‹ Histoire de la sculpture grecqueChapitre 270 sur 293 · Voir Overbeck, Schriftqueîlenj n^s · texte numérisé non relu

Voir Overbeck, Schriftqueîlenj n^s

gens à s'étonner des chiffres les plus exagérés. Des calculs plus modérés prêtent à la statue avec sa base une hauteur d'environ 14 mètres \ ce qui justifie amplement le caractère colossal de l'œuvre de Phidias. La statue était placée dans la partie la plus reculée de la cella, et, en avant de la base, le sol était pavé de marbre noir ; on y répandait constamment de l'huile pour empêcher les émanations marécageuses de l'Alphée de ternir et d'altérer les parties exécutées en ivoire. Un voile, strictement baissé, la séparait du reste du temple. Au second siècle avant notre ère, le roi de Syrie, Antiochus IV, fit présent au sanctuaire d'un tapis de laine très riche destiné à cet usage ; on a quelque raison de croire que c'était le voile du Saint des Saints du temple de Jérusalem. Antiochus put en effet s'en emparer après la prise de la ville en 168, et en faire hommage au Zeus d'01ympie^ Quelques lignes de Pausanias nous renseignent sur le type que Phidias avait prêté au dieu ^ Zeus était assis sur un trône, la tête ceinte d'une couronne d'or imitant le feuillage de l'olivier, ce De la main droite, il porte une Victoire faite, elle aussi, d'ivoire et d'or : elle tient une bandelette, et une couronne est posée sur sa tête. Dans la main gauche du dieu est un sceptre, incrusté de toutes sortes de métaux ; sur le sceptre est posé un aigle. Les chaussures du dieu sont également en or, ainsi que son manteau, sur lequel sont représentées des figures et des fleurs de lis ». Cette description sommaire est loin de satisfaire notre curiosité, et laisse place à bien des incertitudes^. Tout d'abord, quel parti avait adopté Phidias dans la répartition de l'or et de l'ivoire? Le corps était-il entièrement vêtu, ou bien le manteau jeté sur une épaule laissait-il à découvert toute la poitrine du dieu, c'est-à-dire une large étendue d'ivoire d'un seul tenant, à laquelle s'opposaient les plis d'or de l'himation émaillés de couleurs diverses? Les monnaies d'Élis, frappées sous Hadrien, qui restent pour nous

1. Brunn, Annali, 1851. Petersen, Die Kunst des Pheidias, am Partlienon und zu Olympia, Berlin, 1873, p. 350.

2. Clermont-G-anneaii, The veîl qf iJie temple of Jérusalem at Olympia dans Palestine Exploration Fund, avril 1878, p. 79.

Page 1