Pausanias, V
de nos musées, le souvenir affaibli de ces statues d'athlètes où triomphait le talent des sculpteurs argiens? Sans céder à l'attrait des hypothèses aventurées,- on peut examiner avec quelque confiance deux bronzes qui paraissent se rattacher à l'école argivo-sicyonienne. Le premier est une statue plus petite que nature, mesurant l"^,ll,et qui de la collection Barberini a passé au palais Sciarra, à Rome(fig. 161) \ Supprimez le bras gauche tenant la corne d'abondance, restauration moderne assez malheureuse : il reste une statue d'adolescent, où l'on reconnaîtra volontiers, avec M. Studniczka, un vainqueur à quelque concours d'enfants. Pour la structure du corps, pour la pose du bras droit, la statue Sciarra n'est pas sans analogie avec l'Apollon de Piombino ; mais le style est déjà plus coulant et plus libre, et l'absence du sourire conventionnel donne au visage une remarquable expression de sévérité. L'œuvre date sans doute du premier quart du cinquième siècle. Un autre bronze plus petit, une statuette du musée de Berlin, provient directement de l' Argolide ; il a été trouvé à Ligourio, près du célèbre sanctaaire d'Epidaure (fig. 162)^ C'est un jeune homme nu, aux formes robustes et pleines, tenant de la main gauche une balle (aoaî'pa), l'instrument d'un jeu cher aux éphèbes pé-
loponnésiens, et dans la main droite duquel on peut replacer, sans trop de témérité, le bâton à bout recourbé qui servait de raquette. Chose curieuse, ce bronze , exécuté vers 470 environ, offre déjà les proportions massives et carrées qui seront celles du canon de Polyclète. Le grand
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Fia. 161. — Statue en bronze ( Palais Sciarra, Rome). Hauteur, l'",llc.