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CHAPITRE II

§ 1. — KYCÈNES. — L'ACEOPOLE.

A la civilisation toute primitive dont nous avons relevé les traces dans les îles de Farchipel grec, succède chronologiquement celle qui a son centre principal en Argolide. Les fouilles de Schliemann à Mycènes Font fait connaître avec un retentissement que justifiait rimportance de ces découvertes; mais les trouvailles de Mycènes ne sont plus isolées aujourd'hui. A Tirynthe et à Nauplie en Argolide, à Spata et à Ménidi en Attique, à Orchomène en Béotie, à Vaphio en Laconie, on retrouve les vestiges d'une civilisation analogue à celle de Mycènes, et qui s'est propagée dans les pays riverains de la mer Egée, depuis la Thessalie jusque dans la vallée de l'Eurotas. Si nous désignons l'art de cette période par les mots d'art de V époque mycénienne^ c'est faute d'un terme plus précis ; c'est aussi parce que les fouilles de Mycènes nous en ont livré les spécimens les plus abondants et les plus remarquables. Personne ne se méprendra donc sur la valeur de cette expression ; il faut entendre par là les formes d'art qui prévalent en Grèce avant les invasions doriennes.

L'Acropole de Mycènes est un plateau irrégulier, de forme presque triangulaire, qui se détache comme un contrefort de l'un des pics du mont Eubœa, celui que couronne la chapelle du prophète Elie. Elle occupe l'angle resserré que fait avec cette montagne le mont Szara ; la gorge profonde creusée entre les deux pics par la vallée du Chavos en défend le flanc sud; à l'est une croupe étroite la rattache au mont

du Prophète Elie ; vers Tou^st, elle se relie à la colline où s'étageait la ville basse ^ . Située dans une admirable position stratégique, et comme tapie, suivant l'expression homérique, (( dans l'enfoncement d'Argos féconde en chevaux )) (px^ "Apysoç LTûTuoêoTOLo) ^ elle commande tout le nord de la plaine argienne, et les routes de Phlionte, de Cléones et de Corinthe. On a trop souvent décrit, pour que nous y insistions, les murs d'enceinte de l'Acropole, leur énorme appareil, où l'on distingue trois modes de construction différents, les deux portes de la citadelle, celle du nord, et srirtout celle de Fouest, la porte des Lions, dont tous les voyageurs admirent la puissante et massive architecture.

C'est à une faible distance de la porte des Lions, sur le plateau de l'acropole, que Schliemann a découvert, en 1876, cinq tombeaux, auxquels il faut ajouter celui que mirent au jour, dans les années suivantes, les fouilles de la société archéologique d'Athènes ^ Ces tombes étaient entourées d'une double enceinte circulaire, formée de plaques dressées, comme si l'on avait voulu soustraire aux profanations un emplacement consacré par des sépultures. Est-il besoin de rappeler que, pour Schliemann, ces tombeaux sont ceux d'Agamemnon et de ses compagnons, massacrés par Egisthe, ceux-là mêmes que signale Pausanias dans sa description de Mycènes^? Mais s'il est difficile d'admettre que Pausanias ait encore vu en place des sépultures depuis longtemps cachées aux regards, l'hypothèse de Schliemann n'en contient pas moins un fond de vérité. Ces tombes sont bien celles des chefs qui régnaient à Mycènes. Les fouilles de 1886 ont fait découvrir, sous les ruines d'un temple dorique du sixième

1. Voir la carte détaillée dressée par M. Steffen, avec un texte explicatif : Karten von MyJcenai, auf Veranlassung des Jcaiserl. deutsch. arch. Instituts, Berlin, 1884, Dietrich. Eeimer.

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