Overbeck, ouvrage cité, 1. 1, p
les \ )) La statue du maître athénien était en effet plus qu'une parfaite œuvre d'art; elle éveillait une puissante émotion religieuse. Tite-Live s'accorde avec Polybe pour rapporter que lorsque Paul-Emile visita Olympie et pénétra dans le temple, il crut voir le dieu lui-même, et que le Romain offrit à Zeus un sacrifice plus considérable que d'habitude ^. Suivant Quintilien, la beauté de la statue semblait avoir ajouté quelque chose àla religion, tant la majesté de l'œuvre égalait celle de la divinité\ A défaut de renseignements plus précis, ces témoignages ont encore leur valeur, en nous faisant connaître de quelle haute conception s'était inspiré le génie original et créateur de l'artiste. Répudiant tous les modèles que pouvait lui offrir l'art de ses devanciers, Phidias n'avait consulté que sa propre pensée, se guidant, suivant le mot bien connu de Cicéron, d'après un idéal de beauté qui résidait dans son esprit \ Ainsi, par son attitude majestueuse, par la sérénité bienveillante dont ses traits étaient empreints, le Zeus d'Olympie réahsait pour la première fois l'expression parfaite de la toute-puissance divine et de la souveraine bonté qui en est l'attribut.
Nous ignorons dans quelles circonstances a péri le chef-d'œuvre de Phidias. Environ soixante ans après la consécration du temple, les plaques d'ivoire commencèrent à se disjoindre. Les Eléens durent charger un sculpteur messénien, Damophon, de procéder à une restauration complète. Toutefois la statue était encore en place, lorsque Caligula essaya vainement de la faire enlever pour la transporter à Rome. La légende disait quels prodiges avaient empêché la réussite de l'opération : le dieu poussa un éclat de rire qui mit en fuite les ouvriers ; un coup de foudre fit sombrer le vaisseau destiné au transport ^. Suivant un écrivain byzantin, le Zeus aurait été amené à Constantinople, et placé dans le palais de Lausos, où il aurait disparu dans un incendie dans l'année 475 de notre ère. Mais on a peine à croire que la statue ait survécu à l'incendie du temple, ordonné en 408 par l'édit de Théodose IL