LIVRE TROISIEME
Sommaire : I. — Da Palais-Bourbon à l'Hôtel de ville : acclamations et murmures; les membres du Gouvernement, fendant avec peine la foule, parviennent à s'introduire dans le Palais; leurs premières délibérations; constitution du ministère, nomination aux grandes charges publiques; rédaction d'une proclamation. Tumulte populaire à la salle Saint-Jean, apaisé par Lamartine. Arrivée de Louis Blanc, Marrast, Flocon, élus, ainsi qu'Albert, membres du Gouvernement provisoire, dans un conciliabule tenu aux bureaux de la Réforme; discussion orageuse; intervention de M. Garnier-Pagès : conciliation. Les nouveaux membres du Gouvernement; Dupont de l'Eure, Arago, Marie, Crémieux, Garnier-Pagès, Marrast, représentent la République bourgeoise; Ledru-RoIlin et Flocon, la République jacobine; Louis Blanc et Albert, la République sociale : Lamartine sert de trait d'union entre eux tous 9o
II. — Impuissance du parti monarchique; le Roi à Dreux; il cherche à gagner l'Angleterre; fuite de la duchesse d'Orléans. Découragement et désorganisation de l'armée. — Le Gouvernement provisoire est menacé par ses propres complices : nuit du 24 au 25 février : aspect de Paris le 25 février; barricades; groupes tumultueux; dévastations aux environs de la capitale; attitude ambiguë du préfet de police. — Le Gouveiuement hésite entre la résistance et l»s
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concessions : création de la {larde inuhile : proclamation à l'armée; le droit au travail reconnu. — Dans l'aiircs-inidi les raescrnhlenicnts populaire» se portent vers l'Ilôtel de ville : le drapeau rouge apparaît : courageuse éloquence de M. de Lamartine; les manifestants se retirent; les amis de l'ordre reprennent courage; décret abolissant la peine de mort en matière politique. — A de sages mesures succèdent des mesures funeste»; création de» Ateliers nationaux (26 février); influence grandissante de M. Louis Blanc; organisation de la Commission des travailleurs (28 février) 107
III. — Le Gouvernement provisoire, malgré ses fautes, ne rencontre à ses débuts aucune opposition. — Adhésion des chefs militaires et des fonctionnaires civils; noble attitude du duc d'Aumale et du prince de Joinville. — Le parti religieux, les déclarations. — Le parti légitimiste. — Les amis de la royauté de Juillet. ■ — Dans les masses, bonne volonté générale. — A l'extérieur, paix presque jssurée; circulaire et manifeste de M. de Lamartine. — Etrange aspect de la capitale; clubs, journaux, affiches, députations envoyées à l'Hôtel de ville, manifestations de toute sorte. — Généreuses illusions des premiers jours. 119
IV. — Cette trêve des parti dura peu. — Les Républicains de la veille craigaent les élections plutôt qu'ils ne les souhaitent; ils songent à les ajourner, ou au moins à les influencer : ils trouvent dans M. Ledru-Kollin un organe de leurs vreux. — Circulaire de M. Ledru-Roliin aux commissaires (12 mars); étrangeté de cette circulaire : son effet sur l'opinion. — Forces du parti radical. Préfecture de police ; rôle de Caussidière; le Gouvernement, ne pouvant le destituer, se résigne à le subir; Commission des travailleurs : premières déceptions de M. Louis lîlanc; ne pouvant réaliser son programme, il tourne ver» la politique l'activité des ouvriers; clubs; Barbes, IJlanqui, Vilain, Raspail, Cabet; le Bulletin de la llépublique : ses attaches officielles; article en faveur de l'ajournement des élections. — La majorité du Gouvernement provisoire ne cède pas k ce courant; influence de Lamartine : ses déclarations. — Deux partis en présence; indices d'une prochaine manifestation 128
V. — Arrêté du ministre de l'intérieur licenciant les compagnies d'élite de la garde nationale; mécontentement de ces compagnies; elles organisent une démonstration; cris hostiles à Ledru-Rollin (16 mars). — Cette démonstration devient le prétexte d'une manifestation contraire; nuit du 16 au 17 mars, agitation dans les clubs, à la préfecture de police, parmi les délégués du Luxembourg; inquiétudes de Lamartine et de ses collègues. — Le 17 mars, immense rassemblement sur la place de la Concorde; on se dirige vers l'Hôtel de ville : arrivée sur la place : moment d'anxiété; délégués introduits. — Lecture d'une pétition demandant l'éloignement des troupes et l'ajournement de» élections; influence modératrice de Cabet; irritation des partisans de Blanqui; allocutions de Louis Blanc, de Ledru-Rollin, de Lamartine — Les membres du Gouvernement se montrent au peuple; discours de Louis Blanc; la manifestation se disperse. — Satisfaction affectée de Lamartine et de ses amis; ces témoi,',nage8 de satisfaction ne trompent personne; inquiétudes des hommes d'ordre 141
