‹ Histoire de la sculpture grecqueChapitre 183 sur 293 · Pline, Nat. Hist · texte numérisé non relu

Pline, Nat. Hist

est vrai, mais dont le style très particulier et la rare perfection technique nous engagent à cherclier ailleurs la patrie d'origine* (fig. 163). La belle tête de bronze reproduite ci-joint a été découverte dans les fouilles de l'Acropole ; pourtant', comment n'y pas voir l'œuvre d'une école où le travail du métal est comme une spécialité? Certains détails matériels d'exécution nous ramènent à Sicyone ou à Argos : par exemple, les lèvres et les sourcils, incrustés de cuivre rouge; les yeux, remplis d'une matière blanche, semblable à de la porcelaine, et où la pupille fait une tache noire. Le rendu des cils atteste une étrange préoccupation du réalisme, et une étonnante minutie de facture; imaginez, au bord des paupières, une sorte de frange barbelée où chaque cil est traité à part : on peut les compter. Même finesse dans le travail des cheveux ondes sur le crâne, et enroulés sur les tempes et sur le

front autour d'un cercle métallique, tandis qu'une petite masse se détache par derrière et forme chignon. Le type du visage est nouveau pour nous ; mais nous retrouverons plus tard, dans l'Apollon du fronton Ouest d'Olympie, cette forme -de visage si caractéristique, ce profil sévère, ce menton plein, cette lèvre inférieure venant en avant, voire même ces proportions de tous points conformes à ce qu'on a quelquefois appelé le canon olympique^ A vrai dire, le bronze de l'Acropole

1. Musées d'Athènes, pi. XVI. Brunn, Denhnaelerj 40. M. Elle Cabrol en a donné un remarquable dessin, exécuté par M. Puech, sculpteur, ancien pensionnaire de l'Académie de France : Voyage en Grèce, Paris, 1890, Librairie des Bibliophiles. Voir, pour l'étude du style et de l'origine, l'article de M. Studniczka, Mittheil. Atherij 1887, p. 372.

Page 1