‹ Histoire de la sculpture grecqueChapitre 249 sur 293 · POLYCLÈTE · texte numérisé non relu

POLYCLÈTE

nités rustiques (fig. 251) \ La tête du Doryphore, si nettement caractérisée par ses proportions un peu lourdes, et par sa chevelure détaillée en boucles collées au crâne, a aussi provoqué bien des imitations". Une des plus remarquables est un buste de bronze du musée de Na-

FiG-. 252. — Buste en bronze du Doryphore par ApoUonios, fils d'Archias. (Musée deNaples.)

pies, en forme d'Hermès, découvert à Herculanum (fig. 252)^; c'est l'œuvre d'un sculpteur athénien contemporain d'Auguste, Apollouios

1. Furtwaengler, Mittlieil. Athen, III, 1878 p. 293, pi. XII.Babelon, Le Cabinet des antiques à la Biliothèque î^aif^o?^aZe, pi. XXII, p. 67-68.

2. Die antilcen Skuîpturen zu Berlin^ n°^ 475, 476, 477, 479. Helbig, Die œffentliclien Sammlungen In BoMj p. 60, no 100.

3. AnticMtà di JErcoIanoj De' Bronzi,I, p. 161, 163. Comparetti et Giulio dePetra. La Villa Ercdanese dei Pisoni, Turin, 1883, pi. 8, l,p. 261.

fils d'Archias. L'artiste semble avoir serré de près le type du modèle ; les cheveux sont traités avec une rare finesse, et si nous ignorons ce qu'ApoUonios y a mis du sien, au moins sa copie nous donne-t-elle, mieux qu'une réplique en marbre, l'idée juste de la perfection technique propre à l'original disparu.

Un mot de Varron, cité par Pline, nous apprend que les statues de Polyclète étaient presque toutes exécutées sur le même modèle \ Peut-être ne faut-il pas prendre ce jugement au pied de la lettre ; tout au moins nous devons croire que cette sorte d'uniformité se remarquait surtout dans les statues viriles de même ordre que le Doryphore, dans les statues d'athlètes vainqueurs, qui fornient une série assez importante de l'œuvre du maître argien. On range sans hésiter dans cette catégorie la statue célèbre qui représentait un jeune athlète attachant autour de son front une bandelette, signe de la victoire, celle que Lucien appelle ce le beau Diadumène" », et qui devait en partie sa renommée au prix de cent talents, environ 600,000 drachmes, dont elle avait été payée "\ De toutes les répliques conservées, aucune, croyonsnous, ne peut inspirer plus de confiance que le Diadumène en marbre trouvé en 1862 dans le midi de la France, à Vaison, et acquis sept ans plus tard par le British Muséum (fig. 253) \ Comparée à un autre marbre du British Muséum, à la statue de l'ancienne collection Farnèse où l'on a longtemps reconnu la meilleure copie du Diadumène^, la statue de Vaison semble beaucoup plus voisine du bronze original. Tandis que le sculpteur de la statue Farnèse a modifié arbitrairement la pose de la jambe gauche, et traité avec un certain maniérisme la tête du jeune athlète, le marbre trouvé en France rend avec exactitude la pose un peu traînante du pied gauche que nous avons observée dans le Doryphore.

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