Cf. Lœschcke et Furtwaengler, Mylcmische Vasen, p. xiil
8. ^E'^y][L. àçiy^.^ 1887, pi. 13, n^ 21. Schuchhardt, ouvr. citéj p. 328. On a aussi trouvé dans un tombeau de la basse ville un cartouche avec le nom d'Aménophis III.
4. 'EcpTijjL. àç>y., 1888, p. 156. Cf. Winter, Sîtzungsher. der arcJi. Gesellschaft. (Jalirb. des arch. Inst. VI, 1891, Arch. Anzeiger, p. 37-38).
Pétrie a découvert une nécropole contenant des vases de style mycénien; or cette nécropole est contemporaine de la fin de la XVIII° dynastie égyptienne, et du commencement de la XIX^ \ Il est donc légitime d'affirmer que la civilisation mycénienne est antérieure aux invasions doriennes, c'est-à-dire à 1104, si l'on suit la chronologie d'Eratosthènes; elle s'étend du quinzième au douzième siècle avant notre ère ^.
Il est très difficile de déterminer exactement l'époque où disparaît la culture mycénienne, et les causes de cette disparition. L'arrivée des Doriens, qui met fin à la puissance achéenne, a certainemxcnt provoqué en Argolide de graves bouleversements politiques et commerciaux ; tous les archéologues sont d'accord pour y reconnaître une des causes capitales de l'arrêt de développement qui se produit alors. On sait déjà que les traditions grecques placent cet événement vers 1104. Mais même en acceptant cette date, en admettant que les Grecs ne l'ont pas reculée outre mesure, nous avons peine à croire que l'invasion dorienne ait eu pour résultat immédiat l'anéantissement de la culture mycénienne. La prise de possession du Péloponnèse par les Doriens s'est effectuée lentement; il n'y a pas eu, devant les nouveaux arrivants, une émigration en masse des anciens habitants ; en 800, la ville d' Amyclse est encore achéenne, quand les Spartiates s'en emparent, sous la conduite de Téléklos ^ Une partie au moins de la population indigène a dû continuer à exercer son industrie, sous la domination des Doriens. Et, de fait, à côté des vases du style récent de Mycènes, on trouve des poteries à décor géométrique, du style du Dipylon, qui sont déjà contemporaines de la conquête dorienne. Les fouilles récentes
1. Flinders Pétrie, Kahun^ Gurob and Haioara, Londres, 1890. Cf. Winter, Arch. Anzeig. 1891, p. 38. On sait que des vases du style mycénien avaient déjà été trouvés en Egypte. Voir Lœschcke et Furtwaengler, ouvr. cité, p. 31.
2. Rappelons les dates qui ont été proposées jusqu'ici pour les tombeaux de Mycènes. M. Dumont les place au treizième ou au douzième siècle (^Céramiques de la Gr.proprej I, p. 15) ; MM. Koehler et Newton leur assignent comme date le douzième ou le onzième siècle (Mittheil. Atheuj VII, 249 et suiv. Essays on Art and Arch., p. 284). Pour M. Helbig, ils sont du dernier quart de la période qui va de Tan 2000 à 1000 av. J. C. {Das homer. Epos, 2» éd., p. 71). Nous signalons seulement pour mémoire la théorie de M. Busolt, qui place la civilisation de Mycènes au temps des rois doriens d'Argos, c'est-àdire après les invasions doriennes QGinech, Gesckidife, I, p. 83-86). Cf. Eamsay, Journal of Hellen. Studies, 1888, p. 370.
3. Pausanias, III, 2-6. On connaît le mot du roi de Sparte, Cléomène, répondant à la prêtresse d'Athéna Poliade : (f Je ne suis pas Dorien, mais Achéen. y> Hérodote, V, 72.
tendent à confirmer de plus en plus l'existence de cette période de transition, qui a peut-être duré jusqu'au neuvième siècle. A la suite des luttes politiques, des migrations, de Tappauvrissement qui sont les conséquences de l'invasion dorienne, la culture mycénienne s'est éteinte graduellement ; elle a disparu pour faire place à une civilisation nouvelle, beaucoup moins avancée, celle des conquérants hellènes. Ainsi, dans l'histoire des origines de l'art grec, la période mycénienne représente une phase brillante, interrompue par un véritable arrêt de développement. On l'a dit justement : l'invasion dorienne est pour la Grèce « comme le début d'un long moyen âge )), qui efface les traces d'une culture déjà florissante \ Il faudra plusieurs siècles pour que la Grèce regagne le terrain perdu, et se forme une seconde fois à l'école des arts 'orientaux.
1. s. Keinacli, Gazette des Beaux-Arts, 1^^ nov. 1890, p. 4 32.
Fia. 37. — Poulpe en or trouvé dans le quatrième tombeau. (Schliemann, Mycènes, p. 350, fig. 424.)