‹ Histoire de la sculpture grecqueChapitre 259 sur 293 · Luaieiï, Le Songe,S · texte numérisé non relu

Luaieiï, Le Songe,S

il le cite parmi ces maîtres que les connaisseurs enthousiastes (( adorent à régal des dieux » dont ils ont créé les vivantes images \ Cicéron et Quintilien ne lui marchandent pas les éloges, et c'est, dans l'antiquité, un lieu commun que de proclamer le sculpteur d'Argos le maître de Fart du bronze, comme Phidias est le modèle de ceux qui manient le ciseau du sculpteur sur marbre.

A côté de ces appréciations un peu générales, voici des jugements plus précis, mieux motivés, et par là-même précieux à recueillir. Les écrivains anciens sont unanimes à louer en lui la perfection de la technique; il' est passé maître dans la science de la fonte ^, et les statues qu'il coule en bronze éginétique sont sans rivales pour le fini de l'exécution. Au dire de Pline, il n'y a rien de plus achevé (absolutncs) que ses Canéphores ; il l'emporte sur tous les sculpteurs pour le soin du travail {diligentia) : on le compare à Isocrate, ce patient et curieux ouvrier de style ^ Ce sont là des mérites dont nous sentons toute la portée sans pouvoir en juger, cardes copies enmarbre ne sauraient nous révéler ce qu'il y a de plus personnel dans la manière d'un artiste, l'accent original, la touche délicate et fine, les imperceptibles nuances de modelé que poursuit le sculpteur, ajoutant ici du bout du doigt un peu de terre au modèle destiné à la fonte, en enlevant ailleurs, pour donner à son œuvre le dernier fini. On prêtait à Polyclète un mot qui traduit à merveille ses préoccupations d'artiste épris de perfection : c( Le moment où le travail est le plus difficile, c'est celui où la terre vous entre sous les ongles » \

Cette admirable habileté de praticien, Polyclète la met au service d'une très haute conception de l'art. Théoricien autant qu'artiste, il s'attache à la solution raisonnée des problèmes les plus ardus de l'esthétique et cherche dans la loi des nombres une règle des proportions. Mais ce génie réfléchi ne se laisse pas emporter par les rêveries audacieuses d'une imagination fougueuse. L'œuvre qui nous apparaît comme la

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