Conze, pL II, III, VIII
2. Conze, pi. V, Collection Sahouroff^ pi. II. Conze, ; 0. Conze, pi. IV et VII.
4. Stèle trouvée à Lavrion. Conze, pi. VIII, 2. Cf. Brunn, Denhmaeler^ n^ 37, L
SCULPTURE GHECQUE. — T. I.
éclatent dans un beau fragment du musée d'Athènes, provenant de
la partie supérieure d'une stèle (fig. 200) \ Trouvé près de la chapelle d'Haghia Trias, dans les ruines du mur construit par Thémistocle, il appartenait à une de ces tombes du Céramique extérieur qui fournirent des matériaux pour relever rapidement les fortifications d'Athènes.
L'artiste avait représenté le jeune mort dans l'attitude d'un joueur de disque, et, avec un goût ingénieux, il avait détaché la tête en profil sur le fond circulaire du disque, soutenu par la main gauche Sans doute l'œil figuré de face, le lobe, aplati de l'oreille, la forme de la chevelure nattée et serrée par un lien, accusent encore une date assez ancienne dans la seconde moitié du sixième siècle. Mais il y a un singulier charme de jeunesse et de naïveté dans ce visage souriant dont les traits allongés, le type fin, attestent à la fois xm sentiment très réaliste, et une recherche manifeste de la grâce. Le modelé, d'une qualité rare, caressé et assoupli avec une singulière délicatesse de main, donne comme la sensation d'une exquise douceur.
Il faut sans doute placer quelques années plus tard une stèle bien connue trouvée en 1839 à Vélanidéza (fig. 201) ^ Une inscription gravée sur le socle en lettres attiques du sixième siècle nous ap-
FiG. 201. -- Stèle funéraire d'Aristion, 1. Bayet, Études d'archéologie et d'art, p. 58. Conze, n^ 5.
(Athènes, Musée central.) Hauteur, pl- IV • 2^,40. 2. Conze, n° 2, pl. II, 1. Brunn, BenJcmaeîeTj laP 41 a.
prend le nom du mort, Aristion. Sur le listel inférieur est la signature de Fartiste Aristoclès ("Epyov 'AptGTO/'j£ouç),que l'on a cherché, sans raisons décisives, à identifier avec le sculpteur sicyonien du même nom '. Aristion, à qui personne n'est plus tenté aujourd'hui d'attribuer le nom autrefois populaire de Guerrier de Marathon^ est représenté dans son armure de parade; il porte la cuirasse à lambrequins, les cnémides, le casque étroit et bas, dont le haut panache était travaillé à part et rapporté à l'aide d'un tenon; debout, le bras droit pendant le long du corps, il s'appuie sur sa lance. Le relief, très plat, avec quelques accents nerveux et incisifs, est d'une certaine sécheresse ; à voir le travail de la barbe et des cheveux frisés en anneaux, le profil aux hgnes obliques, le détail minutieux des phs du chiton, on est fondé à croire que cette œuvre est contemporaine des statues archaïques de l'Acropole, et assez voisine de l'année 520. La part d'invention qui revient à Aristoclès se trouve singulièrement diminuée, depuis que les fouilles de l'Ecole américaine d'Athènes nous ont livré une réplique de la stèle qui porte sa signature. Ce marbre, trouvé à Ikaria, en Attique, reproduit presque trait pour trait le soi-disant soldat de Marathon \ et d'autres fragments viennent encore attester que ce type de l'hoplite athénien est en réalité une sorte de formule consacrée dans la sculpture funéraire \
Mais la stèle de Vélanidéza garde son intérêt comme spécimen de la polychromie appliquée^u bas-relief. Le fond était rouge; le casque bleu sombre; les cheveux étaient peints en brun rouge, et la cuirasse revêtue d'un ton sombre sur lequel se détachaient deux bandes de méandres et de zig-zags, ainsi que le cordon orné d'une houppe qui attachait les épaulières. Une tête de lion gravée au trait sur un fond rouge, et une étoile décoraient l'épaulière de droite, la seule qui soit visible. Alors même que l'usage général n'eût pas commandé aux sculpteurs de stèles l'emploi de la polychromie, la nature même de ces reliefs si peu ressentis leur en eût fait une loi, et cela d'autant plus que la sculpture cédait parfois la place à la peinture.
1. Voir le résumé de la question dans Loewy, Insch. griech. BUdhauer, n° 10.
2. Conze, n« 3, pi. II, 2. Cf. American journal of archœoiogy, 1889, pi. I, p. 9.