‹ Histoire de la seconde République française (volume 2)Chapitre 11 sur 18 · LIVRE DEUXIEME · texte numérisé non relu

LIVRE DEUXIEME

SoMMAiRB : I. — Le 22/eyrter. — Au lever du jour, aucun signe d'effervescence populaire. — Vers dix lieures, premiers rassemblements sur la place de la Madeleine et sur la place de la Concorde; les groupes se portent vers le Palais- Bourbon encore désert; ils sont dispersés, mais se reforment bientôt; premières escarmouches; le peuple s'essaye à la sédition. — Séance parlementaire; le palais législatif est entouré de troupes; M. lîarrot dépose l'acte d'accusation du ministère. — Pendant l'après-midi la sédition grandit; essais de barricades : l'autorité militaire fait occuper les points stratégiques; devant ce déploiement de forces, l'émeute se dissimule, mais ne désarme pas, elle se replie dans les quartiers du centre. — Etat des esprits le 22 février au soir; dans les régions officielles, quelques inquiétudes, mais entière confiance du Roi; dans le parti démocratique, aucun espoir de triomphe prochain 38

II. — Le 23 /ewrier. — Le 23 février, au matin, l'insurrection, plus menaçante que la veille, se retranche dans les quartiers Saint-Denis et Saint-Martin : cependant, les forces militaires, réunies à Paris, semblent assurer le triomphe de l'ordre. — L'attitude de la garde nationale encourage l'émeute relie réclame la réforme; manifestations des 2°, 3", 4^, 7", 10* légions; déplorable effet de ces manifestations. — Inquiétudes du Roi : son entrevue avec M. Duchàtel et M. Guizot; il provoque leur démission et fait appeler M. Mole. — Séance parlementaire : M. Guizot annonce sa retraite : joie indécente de l'opposition; vive irritation de la majorité; anxiétés des députés les plus éclairés. — La nouvelle de la chute de M. Guizot est accueillie avec dédain dans les quartiers populaires et est impuissante à faire cesser complètement les hostilités : au contraire, dans les quartiers riches, l'apaisement se produit : illuminations : manifestations joyeuses. — La catastrophe du boulevard des Capucines détruit les chances de pacification : panique au sein de la foule et dans les rangs de la troupe; promenade des cadavres; irritation populaire. — La nouvelle de la catastrophe est portée au château; M. Mole renonce à former un uïinislère.

— Le l'oi confie au maréchal Hu<;eaud le commandement des troupes; il fait appeler M. Thiers Son entrevue avec lui, il le charge de former un cabinet 45

III. — Le ^h février. — Progrès extraordinaire de l'insurrection pendant la nuit du 23 au 24, dispositions militaires formidables prises par le maréchal Bugeaud

— Erreur du Roi, qui veut à la fois négocier et combattre. — Déu>arches de M. Thiers pour former un ministère; à huit heures du matin, il arrive aux Tuileries avec M. Barrot, accueil du Roi; le commandement de la garde nationale confié au général Lamoricière. Essais de pacification tentés par N! . Odilon Barrot et par i-amoricière, leur échec; on commence à prononcer le mot d'abdication . — gn même temps que les essai» de conciliation échouent,

l'action militaire est paralysée. Retraite de la colonne du général Bedeau: incidents lamentables de cette retraite. — Les insurgés se rapprochent des Tuileries. Le Roi passe la revue des troupes au Carrousel. Gris séditieux d'une portion de la garde nationale. — M. Crémieux au château; arrivée de M. de Girardin; il demande avec instance l'abdication; stupeur et effarement parmi les amis de la royauté; résistance héroïque d'une compagnie du 14'' de ligne sur la place du Palais-Royal; aucun effort n'est tenté pour la dégager et pour briser le cercle de l'insurrection; arrivée du maréchal Gérard; le Roi rédige l'acte d'abdication. — L'émeute se rapproche; la fuite est décidée; le Roi et la Heine quittent le palais et traversent le jardin des Tuileries; attente pleine

d'anxiété sur la place de la Concorde; départ pour Saint-Gloud 60

IV. — La Régence. — La duchesse d'Orléans, régente; elle est restée aux Tuileries, ainsi que le duc de Nemours. M. Dupin survient : sur son conseil, elle se rend à la Chambre des députés. — Pendant ce temps, réunion aux bureaux du National; délégués du parti démocratique envoyés au Palais-Bourbon; leur entrevue avec M. de Lamartine. — l'épublique et Régence devant la Chambre des députés. — La séance de la Chambre s'ouvre à une heure : arrivée de la duchesse d'Orléans; discours de MM. Dupin, Marie, Crémieux; intervention de M. Barrot; âpres paroles de M. de La Rochejaquelein. — Une première bande populaire envahit la salle; discours de Ledru-Rollin; Lamartine monte à la tribune; attente et émotion générales; il conclut à la formation d'un gouvernement provisoire; nouvelle invasion de la Chambre; scènes de désordre; le président lève la séance; la duchesse d'Orléans et le duc de Nemours qviittent l'Assemblée. — Quelques députés de l'opposition restés seuls dans la salle imaginent de créer un gouvernement provisoire. — Listes préparées d'avance et acclamées par les émeutiers; les membres du nouveau gouvernement partent pour l'Hôtel de ville 78

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