Ibîd., p
3. BoeUau, Frûhattiscîie Vasen, Jahrbuch des arch. Inst., II, 1887, p. 33, 66. Cf. pi. 4-5. Le skyphos Burgon (Kayet-Oollignon, Céram. grecque, p. 43, fig. 25) est aussi un exemple de cette transformation.
4. Arch. Zeltung, 1884, pi. 9, fig. 2. Cf., pour le style et le décor, un bandeau d'or trouvé également en Attique, et qui a fait partie de la collection E. Piot. Collect, Eug. Pîot, -nP 504, p. 105 avec figure.
conde époque, à savoir un homme attaqué par deux lions; il est encadré dans un décor qui rappelle celui du tombeau de Midas en Phrygie. C'est à peine une hj^potlièse que de reconnaître ici une importation \ Voici d'autre part une plaque d'or décorée de reliefs, trouvée à Eleusis (iig. 44) % qui est peut-être d'origine rhodienne. Dans la bordure rectangulaire et dans la zone médiane, on retrouve sans trop de surprise des réminiscences de la décoration mycénienne, des rosaces et des spirales. Quant aux deux autres zones, elles montrent des lions surprenant des cerfs et un bouquetin, ou s'attaquant à des hommes.
De pareils modèles étaient bien faits pour amener, dans l'industrie du métal, une évolution analogue à celle qui se produit dans la céramique. Les bronziers de Chalcis, de Corinthe et du Péloponnèse s'inspirent, eux aussi, de tous ces éléments décoratifs qui dérivent de l'Orient et de l'Egypte. Rien n'est plus instructif à cet égard que l'étude des bronzes d'Olympie; ils montrent, avec une parfaite évidence, comment le style oriental succède au style géométrique, et avec quel empressement l'industrie métallurgique adopte un système de décor beaucoup plus riche et plus varié que l'ornementation linéaire. Sur les plaques travaillées au repoussé, on voit apparaître les guirlandes de fleurs et de boutons de lotus, les palmettes élégantes,
FiG. 44. — Plaque dor travaillée au repoussé, trouvée à Eleusis,
1. Ce motif a été imité par les peintres de vases à l'époque de transition dont nous avons parlé. Il se retrouve presque identiquement sur un vase attique conservé à Copenhague, Arch Zeitung, 1885, pi. 8.
2. '£cp-/iu.. dcpx-, 1885, pi. 9, 1-2. M. Boehlau signale l'analogie qu'elle présente avec les inthol enterre cuite, ornés de figures estampées, tels qu'en fabriquaient lesBliodiens. Jalrhuch des arch. Inst., II, p. 61.
qui jouent un grand rôle dans le décor des vases. Il y a plus : les bronziers imitent, eux aussi, la décoration par zones des tapis orientaux. Un spécimen très remarquable de l'influence exercée par les tissus brodés de la Lydie ou de la Phénicie sur le style métallique est une belle plaque de bronze d'Olympie, travaillée au repoussé, et gravée au burin (fig. 45) \ Haute de 0"\80 et large de 0,25 à 0,35, cette plaque décorait un des côtés d'un meuble plus étroit au sommet qu'à la base, sans doute un de ces supports (iyyuô'/î/.-/]) sur lesquels on posait les vases servant au culte.
Comme dans la plaque d'or d'Eleusis, la décoration est divisée par zones ; les deux premières, les plus étroites, sont remplies, l'une par trois aigles, l'autre par deux griffons affrontés. Plus bas, un archer agenouillé décoche une flèche à un Centaure qui fuit, et dont les jambes de devant sont celles d'un homme ". Cette scène de chasse nous transporte déjà en pleine mythologie grecque; il est difficile de n'y pas reconnaître un épisode de la légende d'Héraclès. Enfin, sur la zone inférieure, est figurée une divinité asiatique Anat, ou Anahit, que les Grecs désignaient sous
1, Curtius," Das arclialsche Bronzerelîef ans Olympia ÇAbhandlungen der Kœnigl. Ahademie der WissenscJi. p:u Berlin, 1S7 9. Philos, hîstor. Kl. Ahh.. III, p. 1-31. pi. I-II. Cf. Ausgrahungen von Olympia , III, pi. XXIII. Olympia, Dîe Bronzen, pi. XXXVIII, p. 100. M. Curtius date cette plaque de la seconde moitié du septième siècle.
2. On peut rapprocher ce sujet de la scène de chasse au sanglier qui figure sur une plaque de bronze trou\^ée en Béotie. (Musée delà Soc. arch. d'Athènes.) Annali delV Inst., 1880, Tav. d'ag. H, p.l3i.
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FiG. 45. — Plaque de bronze travaillée au repoussé, trouvée à Olympie.
le nom ce d'Artemis persique )). Vêtue du long chiton sans manches, déploj^ant les deux ailes recoquillées qui s'attachent à ses épaules, elle tient de chaque main, par une des pattes de derrière, un lion qui rugit, et s'arc-boute énergiquement, de l'autre patte, contre le flanc de la déesse.
La décoration plate, gravée ou repoussée, ne trahit pas seule, dans Fart du bronze, l'influence du style oriental. Qu'il s'agise de couler des plaques d'attache pour des anses de vase, des figures en relief destinées à orner le pourtour d'un cratère, ou même des poignées de couvercle, l'industrie grecque trouve des modèles dans les objets d'importation phénicienne. Parmi les bronzes d'Olympie, plusieurs peuvent être rapprochés de ceux qui proviennent des tombes étrusques de Palestrina, de Cervetri et de Vulci, et qui attestent si nettement l'activité des relations commerciales de la Phénicie avec ]'Etrurie, vers la fin du septième siècle \ On connaît, par exemple, ces plaques d'attache représentant une figurine à buste humain, munie d'une queue et d'ailes d'oiseau, et portant au revers une béhère oii passait l'anse du cratère ; on en trouve des spécimens à Olympie et en Béotie; d'autres exemplaires proviennent de Palestrina et de Van, en Arménie ". A n'en pas douter, c'est l'art phénicien qui a répandu ce type en Grèce et en Italie. On peut aussi affirmer l'origine phénicienne d'un motif fréquemment employé pour la décoration des vaisseaux de métal : nous voulons parler de ces têtes de griffon qu,i se dressaient, ajustées symétriquement, autour des bassins et des cratères de bronze ^. On le rencontre en Etrurie, aussi bien qu'en Grèce. Mais déjà le goût hellénique transforme cette conception étrangère. Voyez, par exemple, le griffon reproduit ci-joint (fig. 46) et qui provient d'Olympie'*. Il y a un singulier accent d'énergie dans cette tête d'aigle dont le bec s'ouvre largement, comme pour jeter un cri aigu, et laisse voir la langue retroussée ; deux oreilles droites et poin-