Brunn, GrîecJi. Kilnstlerj I, p
3. Diodore de Sicile, IV, p. 46. M. Perrot a expliqué comment Diodore a pu, en amplifiant ses sources, attribuer à Dédale ces constructions. Jl'ist. de Vartj IV, p. 46.
4. C'est par une pure hypothèse que M. Kuhnert suppose l'existence d'un Dédale réel, d'un sculpteur vivant vers la fin du septième siècle, qui se serait confondu avec son légendaire homonyme. Ouvr. cité, p. 211.
5. Pausanias, IX, 40, 4. Ce monument est signalé dans un passage de Vllîade^ XVIII, 691-592. Mais il n'y a là aucun argument à invoquer en faveur de l'existence réelle de Dédale. M. Kuhnert suppose, avec beaucoup de raison, que les deux vers de V Iliade sont une interpolation, ouv. cité, p. 207. M. Helbig accepte cette hypothèse, Bas Jiomer. Epos.j 2° éd., p. 447.
plusieurs temples, dans rHéracléion de Thèbes, dans le sanctuaire de Troplionios à Lébadée, les exégètes montraient des statues de Dédale ; il y en avait à Pise, à Corinthe, en Messénie , dans les villes Cretoises d'Olous et de Cnossos, et jusqu'en Carie. On voyait encore à Délos, au temps de Pausanias,un petit xoanon d'Artémis, à base tétragonale, devenu manchot avec le temps ^ : c'était une œuvre du maître Cretois. Ces statues de bois existaient bien réellement, et les textes nous renseignent sur l'aspect qu'elles offraient. Bien gauches, bien raides encore, elles paraissaient ridicules aux Grecs de l'époque classique. Platon dit que si un sculpteur de son temps en avait fait de pareilles, il eût été bafoué ^ et c'est sans doute devant une idole de ce genre que le Métapontin Parmeniskos, au dire d'Athénée, oublia son serment de ne plus rire ^ Et pourtant, malgré leur apparence étrange, elles avaient une sorte de majesté hiératique, et même, suivant Pausanias, quelque chose de divine II est à noter que, dans le nombre, se trouvaient plusieurs statues viriles, comme le xoanon d'Héraclès à Corinthe, qui était nu. Or, à travers le vague des descriptions, nous entrevoyons certains traits qui permettent de restituer ce type ^ Les statues dédaliques avaient les yeux ouverts , les bras collés aux flancs, les jambes séparées ; un pied porté en avant, elles semblaient marcher. Les écrivains anciens mettent une insistance singulière à relever ce détail, et l'imagination hellénique brodait sur ce thème une foule d'historiettes : on attachait les statues de Dédale pour les empêcher de s'enfuir; une nuit, Héraclès avait lapidé une de ces statues, croyant avoir devant lui un adversaire de chair et d'os.
De tous ces témoignages, il résulte que le type dont on attribuait l'invention à Dédale était celui de l'homme nu, debout, avançant une jambe comme pour marcher, les bras tombant raides, serrés contre le corps. C'est évidemment là comme le dernier terme d'une série de progrès qui font d'abord sortir du xoanon primitif une figure virile, immobile, ayant encore les jambes rapprochées ^; bientôt, par un