‹ Histoire de la sculpture grecqueChapitre 195 sur 293 · Musées d'AthèneSj pi. X · texte numérisé non relu

Musées d'AthèneSj pi. X

Fia. 170. — Statue' féminine eu forme de xoanon , trouvée sur l'Acropole d'Athènes. (^Musées d^ Athènes, pi. X.)

L'ARCHATSME AVANCE.

ici, cette fidélité à des formes surannées est une pure convention ; on Ta dit justement, c'est de l'archaïsme archaïsant. Les autres statues

nous montrent le même type qu'à Délos , le même costume, avec des variantes d'ajustement fort intéressantes pour l'histoire de la parure féminine au temps des Pisistratides. Le costume se compose des trois pièces que nous avons déjà décrites : le chiton, le chitonisque et l'himation. L'agencement de ces pièces admet bien des caprices :

voici toutefois ce qu'on peut appeler le type classique du costume de fête chez les Athéniennes du sixième siècle (fig. 171) \ Le vêtement de dessous est le chiton ionien fait d'une étoffe de toile, et tombant jusqu'aux pieds ; une large bande brodée (izxfuf/]) placée verticalement, le décore par devant, et une ceinture mince le serre à la hauteur de la taille. Comme ce vêtement est ample et un peu traînant,

Fia. 171. — Statue féminine. (Musée de l'Acropole.)

1. Musées d' Athènes j pi. II. Une reproduction en chromolitliograpliie de cette statue a été donnée dans les AntiTce Denhmaeler des arcJi. Inst., I, pi. 19. Cf. Duruy, Hîsf. des Grecs, t. II, planche de la page 376.

il faut le relever pour donner à la démarche plus de liberté ; de là ce geste de la main gauche , qui prend l'étoffe à poignée , et imprime aux plis un mouvement oblique accusé par la courbe de ]a bande brodée. Le chitonisque se porte par-dessus le chiton. En règle générale, il est fait d'une sorte de tricot de laine à mailles larges, qui dessinent sur l'étoffe une série régulière de lignes ondulées; l'ouverture du col est bordée d'une bande de toile, appliquée comme un galon plat. Dans certains cas, et surtout lorsqu'il est porté avec le vêtement de dessus, avec l'himation, le chitonisque est simplement une sorte de pèlerine; on peut voir, par notre figure 171, comment le bord du manteau, serrant l'étoffe sous le bras gauche, laisse retomber sur l'avant-bras une chute de pHs qui figurent la manche. Ailleurs le chitonisque est une véritable chemisette, munie démanches, et tombant un peu plus bas que la ceinture. Voici une statue qui ne porte pas d'himation (fig. 172) ' ; on y reconnaît clairement cette seconde forme du chitonisque. La troi-

1, Musées d^ Athènes j pi. V.

Fig-. 172, — Statue féminine. Musée de l'Acropole. QMusées d' Athènes , -pi. V.)

L'AKCHAISME AVANCÉ.

sième pièce du costume , celle qui complète la parure d'apparat, est

rtiimation ionien, ou, si Ton

FiG-. 173. — Statue féminine. (Musée de T Acropole.)

préfère, le peplos, dont le bord replié passe sous le bras gauche, traverse obliquement la poitrine comme un baudrier, et forme sur le côté droit des plis verticaux et réguliers, étages avec l'art le plus savant.

Ce bêtement est en laine unie; pourtant, par un curieux raffinement d'exécution, le sculpteur prend toujours soin d'historier la partie supérieure de lignes ondulées, qui rappellent celles du chitonisque, et pourraient faire croire, au premier abord, qu'il n'y a pas là deux vêtements différents. Le port de l'himation peut se prêter à bien des variantes; tantôt on l'agrafe sur l'épaule gauche ^ ; tantôt, au gré de son caprice, l'Athénienne le plie en double, le jette sur ses épaules comme une écharpe ou comme un châle, et l'étoffe, relevée par le geste des bras , retombe ainsi de chaque côté en une double pointe (fig.173^).

Le soin extrême apporté à

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