Ibid., pi. VIII
nuptiale. Un souffle de poésie homérique anime cette scène, comme si l'artiste s'était souvenu des vers où. le poète di! Iliade raconte les amours de Zeus et de Héra sur le mont Gargaros ^ (c Héra, arrête-toi un moment avant de t'éloigner. Partage ma couche... Jamais déesse ni mortelle ne m'inspirèrent tant de désirs. )) Le style est à la hauteur de l'inspiration. Pourtant, comme dans les autres métopes, l'artiste a mis en œuvre le tuf calcaire, réservant le marbre pour les parties nues des figures féminines, qui sont sculptées dans des pièces rapportées ; mais en dépit de cette technique, la figure de Héra, grave et recueiUie ; celle de Zeus modelée avec une largeur puissante, contiennent de ces beautés auxquelles im reste d'archaïsme donne seulement un charme de plus. Les traces de l'ancien style sont plus sensibles dans la métope qui montre le combat d'Héraclès contre l'Amazone ^. Coiffée du bonnet phrygien, et protégée par une cuirasse, la guerrière à demi-vaincue recule sous l'attaque du héros qui a saisi à pleine poignée la pointe de sa coiffure. Héraclès est prêt à asséner un coup de massue, et ce mouvement développe les lignes d'un torse robuste, derrière lequel se déploie la peau du lion néméen. Le modelé est irréprochable, mais la tête, avec sa chevelure aux boucles régulières, accuse encore l'influence de l'archaïsme finissant et rappelle celle d'Harmodios', dans la statue de Naples. Même mélange de liberté et de concession au style traditionnel dans la métope d' Actéon (fig. 214) ^ ; toutefois la composition atteste que l'art sait déjà chercher avec succès des effets de contraste. Voici, à gauche, Artémis debout, presque immobile, ne se mêlant à l'action que par le geste sobre de ses deux mains tendues, comme pour exciter les chiens; à droite, Actéon se défend avec son épée contre la meute hurlante; celle-ci l'attaque à belles dents, trompée par la peau de cerf qu' Artémis a jetée sur les épaules du chasseur. Nous devons encore signaler, comme appartenant sans doute au même temple , un remarquable fragment de métope découvert en 1890, près des murs de l'acropole. Une femme, peut-être Héra, vêtue d'une fine tunique plissée et d'un voile, étend le bras droit vers