Pline, Nat. Hisf
5. Ca\rvadias, 'E'f/ifji. àp^. 1886, p. 133-134. « Archermos, le Chiote, a fait; (un tel) a dédié à Athéna, protectrice de la ville. » "A]p;x^Pl^°^ stioiscjsv ô XÏo[;.. | .. àv£]ôrixev 'AÔsvaiai 7ioai6xo[i.
on peut donc admettre que la Niké délienne, faite en collaboration avec le père de l'artiste, est une œuvre de jeunesse, et que Tex-voto d'Athènes se place au contraire à l'époque de la maturité. Si la première est de l'année 580 environ, le second serait de 550. Dire que la statue d'Athènes était une réplique perfectionnée et plus libre de celle de Délos, est une hypothèse très plausible, si l'on songe que,
près cette base, on a découvert les fragments de deux Victoires en marbre offrant le même type \ Un petit bronze de même provenance, (fîg. 70) le reproduit encore, avec plus de coquetterie et d'élégance, et semble attester l'influence exercée sur l'art industriel, par un original célèbre. Il n'est donc pas téméraire de s'arrêter aux conclusions suivantes. Archermos est au nombre des artistes insulaires qu'attire sur le continent la richesse naissante de la ville de Pisistrate. Déjà mûr, en possession de la renommée, il vient à Athènes; il y apporte, avec l'habileté technique d'un maître rompu au travail du marbre, un type dont l'invention lui est propre ; il y fait école. Ainsi nous pouvons compter le vieux sculpteur de Chios parmi ceux qui initient l'école attique du sixième siècle aux procédés de la sculpture sur marbre. Le fait est précieux à recueillir, si l'on songe à quel point la filiation des écoles archaïques est obscure et mal connue.
Dans la famille d'Archermos, l'art de la sculpture est héréditaire; il
FiG-. 70. — Niké. Petit bronze trouvé sur l'Acropole d'Athènes. (Musée de l'Acropole.)
1. Voir Petersen, Mîttheil. Atheiij 1887, pp. 372-398, et pi. XI, fig. B et C. La même planctie reproduit, fi g. C, le petit bronze que nous donnons ci-joint (fig. 70).
s'y transmet de père en fils, comme une science acquise au prix d'un dur labeur. Ce n'est pas, d'ailleurs, le seul exemple que nous rencontrerons de cette hérédité professionnelle ; elle est fréquente dans les anciennes écoles, et rien ne fait mieux comprendre combien la tradition est encore étroite, routinière, asservie à des formules d'atelier. Ce que peut être à cette date l'éducation d'un sculpteur, on l'imagine facilement : elle est avant tout technique. Le maître enseigne à l'élève le maniement du ciseau; il l'initie aux principes des proportions, lui révèle les conventions à l'aide desquelles l'art primitif résout naïvement les difficultés; en un mot, il fait de lui un collaborateur docile, capable de reproduire exactement son style et sa manière. L'élève est-il doué de quelque initiative? Sans répudier l'enseignement de son maître, il élargit prudemment la voie étroite oii celui-ci l'a engagé ; il imagine un mouvement plus libre, une attitude plus compliquée; il introduit un peu de vie dans le type conventionnel qu'il a maintes fois reproduit. Ses audaces sont mesurées, et rien, dans ce progrès lent et continu, ne vient rompre brusquement la tradition de l'école.
Nous suivons encore, pendant une génération, l'histoire de la famille des maîtres de Chios. Sur la base d'une statue consacrée àDélos, on lisait une inscription que Pline a recueillie : (( Chios n'est pas célèbre seulement par ses vignes ; elle l'est encore par les œuvres des fils d'Archerinos^ » A vrai dire, ces deux maîtres, Boupaloset A thénis, doivent leur notoriété moins à leur talent qu'à la rancune d'un poète : c'est la haine d'Hipponax qui les a sauvés de l'oubli. On connaît la légende suivant laquelle les deux artistes auraient fait la caricature du poète, laid et contrefait ; celui-ci s'en serait vengé par de cruelles satires. Il n'y a de certain, dans cette histoire, que les attaques d'Hipponax contre Boupalos'. Quelle en était la cause? On la trouva, semble-t-il, vers le premier siècle avant notre ère, quand les critiques, trompés par le caractère archaïque des œuvres des Chiotes, crurent y reconnaître des caricatures : de là la fable des portraits injurieux d'Hipponax., et l'ex.