Lucien, Dialogue des Portraits
2. Pausanias, I, 28, 2. Cf. Pline, Nat. Hist.j 34, 54. ce Kinervam tam eximiae pulchritudinis, ut formae cognomen acceperit. »
3. Nuove Memorie delV Inst. di corresp. archeologica, p. 34, pi. 3 b.
4. Studniczka, Vermutungen zii griechischen KunstgeschicJite, Vienne, 1884, p. 5-17. Il n'est pas certain qu'une inscription de Néa-Paphos, mentionnant une copie d' Athéna de Phidias, se rapporte à la Lemnienne ;Xoewy, Insckr. griech. Biîdhauer^ p. 363.
5. Tzetzès, CMLj VIII, 193, et Fpistolae, 77, p. 97 de l'édition Pressel. Pour la critique du texte de Tzetzès, voir R. Forster, Allcamenes und die Giebelcompositionen des Zeustempels in Olyinpiaj Rhein. Muséum^ 1883, p. 421 et suivantes.
les autres statues de divinités, nous avons déjà signalé l'Aphrodite Ourania d'Athènes. Il faut sans doute reporter à l'époque du séjour de Phidias à Olympie une nouvelle statue d'Aphrodite, en or et en ivoire, faite pour un temple d'Élis, et auprès de laquelle prit place l'Aphrodite Epitragia de Scopas. La statue de Phidias représentait l'Aphrodite céleste, et avait un pied posé sur une tortue ^ c'était, au dire de Plutarque, le symbole de la vie sédentaire et silencieuse qui convient aux femmes. Nous ignorons si l'Aphrodite de marbre^ signalée par Pline, et qui se trouvait à Rome, était une copie de l'une de ces deux statues, ou une oeuvre originale de Phidias.
On ne connaît du maître athénien qu'une seule statue d'athlète. C'est sans doute pendant son séjour à Olympie qu'il avait exécuté la statue en bronze d'un jeune vainqueur nouant une bandelette autour de sa tête. Elle était consacrée dans l'Altis ; mais c'est à tort qu'on l'a parfois confondue avec celle de l'Eléen Pantarkès, vainqueur à Olympie en 436, et dont la liaison avec Phidias est connue. Il est plus probable que la statue faite pour Pantarkès, après 436, reproduisait le type du Diadumène représenté par Phidias sur la base du trône de Zeus, et qu'elle est bien postérieure au séjour de Phidias à Olympie. Nous aurons complété la Kste des œuvres connues par les textes en signalant deux statues de bronze et un colosse nu consacré par Paul- Emile, à Rome, dans le temple de la Fortune. Ces statues étaientelles réellement de Phidias? Le doute est permis, si l'on songe que l'antiquité n'éprouvait aucun scrupule à augmenter encore son œuvre déjà si riche. Ainsi des témoignages plus que suspects lui attribuent un Zeus qu'on voyait à Constantinople, une Héra et un Héraclès nettoyant les étables d'Augias. On reconnaissait volontiers sa main dans les ouvrages de ses élèves, témoin l' Athéna d'Elis, fai!e par Colotès ; témoin encore la Déméter du Métroôn d'Athènes et la Némésis de Rhamnonte, exécutées par un de ses élèves de prédilection, Agoracrite de Paros. Rappelons enfin, parmi les œuvres faussement attribuées au grand sculpteur, une des deux statues colossales qui avaient décoré l'entrée des Thermes de Constantin, et se voient encore aujourd'hui à Rome, sur la place de Monte-Cavallo, où elles ont été placées en 1589 par l'ordre de Sixte V. On sait qu'elles représentent les Dioscures au-
près de leurs chevaux, et que l'une d'elles est désignée par une inscription comme étant F œuvre de Phidias (OPVS PHIDIAE), tandis que l'autre porte le nom de Praxitèle (OPVS PRAXITELIS). Mais les inscriptions primitives, dont celles qu'on lit aujourd'hui sur les piédestaux sont des copies modernes, ne remontent pas plus haut que le quatrième siècle de notre ère, ce qui en diminue singulièrement la valeur. Quant aux statues, ce sont des répliques antiques d'originaux en bronze, postérieurs à Lysippe, et ces signatures apocryphes prouvent seulement combien le nom de Phidias était resté populaire sous l'Empire \
On sait déjà combien sont confuses et contradictoires les traditions relatives aux dernières années de la vie de Phidias, au procès qui suit l'achèvement de la Parthénos, enfin à la mort du grand maître. L'érudition moderne s'est maintes fois attaquée à ce difficile problème, sans que les solutions proposées s'accordent entre elles ^. Ce n'est pas ici le heu de procéder à un examen critique des textes. Nous nous bornerons à résumer brièvement la question.
