CHAPITRE IIL
Les traditions relatives aux trois grands sculpteurs du cinquième siècle nous ramènent encore en Argolide. Myron , Polyclète et Phidias sont les élèves d'Agélaïdas. Mais entre le maître et les disciples, il y a toute la distance qui sépare l'habileté professionnelle lentement conquise, et le génie original et libre. Les élèves du vieux maître argien entrent en scène à une époque privilégiée ; ils sont des créateurs, des chefs d'école, capables de diriger le mouvement irrésistible qui entraîne Fart vers sa perfection. Chose curieuse, il n'y a aucune parenté entre ces maîtres formés au même enseignement. Avec des mérites très différents, une portée d'esprit sans doute fort inégale, chacun d'eux personnifie une des tendances maîtresses entre lesquelles se partage l'art d'une. grande époque. Le réalisme avec Myron, la méthode savante et théorique avec Polyclète, l'idéalisme le plus large et le plus élevé avec Phidias, voilà trois des principales acceptions de l'art qui trouvent de glorieux représentants. Dans ces directions fort opposées, les trois maîtres frayent une voie nouvelle.
Myron paraît être l'aîné de ses deux illustres émules. A plusieurs reprises, Pausanias le qualifie d'Athénien ^ ; en réalité il ne l'est qu'à moitié. S'il a son ateher à Athènes, il est à demi Béotien d'origine. Sa ville natale est Eleuthères. Or, cette ville, située au pied des défilés du Cithéron, sur les confins de TAttique et de la Béotie, a fait d'abord