‹ Histoire de la sculpture grecqueChapitre 281 sur 293 · Scbreiber, Die Athena Farthenos^ pi. IV · texte numérisé non relu

Scbreiber, Die Athena Farthenos^ pi. IV

3. La meilleure reproduction a été donnée dans le Jahrbuch des arch. Inst.j 1888, pi. 10, n^ 10, article de Furtwaengler.

est formé de trois aigrettes, celle du milieu supportée par un sphinx, les deux autres, plus basses, soutenues par les Pégases ailés que reproduit la statue trouvée près du Varvakéion. Les garde-joues, relevés, sont décorés de griffons en relief, et au-dessus de la visière prend place une rangée de chevaux lancés au galop, qui se retrouve sur les monnaies attiques représentant la tête de la Parthénos (fig. 278). On a parfois condamné, au nom du bon goût, cette surcharge d'ornements, qui semble incompatible avec la sobriété d'un art aussi parfait que celui de Phidias.

Mais n'était-elle pas comme imposée par les énormes dimensions de la statue? Imagine-t-on Teffet maigre et pauvre qu'aurait produit à plus de 12 mètres audessus du sol, une ornementation trop mesquine? Il faut faire taire nos préjugés, et reconnaître qu'en inultipliant les détails sur le casque d'Athéna, en accusant énergiquement par la saillie des figures en relief les ombres et les lumières, Phidias - se préoccupait à bon droit des conditions où la statue devait être vue, sous la lumière de l'hypèthre du Parthénon. S'il restait quelques doutes, ils seraient dissipés par la comparaison de la gemme d'Aspasios avec des médaillons d'or du musée de l'Ermitage, à Saint- Pétersbourg (fig. 275)*. Ces médaillons, qui servaient de pendeloques à un diadème, ont été trouvés dans le tumulas de Koul-

FiG. 275. — Kédaillon d'or trouvé à Koul-Oba. (Musée de l'Ermitage à Saint-Pétersbourg.)

1. Kieseritzky, Mittheil. Atlien, VTII, 188/ p. 219-315, pi. XV.

Oba, en Crimée, et sont sans aucun doute de fabrication athénienne. Nous y retrouvons tous les détails connus par la pierre gravée de Vienne, le sphinx, les Pégases, les griffons sur les garde-joues, et au-dessus de la visière une rangée d'animaux où M. Kieseritzky

reconnaît des griffons et des biches. Voici enfin les mêmes ornements du casque dans une nouvelle copie de la tête de la Parthénos, un joli marbre de Tépoque impériale, trouvé en 1885 à Rome, sur remplacement des jardins de Salluste. et qui de la collection Kauffmann a passé au musée de Berlin (fig. 276 )^ Ce qui fait surtout l'intérêt de cette tête, c'est la polychromie dont elle conserve des traces très apparentes. Le timbre du casque recouvert d'un ton jaune, le rebord du couvrenuque et la visière noirs avec des rehauts d'or, l'iris des yeux peint en brun sombre, tandis que les chairs gardent le ton du marbre, tout cela atteste une curieuse préoccupation d'imiter le mélange de couleurs d'une statue chryséléphantine. Toutefois nous avons peine à croire que le copiste ait poussé le scrupule jusqu'à respecter fidèlement les traits de l'original. Ce visage fin et im peu mièvre est traité dans le

Fig. 276. — Tête polychrome d'Athéna Parthénos,

trouvée à Rome. (Musée de Berlin.)

D'après les Antihe DenJcmaelerj I, 1886, pi. 3.

1. Antihe Denhmaéler^ I, pi. 3. BescTireibung der antilcen Shulptarenj Berlin, 1891, p. 39, n^ 76 A.

goût de l'époque gréco-romaine, et pour connaître le type de la statue de Phidias, nous nous adresserions avec plus de confiance à la gemme d'Aspasios. De grands yeux baissés, un nez droit, un menton un peu fort et carré, une grande expression de pudeur et de grâce tranquille,

FiG. 277. — Bouclier Straugford (British Muséum).

voilà, croyons-nous, les traits qui composaient le type à la fois robuste et virginal de la Parthénos.

Restent les accessoires. Pour les bas-reliefs du bouclier, qui représentaient le combat des Athéniens et des Amazones, avec un gorgonéion au centre, nous sommes réduits aux indications assez sommaires fournies par la statuette Lenormant, et par un bouclier de marbre de Tancienne collection Strangford, appartenant au British Muséum (fig. 277) \ Ces documents nous montrent que Phidias avait

1. Voir A. Conze, Die Athenasstatue des Phidias îm PartJienon. Signalons encore un fragment debou-

SCULPTFRE GRECQUE. — T. I. 69

adopté un parti bien différent de la décoration par zones chère aux anciens toreuticiens grecs, et couvert la surface du bouclier de figures disposées sur plusieurs plans. Mallieureusement des copies si réduites nous renseignent mal sur Tenseinble de la composition. Nous reconnaissons seulement sur le bouclier Strangford les deux figures que les exégètes du Parthénon montraient aux visiteurs comme les portraits de Phidias et de Périclès. Suivant la tradition recueillie par Plutarque, Phidias s'était représenté lui-même parmi les combattants, (( sous les traits d'un vieillard chauve qui élève une grosse pierre de ses deux mains ; )) la description est assez exacte pour qu'on désigne sans hésiter ce personnage parmi les figures du bas-relief de Londres. Quant au portrait de Périclès, il était moins apparent, ce Dans cette dernière figure, la main lançant le javelot était placée avec tant d'habileté, qu'elle cachait une partie du visage; mais on en voyait assez des deux côtés pour que la ressemblance fût évidente ^ ». Cette hardiesse, ajoute l'écrivain grec, aurait donné lieu aune accusation d'impiété portée contre le sculpteur.

Outre le bouclier, la déesse tenait la lance de la main gauche, comme on le voit sur les monnaies d'Athènes ^. La main droite, étendue en avant, soutenait une Victoire haute de quatre coudées, c'est-à-dire de grandeur naturelle; on sait encore par les monnaies que la Victoire était tournée vers Athéna, et non pas posée de trois quarts, comme dans la statue découverte près du Varvakéion. Mais l'examen de ce dernier monument soulève une question fort déHcate. Ici, la Victoire est supportée par une colonnette qui soutient la main de la déesse. Un support analogue existait-il dans l'original? Si la statue d'Athènes était seule à le reproduire, on pourrait mettre l'invention au compte du copiste ; mais la colonnette figure également

clier conservé au Vatican (Michaelis , i)e7' Parthénon, pi. 15, fig. 35) et le fragment du Capitole publié par M. Schreiber {Die Athena ParthenoSj pi. III, E. 3).

1. Plutarque, Vie de Périclès j 31. Il est bien probable que la figure où l'on reconnaît Phidias était en effet un portrait. M. Conze remarque qu'elle a un caractère individuel très marqué. QArch. Zeitung, 1865, p. 33.) Ajoutez, comme le fait observer M. Loeschcke (^Phidias Tod, p. 31-32) que ce personnage

n'est pas armé, mais porte la tunique (exomis) qui est le costume de travail. Nous ne possédons d'ailleurs aucun portrait authentique de Phidias. M. Kroker a essayé de démontrer qu'un buste de personnage chauve, conservé au Vatican, représente Eschyle et non pas Phidias. (^Berliner pMlologische WochenscTirift, 1885, n^* 29 et 30).

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