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130 LES PEIMITIFS.

raison du style, des caractères de Tinscription gravée sur la statue, on peut lui assigner comme date le dernier quart du septième siècle. Et pourtant, à considérer l'exécution, bien supérieure au style, on est tenté de croire que l'artiste n'en est pas à ses débuts, et que l'usage des outils du sculpteur lui est déjà familier.

Un autre monument vient encore attester la haute antiquité de l'école de Naxos. La plus ancienne signature d'artiste grec qui soit connue est celle d'un Naxien, Iphikartidès : on la lit, gravée en lettres archaïques du septième siècle, sur une base de statue trouvée par M. HomoUe à Délos ' (fig. 65). Cette base, de forme triangulaire, ornée aux angles d'un masque de Gorgone et de deux têtes de bélier, supportait une statue dont les pieds seuls sont conservés, et qui était représentée dans l'attitude de la marche. Nul doute qu'on ne doive ici reconnaître une figure virile, du type de l'Apollon d'Orchomène. Joignez-y d'autres spécimens du même type et de même provenance : l'ébauche de statue reproduite plus haut ^ des figures colossales inachevées, encore gisantes en place dans les carrières de l'ile ^ enfin les débris d'une énorme statue d'Apollon consacrée à Délos par les Naxiens^; vous aurez la preuve formelle que le type de la figure virile et nue était familier à l'école de Naxos, et qu'elle le traitait à une date antérieure au sixième siècle. Et si l'on veut grossir encore cette hste, en y ajoutant des exemplaires provenant des autres Cyclades, de Paros, de Délos, de Théra \ on constituera facilement tout un groupe de figures viriles dont la provenance n'est pas douteuse, et qui relèvent d'une école insulaire.

1. Homolle, Bull, de corresp. Jiellén., XII, 1888, p. 463-479, pi. XIII. L'inscription est la suivante : Fi[cp]r/.apTiô'/i; : ^'à vô'ôsxe : ho Ndchatoç : noiédaç. C( Iphikartidès le Naxien m'a fait et consacré )>.

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