Voir Mure, Rheinische Muséum, 1838, p
3. Voir Helbig, Das homzrische JEjpoSj Exhurs II, Uber die Metallheldeidung der Wàndcj p. 433-
4. Taylor, Journal of tJie rotjal Asiatic Society j XV, p. 407. Cf. Perrot et Chipiez, II, p. 312-313.
5. Fr. Lenormant, Manuel d^ Histoire ancienne de V Orient j II, p. 233.
SCTJLPTURE GRECQUE. — T. I. 6
Si les Égyptiens et les Phéniciens ont pratiqué le même système, peut-être est-ce à Timitation de la Chaldée ; c'est une opinion très vraisemblable que de placer dans la Mésopotamie le centre industriel d'où cette technique s'est propagée dans tout le monde oriental. Lorsque les poèmes homériques décrivent les murs de bronze [yj/X%zr^i toî/ol) du palais d'Alkinoos, et le mégaron de Ménélas tout resplendissant de bronze, d'or et d'électron, ce n'est donc pas une pure fiction ; le poète avait pu voir, dans les villes asiatiques, des édifices ainsi décorés.
Fia. 19. — Plafond sculpté de la chambre funéraire du tombeau à coupole d'Orchomène.
A Orchomène, dans le tombeau vulgairement appelé le trésor de Minyas \ la part de la décoration métallique se réduisait à des rosaces de bronze fixées sur les assises de la coupole ; mais le plafond sculpté de la chambre funéraire nous offre un remarquable exemple du style composite qui associe la spirale aux ornements végétaux (fig.l9) ^ Nous y retrouvons la rosace, qui dès le seizième siècle, caractérise le style décoratif de la Phénicie; en outre, sur les dalles sculptées apparaît un dessin fort élégant, qui comporte des spirales et de larges fleurs flabelHformes, occupant les angles des spirales. Chose curieuse.
1. Schliemann, Orchovienos. Cf. Adler dans Tirynthe, loc. cit.
2. Une restauration du plafond sculpté d'Orchomène a été publiée par M. Schliemann, op. L, pi. I, II. Cf. Journal of HelUnic Studies, 1881, vol. II, I, pi. XII, XIII.
le même motif est figuré sur des plafonds égyptiens de la nécropole de Thèbes \ et Ton a pu se demander si, en Egypte comme en Grèce, ce style très particulier n'est pas dû à l'imitation de l'industrie phénicienne ^ Les Phéniciens ont-ils, les premiers, inventé cette combinaison du décor métallique et des éléments empruntés au règne végétal? L'ont-ils enseignée à l'art égyptien, à une date où celui-ci était ouvert aux influences étrangères? Et le sculpteur d'Orchomène a-t-il pris de son côté pour modèle quelque tapis phénicien, dont il aurait transporté sur la pierre les dessins si riches et si réguliers à la fois? L'hypothèse est tout au moins fort plausible.
Les tombeaux à coupole nous ont montré le développement d'un style décoratif dont nous avons reconnu les éléments dans les objets provenant des sépultures de l'acropole. Si Ton examine le mobilier funéraire des sépultures de cette période, l'art industriel accuse un progrès aussi marqué. Les vases témoignent d'une technique plus avancée; ils appartiennent à ce qu'on peut appeler le second et le troisième style de Mycènes ^ Pour la décoration des bijoux, des ivoires, des pâtes de verre, on n'a pas renoncé aux motifs marins et végétaux, non plus qu'à la spirale et à la rosace \ En même temps, les artistes ne cessent d'enrichir leur répertoire par des emprunts nouveaux faits à l'Egypte et à l'Asie.
Parmi les monuments de l'art industriel, les ivoires sculptés forment une classe importante. Qu'ils proviennent des tombes les plus récentes de Mycènes, de Spata ou de Ménidi, ces ivoires portent l'empreinte très accusée de Fart de la Syrie du Nord et de l'Egypte. Quelques-uns des motifs qui les décorent nous sont déjà connus. Voici, sur un ivoire de Mycènes, le griffon au bec d'aigle, aux ailes éployées, tel qu'il apparaît dans les monuments égyptiens du nouvel Empire (fig. 20) \
1 . Prisse d'Avennes, Hlst. de Vart égyptien, Atlas I, Plafonds , guillocMs et méandres. Nécropole de Thèbesj XVJI^-XX dynasties.