‹ Histoire de la sculpture grecqueChapitre 248 sur 293 · Pline, d'après Varron , Nat. Eist., 34, ô · texte numérisé non relu

Pline, d'après Varron , Nat. Eist., 34, ô

FiG. 251. — Pan, statuette de bronze.

(Cabinet des médailles.)

et la poitrine du Doryphore , ou la musculature est établie par divisions rectangulaires, où les épaules sont égales en largeur au quart de la hauteur totale, la statue nous donne bien, en effet, l'impression d'une structure massive et comme architecturale. Mais cette solidité des proportions est pour ainsi dire corrigée par le rythme des lignes, et ce rythme est déterminé par l'attitude. (( C'est, dit Pline, le propre de Polyclète d'avoir imaginé de faire tenir ses statues sur une seule jambe ^ )). Il suffit d'examiner la silhouette du Doryphore pour comprendre combien cette convention est féconde en résultats : le torse se creuse légèrement du côté droit ; à cette flexion s'oppose la saillie de la hanche que prolonge le ferme contour de la jambe servant de soutien, et ainsi les lignes s'infléchissent, se redressent, se balancent, suivant les modulations les plus harmoniques. Le rythme normal d'une statue debout, dans une attitude tranquille, est définitivement fixé, et cette conquête de Polyclète prendra place dans le patrimoine commun de l'art grec jusqu'au déclin de l'hellénisme. Toutefois, sans rien enlever à la gloire de Polyclète, remarquons que les prédécesseurs immédiats du maître d'Argos lui avaient frayé la voie. Pythagoras de Rhégion cherche déjà les lois du rythme; et d'autre part, la convention qui consiste à faire fléchir une jambe est connue dans les ateliers d'Argos au temps d'Agélaïdas, témoin le bronze de Ligourio reproduit dans un précédent chapitre. A bien des égards, le Doryphore est moins l'oeuvre d'un novateur, que le manifeste brillant d'une école.

La renommée de cette statue célèbre est attestée par une longue série de répliques plus ou moins directes. Au siècle suivant , avant que le canon de Lysippe ait détrôné celui de Polyclète, les artistes s'en inspirent souvent, et trouvent dans le motif du Doryphore le thème d'ingénieuses adaptations. Une statuette de bronze du Cabinet des médailles nous montre le Porte-lance transformé en un jeune Pan aux cornes naissantes, tenant de la main droite la syrinx, et dans la main gauche duquel la lance était sans doute remplacée par le pedum^ bâton à crosse recourbée, qui constitue un des attributs ordinaires des divi-

1. (( Proprium ejus est uno crure ut insistèrent signa excogitasse. )) Pline, ibîd.

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