des mains a été mal restaurée ; la main véritable, qui se trouve au nombre des fragments conservés, tenait un des géniastères du casque du blessé. Cf. Brunn, Denlcmaeler der griech, roem. Sculpture no 26.
s culp tu r e Gre c q v. e T , I ,