Pausanias, VI, 2, 2; VI, 8, 4 ; VI
MYEON. 463
partie de la confédération béotienne, et c'est la haine de Thèbes qui Fa poussée à se donner à Athènes \ Le nom même de Myron, porté plus tard par un artiste thébain^, semble indiquer que le maître d'Eleuthères n'est pas de pure race attique, et nous devrons nous en souvenir pour comprendre certains caractères de son talent. Sur sa vie, sur tout ce qui constitue la physionomie morale d'un artiste, les sources antiques sont, comme toujours, d'un laconisme désespérant. Elles nous renseignent mal sur sa période d'activité, car Pline fait manifestement erreur en la plaçant vers 420 ^ C'est à ses œuvres qu'il faut s'adresser pour fixer quelques points de repère chronologiques. Une Hécate, exécutée pour les Eginètes, est suivant toute vraisemblance antérieure à 456, date à laquelle Egine perd son indépendance. Peut-être même faut-il remonter plus haut pour ses œuvres de début. Nous savons déjà qu'il a été le rival de Pythagoras de Rhégion. D'autre part, il est fort possible que le poète Simonide ait composé une épigramme funéraire pour le coureur Ladas, dont Myron exécute la statue ^ ; Simonide étant mort vers 467, l'œuvre de Myron serait antérieure à cette date. Enfin, nous pouvons encore mettre à profit ce que nous savons de son fils Lykios, sculpteur comme lui. Vers 422, Lykios est en pleine période de production \ Reportez quarante ans plus haut la date de sa naissance; en 462, Myron peut avoir trente ans. Sans nous dissimuler ce que ces calculs ont d'approximatif, nous placerons volontiers vers 492 la naissance de Myron ; vers 472, le moment où il étudie dans l'atelier d' Agélaïdas, et vers 452, l'époque de sa pleine maturité. Il est donc le contemporain de Phidias, quoique un peu plus âgé, et aussi celui de Polyclète, à quelque vingt ans d'intervalle ^