VI. — Ètut général du pays; causes d'embarras de toute sorte. — Finances. — Pendant les dernières années du régime oe Juillet, l'avenir avait été engage dans la prévision d'une longue paix; contre-coup terrible de la révriution de l'évrier; M. Goudchaux est nommé ministre des finances; son découragement; Garnier-Pagès lui succède. — Encaisse ilu Trésor : toutes les sources de revenus sont taries, charges énormes; le crédit privé n'est pas moins atteint que celui de l'Elat. baisse des valeurs de Bourse; f(M'nielure dos usines; détresse du commerce^ panique parmi les propriétaires et les rentiers. — Le Gouvernement
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essaye d'abord de voîler le péril; naïveté ou impudence de ses affirmations.— Les donneurs de conseils affluent. — Mesures prises par le Gouvernement; création de Comptoirs d'escompte et des Magasins généraux ; décrets relatifs aux dépôts des caisses d'éparjine et aux bons du Trésor; cours forcé de» billets de la Banque de France. — Impôt des 45 centimes 151
VII. — État général du pays (suite). — A la détresse financière se joignent les inquiétudes causées par l'état de la capitale. — Manifestations quotidiennes; plantations des arbres de la liberté; menaces contre les propriétaires; irritation des ouvriers; démonstrations contre les bureaux de certains journaux (29 mars) ; affiches excitant aux troubles ; sédition aux Invalides 162
VIII. — État général du pays (suite). — Les départements ne sont pas moins agités que la capitale. — Attaques contre les personnes et les propriétés. — Insuffisance des commissaires nommés par Ledru-Rollin; véritable anarchie administrative. — Limoges ; Société populaire ; ses prétentions; on < raint que les élections ne soient le signal de troubles sanglants. — Rouen : irritation des ouvriers; mécontentement des patrons; les ateliers nationaux fournissent un personnel pour les manifestations; les armes manquent; les ouvriers s'adressent au ministre de l'intérieur pour avoir des fusils ; lettre de Ledru-Rollin. — I^yon : émotion produite dans cette ville par la révolution de Février : dévastations, incendies, destructions de machines. — Arrivée de M. Emmanuel Arago; il se flatte de calmer le peuple par ses concessions; étranges décrets. — Anarchie : pillage de convois d'armes; enlèvements de munitions dans les forts; tentatives d'embauchage dans la garnison; le sous-officier Gigoux; la foule se porte au pénitencier militaire; le fort Lamothe; domination des Voraces 164
IX. — État général du pays (suite). — Menées des réfugiés étrangers. — Députations envoyées à l'Flôtel de ville; Belges; Hongrois; Irlandais; Italiens; Polonais; langage pacifique de Lamartine. — Sur ces entrefaites, révolution à Milan; à Venise; insurrections à Vienne, à Berlin, à Munich. — Ces événements inattendus exaltent encore les espérances des réfugiés. — Des bandes de Savoisiens pénètrent dans Chambéry; un corps de démocrates allemands franchit le Rhin; misérable échec de ces tentatives. — Les réfugiés belges songent à envahir leur |>ays et à en changer la Constitution; leurs conciliabules; complicité de Caussidière et de Ledru-RoIIin. Départ de l'expédition en deux colonnes; désarmement de la première colonne à Quiévrain; la seconde colonne cantonnée à Seclin; étrange attitude de Delescluze; invasion du territoire belge; combat de Risquons-Tout 178
X. — La désorganisation générale favorise les desseins du parti démagogique; la manifestation du 17 mars ayant échoué, on songe à en [)réparer une nouvelle; le parti du désordre; clubs; commission du Luxembourg; Caussidière et Sobrier. — Le Gouvernement provisoire se dispose à la résistance; mesures prises par Lamartine, Armand Marrast, Marie; incertitude sur les dispositions de Ledru- Rollin. — Prétexte de la manifestation; le peuple est convoqué pour le 16 avril au Chimp de Mars, afin de se rendre, de là, à l'Hôtel de ville. — Conseil de Gouvernement; Louis Blanc annonce la manifestation; Bulletin de ta République. — Nuit du 15 au 16 avril; résolutions concertées par Lamartine et ses collègues; derniers préparatifs des manifestants; Ledru-Rollin se rallie au parti de l'ordre et se rend chez Lamartine. — Réunion au Champ de Mars; aspect des rassemblements. — Ordre de battre le rappil donné par Lamartine et par Ledru-Rollin. — Le général i^hangarnier à l'Hôtel de ville : ses dispositions militaires. — Moment d'attente anxieuse. — Arrivée de la garde nationale qui oerne et cou[)e la manifestation. — Colère de Louis Blanc et de ses ami»; irritation entre les communistes. — Après la manifestation du 16 avril, singu-
lière attitufle de Lamnrtinc et de «es collègues; Rages donnés à la démagogîe. — Fête de la Fraternité (20 avril). — On touche à l'époque des élections. i8S