‹ Histoire de la sculpture grecqueChapitre 269 sur 293 · Historia nova^ V · texte numérisé non relu

Historia nova^ V

chargé de recouvrir le bouclier de reliefs en bronze, dessinés par le peintre Parrhasios, et représentant nne Centauromacliie\ Mais on ne saurait invoquer ce fait pour ranger la Promachos parmi les dernière œuvres du maître. Tout semble indiquer au contraire qu'elle date de l'époque de Cimon, et qu'elle est antérieure à la mort du grand homme d'État, survenue en 449. C'est le butin de Marathon qui en fait les frais ^ ; c'est l'Athènes de Cimon qu'elle protège du haut de son piédestal, en attendant que Périclès lui donne, par la main du même artiste, une glorieuse rivale, l'Athéna Parthénos.

L'année 448, que Pline signale comme le moment où Phidias est à l'apogée de sa réputation^, marque dans sa carrière par l'achèvement d'une oeuvre importante. Mais laquelle? On ne peut songer aux travaux entrepris sous le gouvernement de Périclès. Reste donc la statue qui compte avec la Parthénos parmi les chefs-d'œuvre du maître, c'est-àdire le Zeus d'or et d'ivoire exécuté pour le grand temple d'Olympie. Le placer à cette date, c'est se prononcer d'avance sur une question très obscure et très controversée, celle de l'époque de la mort de Phidias ; c'est faire son choix entre deux traditions absolument contradictoires, dont l'une fait mourir Phidias vers 438, après la dédicace de l'Athéna Parthénos, et au cours du procès qui la suit de près, tandis que l'autre le montre se réfugiant en Elide après 438, pour y faire la statue commandée par les Eléens. Nous examinerons plus loin la valeur de ces deux traditions ; mais dès à présent, nous croyons pouvoir souscrire aux arguments développés par M. G. Loeschcke \ et placer en 448 la dédicace du Zeus d'Olympie. Eeportons-nous d'ailleurs à la date de 467 que nous avons accep|ée pour l'achèvement du gros œuvre du temple. L'hypothèse la plus plausible n'estelle pas celle qui laisse le moins d'intervalle entre ce moment et la consécration de la statue? Ajoutez que les fêtes de la 83^ olympiade

1. Pausanias, I, 28, 2. M. Wernicke a proposé d'attribuer ces relief s non pas au toreuticien célèbre qui vivait au commencement du quatrième siècle, mais à un artiste du même nom, peut-être le grand'père de celui-ci, Sitzungsh, der arch. GeseîlscJiaft, Jahrhuch. des arch. Inst., 1890, p. 59.

2. Elle est appelée xô àva^pia xô MapaÔwvdeev. Aristide, Orat.j éd. Dindorf, II, p. 288. Cf. E. Curtins, Dîe StadtgescMcTite von Athen, Berlin, 1891^ p. 133.

3. Pline, Nat. Hist., 34. 49. C( Floruit autem (Phidias) olympiade LXXXIII, circiter CGC nostrae urbisanno. »

. 4. G-. Loeschcke, Phidias Tod.

tombent précisément dans Tété de cette même année 448 ; c'était donc une occasion toute naturelle d'inaugurer, devant la Grèce assemblée, la statue qui resplendissait au fond du sanctuaire.

Si ces conclusions sont justes, Phidias arrive à Olympie vers 451, déjà célèbre, et désigné au choix des Eléens par ses travaux de Delphes et d'Athènes. Pour mener à bonne fin l'oeuvre colossale dont il acceptait l'entreprise, il amenait avec lui, dans la vallée de l'Alphée, des collaborateurs exercés. C'était d'abord son frère, le peintre Panainos, qui devait concourir à la décoration de la statue et des accessoires ; c'était encore Colotès, un de ses disciples de prédilection, habile toreuticien, rompu à la pratique de tous les arts du métal. Pline lui attribue une part de collaboration dans la statue du Zeus Olympien \ et c'est pendant son séjour en Ehde qu'il exécute un chef-d'œuvre de marqueterie, à savoir la table d'ivoire incrustée d'or, placée dans l'Héraion, où les Olympioniques déposaient à titre d'offrande la couronne d'olivier reçue en prix^ Ainsi secondé, étabh dans le vaste ateHer que l'on montrait encore longtemps après sa mort aux visiteurs d' Olympie, le maître athénien pouvait à loisir réaliser l'œuvre où l'antiquité reconnaissait le type le plus achevé du souverain des dieux.

La statue du temple d' Olympie était colossale. En lui donnant l'attitude assise, Phidias avait pu en augmenter les proportions ; suivant le mot de Strabon, si elle s'était développée dans toute sa hauteur, elle aurait emporté la toiture du temple ^ Les écrivains anciens ne s'accordent pas sur les dimensions. Pausanias se borne à dire avec dédain qu'il ne louera pas ceux qui en ont écrit les mesures ^^. Les uns parlent en effet de 60 pieds, les autres de 100 ; quelques-uns même, renchérissant encore, vont jusqu'à lui attribuer une hauteur de 150 coudées, soit à peu près 89 mètres^. La fantaisie se donnait libre carrière à propos de cette statue, que l'antiquité comptait au nombre des sept merveilles du monde, et les compilateurs n'étaient pas

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