‹ Histoire de la sculpture grecqueChapitre 25 sur 293 · Odyssée, III · texte numérisé non relu

Odyssée, III

3. Schliemann, Mycènes, traduit de l'anglais par M. J. Girardin, Paris, Hachette 1879. Les fouilles de la société archéologique d'Athènes ont été dirigées d'abord par M. Stamatakis. Elles ont été reprises, depuis 1886, sous la direction de M. Tsountas. Les recherches ont porté sur l'acropole, où l'on a découvert les vestiges d'un palais de la même époque que celui de Tirynthe, et dans la partie de la ville située hors de l'Acropole. M. Tsountas a ouvert, dans toute cette région un grand nombre de tombeaux dont il sera question plus loin. Voir Tsountas, 'EopTjjxeptç àp)(atoXoyixTQ, 1887, p. 155-170, et 1888. p. 119-196. Sur l'ensemble des fouilles de Mycènes, voir Cari Schuchhardt, Schliemann' s Ausgràbungen, Ch. Diehl, Excursions archéologiques en Grèce, Paris, 1890.

4. Pausanias, II, 16, 4. Voir la discussion de Schuchhardt, Schliemann' s Ausgrahungen , p. 189 et suivantes.

24 LES OKIGINES.

OU du septième siècle, les vestiges de leur palais. L'Acropole était réservée à Thabitation des princes mycéniens, qui logeaient avec eux leur suite, leurs serviteurs ; ils y enterraient leurs morts, jusqu'au moment où, l'espace manquant, les sépultures royales furent, comme nous le verrons plus loin, aménagées dans la ville basset

Les tombes de l'Acropole, ou, comme on les appelle quelquefois, les tombes en puits ^ sont de simples fosses creusées dans le roc vif. Les parois latérales étaient revêtues d'une maçonnerie, qui soutenait des poutres garnies de cuivre à leurs extrémités; sur ces poutres posaient les dalles qui fermaient le tombeau, et permettaient de le rouvrir à chaque nouvel ensevelissement; on a en effet trouvé jusqu'à cinq corps dans une même fosse. Quant au désordre apparent des cadavres, où Schliemann croit voir la preuve de l'ensevelissement hâtif des victimes d'Egisthe et de Clytemnestre, il s'explique tout naturellement par la chute des dalles supérieures. Les cadavres, inhumés et non brûlés^, avaient été ensevelis avec un grand luxe de bijoux et d'ornements de parade, tels que couronnes, diadèmes, plastrons, découpés dans de minces feuilles d'or, et fabriqués évidemment pour servir de parure aux morts; la plupart n'ont en effet aucun caractère d'usage. Des plaques d'or estampées avaient été fixées sur les vêtements des femmes, suivant une coutume orientale dont on retrouve la trace dans les monuments grecs de l'époque archaïque ^ Plusieurs cadavres portaient sur le visage des masques d'or, travaillés au repoussé, et reproduisant grossièrement les traits du mort. Il est très légitime de reconnaître ici un usage emprunté à l'Orient* Des masques funéraires en or ont été trouvés en Assyrie et en Phénicie; d'autre part on sait que dès la XVIir dynastie, les Egyptiens pratiquaient la même coutume \ D'une manière générale, les rites de la sépulture diflèrent de ceux que décrivent les poèmes homériques, et aucune nécropole grecque , d'époque postérieure, n'a livré un mobilier funéraire aussi luxueux. Les objets trouvés dans les tombes mycéniennes, et con-

1 . L'usage d'enterrer les morts auprès des habitations était aussi pratiqué par les anciennes populations de l'Attique. Pseudo-Platon, Minosj p. 315, D. De même à Sparte. Cf. Plutarque, Lycurgue^ p. 27.

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