U PRÉFACE
la salua-l-elle comiiio un symbole d'émancipation, d'indépendance et de liberté.
Mais, en France, on y vit autre chose qu'une simple question d'affranchissement politique. Les longues misères des classes déshéritées, dont on avait eu si peu souci jusque-là, apparurent à la surface avec leurs plaies béantes, hideuses, effroyables, et l'on se dit quïl existait également une question sociale à résoudre.
Il y avait là certainement de quoi tenter des esprits généreux. Les bonnes volontés no manquèrent pas, comme on le verra dans les pages qui vont suivre ; mais les résultats furent loin de répondre à l'attente générale.
Et pourtant avec quel entrain l'on s'était mis à l'œuvre ! Quelles longues espérances avaient suivi les premiers jours d'enthousiasme! On se croyait à la veille d'entrer dans la terre promise. Pour donner au régime nouveau un caractère particulier de douceur et de mansuétude, pour rompre avec les habitudes sanglantes des révolutions passées, on avait, dès le début, aboli la peine de mort en matière politique, en attendant qu'on la supprimât tout à fait afin de donner à tous l'exemple du respect de l'inviolabilité de la vie humaine.
On s'en allait chantant l'hymne sacré de la concorde et de la fraternité, la main dans la main, appelant tous les peuples au banquet de la réconciliation universelle. Mais, hélas! les espérances s'évanouirent rapidement; les illusions furent vite déçues ; de déplorables malentendus ne tardèrent pas à éclater, et la question sociale s'effondra, noyée dans le sang d'une insurreclion formidable.