Lucien, Le Menteur
3. Pline, Nat. Ilist.^ 34-55. c( (Polyclitus) diadumenum fecit molliter juvenem centum talentis nobilitatum.»
4. Les répliques du Diadumène ont été énumérées par M. Miciiaelis, Annali deW Inst.,1878, p. 20; mais la liste s'en est accrue depuis ; nous signalons plus loin les répliques nouvelles. Le Diadumène de Vaison est publié dans les Monumenti inedlti delV Inst.^ vol. X, pi. 49 ; Cf. 0. Rayet, Monuments de l'art antique, I, pi. 30 ; Friederichs-AVolters, Gipsaghûssej n*" 508 .
5. Annali delV Inst., 1878, pi. A, p. 20. Clarac,V, pi. 858 C,2189 A. Cf. Friederichs-Wolters, Gipsahe, n° 509.
POLYCLETE.
Ce détail significatif se retrouve d'ailleurs dans une série de répliques apparentées de très près à la statue de Vaison, et confirme ainsi la sincérité du copiste. C'est d'abord une jolie statuette en bronze, de pur travail grec, ayant appartenu à la collection de Janzé, et acquise par le Cabinet des médailles ^ (fig. Ml) ; c'est encore une statue de marbre, malheureusement mutilée, trouvée en 1882 sur l'Esquilin, et tout à fait semblable, pour les proportions, au marbre de Vaison "• Ce sont enfin des marbres disséminés dans
1. Gazette arch.j III, 1877, pi. 24, p. 138. Annali delV hist., 1878, pi. B. Babelon, Le Cabinet des Antiques, pi. XVI.
2. Petersen, Bullettino deUa commissione arch. di Roma j, 1890, pi. XI-XII, p. 185-193.
M. Petersen cite dans le même article des répliques jusque-là méconnues, conservées dans divers palais de Kome. Sur une tête du Diadumène, qui se trouve au Louvre, voir Eavaisson, Comptes rendus de VA- Fia. 253, — Le Diadumène. Statue en marbre trouvée à Vaison, cad. des Inscr., 22 juin 1888, (British Muséum.)
les collections romaines, et qui attestent la multiplicité des copies faites en Italie. Toutes ces répliques dérivent du même original. D'autres, comme une terre cuite du British Muséum trouvée à Smyrne, nous montrent les proportions modifiées sous l'influence de l'école
de Lj^sippe, mais témoignent de la popularité du Diadumène \ Rappelons enfin qu'une stèle funéraire romaine du Vatican vient encore la confirmer ; pour perpétuer le souvenir du défunt, les parents d'un certain Ti. Octavius Diadumenus n'imaginent rien de mieux que de faire sculpter sur la stèle un bas-relief reproduisant l'oeuvre célèbre de Polyclète ^.
Au dire de Pline, le Diadumène est un jeune homme alliant encore à la vigueur de l'âge viril la grâce de la première jeunesse {molliter juvenis) \ l'écrivain latin semble ainsi l'opposer au Doryphore , plus âgé de quelques années. Si l'on était tenté de trouver cette distinction bien subtile, il suffirait d'invoquer le souvenir du dialogue platonicien où l'ami de Socrate apprécie en fin connaisseur la beauté d'Alcibiade. <( Je t'avoue que l'autre jour, comme je m'amusais à le regarder, il me parut encore bien beau, quoiqu'il soit déjà un homme fait ^ » Quelles différences peuvent apporter dans les formes juvéniles quelques années de plus, et quelle valeur ces nuances prenaient pour des Grecs, habitués à mesurer de
FiG. 254. — Diadamène.
Bronze de l'ancienne collection de Janzé.
(Cabinet des médailles de Paris.)
1. Mttrray, Journal of Hellenic Studles, 1885j pi. LXI, p. f4il. Cf. une pierre gravée représentant le ÎDiadumène, Sidney Colvin^ Ibid.j 1881, p. 352.
2i Helbig, Die œffentl. Sammlungen in Rom, I, n" 131. 3. Platon, Protagoras, p. 309.
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l'œil l'âge et la complexion des athlètes! Aussi, en étudiant de près la statue de Vaison, il est possible de reconnaître à certains indices dans le Diadumène l'aîné du Doryphore ; un fin critique a noté « le torse plus bombé en avant et plus tassé sur luî-roême , des attaches plus sèches et plus nerveuses ^ » Mais, en dépit de ces légères dissemblances, les deux œuvres sont pour ainsi dire jumelles, et le jeune athlète qui s'avance modestement au. milieu du stade, nouant autour de son front la bandelette du vainqueur, est bien de la même famille que l'éphèbe encore novice, si fier de porter allègrement la lourde lance de guerre.
Nous sommes moins bien renseignés sur les autres statues d'athlètes exécutées par Polyclète. Un athlète se frottant avec le strigile présentait sans doute le type repris par Lysippe dans son Apoxyomenos. De la statue du Mantinéen Kyniskos, vainqueur au pugilat des enfants, il ne reste que la base avec la dédicace, retrouvée à Olympie^. Au moins la trace laissée par les trous de scellement nous fait-elle connaître un détail digne d'attention. Le poids du corps portait sur le pied gauche, l'autre étant légèrement ramené en arrière ; et ainsi se trouve confirmée la prédilection de Polyclète pour le rythme qu'il avait mis en honneur. L'image de Kyniskos était celle d'un adolescent. On cède donc volontiers à la tentation d'en rapprocher une charmante statue du British Muséum, un jeune garçon aux formes élégantes et encore un peu grêles, inclinant la tête avec modestie, et relevant le bras droit, sans doute pour approcher de son front la bandelette du vainqueur (fig. 255).^ C'est une œuvre du meilleur style, offrant tous les caractères de l'art polyclétéen, et digne de prendre place à côté du Diadumène.
Depuis les fouilles d'Olympie, il faut restreindre le chiffre des statues d'athlètes qu'on attribuait autrefois à Polyclète l'ancien. Une série de bases, portant la signature de Polyclète le jeune, prouvent que les statues des Olympioniques Xénoklès de Ménale, Pythoklès d'Aléa,