‹ Histoire de la sculpture grecqueChapitre 76 sur 293 · Loesclicke, Dorpater Vnivo^sitàts Pro(/rammjlS · texte numérisé non relu

Loesclicke, Dorpater Vnivo^sitàts Pro(/rammjlS

2. 0. JaTin, Berichte der SâcJis. Gesellscliaft der Wîssenscliaften, 18o8j p. 99 siiiv. Overbeck, Ueher die Lade des Kypsélos, loc. cit.

L^ 3. Klein, Zur Kypsele der Kypseliden.

4. Pausanias, V, 19. rerapTa ôà è-irl tî?] Xàf.vaxi il àpiatcpa; Trspu'ovxi...

5. Klein, ouvr. cité. L'auteur cite à l'appui cle son opinion des plaques de bronze d'Olympie où les sujets sont enfermés dans une bordure rectangulaire. Voir la critique de Pernice, JaUrhucli des arch, Inst., III, 1888, p. 867.

tour de la panse du vase comme autant de zones ininterrompues \

Ce n'est pas la seule analogie qu'on puisse noterentreTex-voto des Kypsélides et les peintures céramiques. Comme sur les vases corinthiens d'ancien style, les personnages étaient désignés par des inscriptions tracées houstrophédon ( pou7Tpo(p'/i" âov), c'est-à-dire en lignes qui se recourbent à leur extrémité, de telle sorte que la ligne suivante est écrite en sens inverse de la précédente.

Il y a plus. Pour la composition des scènes, pour r arran gement des personnages, les vases peints nous fournissent de précieux commen-

1. Monumentl înediti delV Instituto di Corresjpondenza archeologlca , t. IV, pi. 54-58.

taires, en nous montrant des sujets traités dans le même esprit. Sur un vase corinthien du musée de Berlin, dont nous reproduisons une partie (fig. 48) ' le départ d'Amphiaraos est figuré de telle façon que la description de Pausanias s'applique presque trait pour trait à l'œuvre du peintre céramiste. Voici en effet la maison du héros avec son portique et ses colonnes doriques, le quadrige conduit par Bâton, et Amphiaraos se retournant d'un air menaçant vers Eriphyle, devant laquelle se tiennent, avec des gestes suppliants, Eurydiké et Démonassa, ses deux filles.

A certains égards, ces peintures, avec leurs engobes blancs et rouges, avec la silhouette noire des personnages se détachant sur le fond, peuvent nous faire comprendre le parti que l'ouvrier ciseleur avait su tirer des tons du bois, de l'ivoire et de l'or. Nul doute que l'ivoire ne servît, comme la couleur blanche dans la peinture céramique, à rendre les chairs nues des femmes, à varier les nuances de la robe des chevaux. Mais nous connaissons en outre, grâce à un curieux monument, un exemple très ancien du procédé de placage métallique auquel Pausanias fait allusion. C'est une plaque de bronze trouvée en Crète, et qui a passé de la collection Castellani au musée du Louvre (fig. 49) ^ Elle représente une scène de chasse; un serviteur apporte à un chasseur armé d'un arc le bouquetin que celui-ci vient de tuer. Les figures ont été découpées dans une mince feuille de bronze, et un travail de gravure souligne les détails, tels

1. Monumenti inédit Ij X, pi. IV- V. Cf. Bumont et Chaplain, ouv. citéj I, p. 224.

2. Milchlioefer, Annali delV Inst., 1880, p. 213, Tav. d'ag., T. Cf. Anfànge der Kunst in Griechenland ^ p. 169, fig. 65. Voir aussi Fr. Lenormant, Revue numisjnatiqtie, 1883, p. 129, et Héron de Viîlefosse, JBidlet, de la Société des Antiquaires de France^ 14 mai 1884.

Fig-. 49. — Plaque de bronze ajourée, trouvée en Crète. (Musée du Louvre.)

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que la musculature, les ornements des vêtements, et le pelage deranîmal. A la base, des trous fort apparents montrent que cette plaque avait servi à décorer quelque meuble de bois. De la même trouvaille provient un fragment d'une autre plaque, resté inédit et qui représente une femme (fig. 50). Qu'on imagine un placage analogue, exécuté en or, sans doute avec un relief plus ressenti , on aura une idée assez exacte de la technique employée pour la décoration du coffre de Kypsélos.

Il est bien difficile de décider si l'auteur de ce chef-d'œuvre était un Corinthien, ou quelqu'un de ces artistes nomades qui, vers la fin du septième siècle, colportaient dans la Grrèce continentale les procédés d'art industriel usités en Crète. Quel qu'en soit l'auteur, le coffre de Kypsélos est une œuvre toute grecque. L'art hellénique n'en est plus à copier des modèles étrangers, à reproduire timidement des types qui ne répondent pas aux traditions nationales ; il sait déjà donner une forme originale et personnelle à ces mythes et à ces légendes qui seront, à l'époque classique, l'inépuisable répertoire oii puiseront des générations d'artistes. Pour faire de nouveaux progrès, Jl n'a plus besoin du secours de l'Orient; il lui suffira de s'engager résolument dans la voie qu'il s'est tracée à lui-même. Ainsi, depuis l'époque homérique jusqu'à la fin du septième siècle , l'art industriel traverse une longue période d'initiation d'où il sort émancipé. Il nous reste à voir ce qu'est la sculpture durant la mêmepériode, et par quels essais rudimentaires les imagiers grecs préparent les premiers développements de la statuaire.

Fig. 50. — ' Fragment d'une plaque de bronze découpée. (Kusée du Louvre.)

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