Il paraît certain que les travaux du Parthénon donnèrent lieu, après 438, à une accusation judiciaire dirigée contre Phidias, à l'instigation des ennemis de Périclès. Dans sa comédie de la Paix^ représentée en 421, Aristophane fait une rapide allusion à ces événements et laisse entendre que le procès de Phidias fut une des causes de la guerre du Péloponnèse. Voici les paroles qu'il prête à Hermès, s'adressant au chœur composé d'Athéniens. (( Le malheur de Phidias porta la première atteinte à la paix ; ensuite Périclès craignant de partager cette mauvaise fortune, et redoutant la mobilité de votre humeur, mit la ville en feu pour éviter d'être frappé lui-même )) ^ On retrouve ici l'écho des accusations passionnées dont Périclès était l'objet au début de la guerre ;
1. Sur l'histoire des inscriptions, yoîïi'Loq-wj, Inscliriften griec7i.Bildhauer, no494.A ces statues reste attaché le souvenir d'une curieuse légende du moyen âge, qui fait de Phidias et de Praxitèle deux philosophes, vivant au temps de l'empereur Tibère. Mlrabilia Urbis Bomae, éd.Parthey, 1869, p. 34.
2. Voir en particulier, Sauppe, Goettinger Naclirichten 1887, 173. Petersen, Arch. Zeitmiff, 1867, p. 22. E. Curtius, ihid., p. 194. Brunn^ Berichte der bayer. Ahademie der Wissenschaften, 1878, p. 460. Miiller- Strabing, Die Légende vom Tode des Pheidias {Jahrbûcher fiir classische Philologie^ 1882, p. 289 et suivantes, Loeschcke Phidias Tod, dans les Historiche Tinter suchung en dédiées à Arnold Schsefer, 1883, p. 25-46. E. Schoell, Sltzungsberichte der bayer. Ahademie, 1888, I.
3. Aristophane, La Paix, vers 603 et suivants. Les termes dont se sert le poète à propos du procès de Phidias sont fort vagues. ((.... <ï)£iôia; Trcà^a; xa-/w;... ))
c'était, affirmait- on, pour sortir d'embarras, qu'il avait engagé la lutte au dehors ; accusé, lui aussi, de détournements, obligé de justifier de l'emploi des fonds publics, il avait provoqué la guerre, et, suivant l'énergique expression d'Aristophane, (( allumé un tel incendie que la fumée fit pleurer les yeux de tous les Grecs ».
Mais quel est au juste ce C( malheur de Phidias )) dont parle le poète comique? Pour l'expliquer, le scholiaste d'Aristophane se fonde sur le témoignage de l'historien Philochore, qui écrit un siècle après les événements ^ Voici les faits. Après la consécration de la Parthénos, Phidias est accusé d'avoir dérobé une partie de l'or et de l'ivoire destinés à la statue. Mis en jugement, il s'enfuit en Elide, et y entreprend la statue du Zeus Olympien; l'œuvre terminée, il est mis à mort par les Bléens. Faut-il relever toutes les invraisemblances que contient le récit de Philochore? la fuite de Phidias, l'étrange conduite des Éléens qui confient à un artiste accusé de vol les matériaux précieux d'une nouvelle statue chryséléphantine, enfin la mort de Phidias ordonnée par les Eléens, quand nous savons au contraire que sa mémoire est honorée à Olympie, que ses descendants y occupent des fonctions héréditaires et qu'en qualité de cpai^puv-ai, ils doivent prendre soin de la statue de Zeus, la nettoyer, et accomplir certains sacrifices ^. Toutes ces incohérences ne laissent pas d'être suspectes, et l'on ne peut résoudre, le problème qu'en faisant au texte du scholiaste des corrections radicales \ Pour nous, nous avons écarté d'avance cette version, en plaçant beaucoup plus tôt, c'est-à-dire avant 448, l'exécution du Zeus Olympien.
Une autre tradition, suivie par Plutarque, est empruntée à l'historien Ephore \ Les ennemis de Périclès s'attaquent d'abord à Phidias, (( pour