LIVRE VINGTIEME
LE COUP d'état du 2 DÉCEMBRE
Sommaire : I. — La soirée du 1" décembre à l'Elysée. Dernier conciliabule. Quelles sont les mesures indispensables à la réussite du coup d'Etat. — Impression des décrets et proclamations. — Les arrestations. De quelle façon M. de Maupas en a réglé les moindres détails. Attitudes des représentants arrêtés. Incidents divers. — Occupation du palais de l'Assemblée; cette opération est confiée au colonel Espinasse; de quelle façon elle s'accomplit. — Le général Magnan. Mise sur pied des troupes de l'armée de Paris. — M. de Morny au ministère de l'intérieur. Etrange incident 500
II. — Les décrets de Louis-Napoléon. Ses proclamations à l'armée et au peuple. Première impression; l'approbation est plus vive que le Llàiuc; motifs divers
qui expliquent cette sorte de faveur. — On se demande de toates paris ce que fera l'Assemblée législative. Premières réunioni rue Roursault, rue nianche. Protestation signée chez M. Odilon Barrot. PicuDion chez M. Daru. De (luelle façon un certain noiiihre de représentants pénètrent dans l'enceinte du palais lé{>islatif; ils sont expulsés. M. Dupin; son attitude. La mairie du X* arrondissement; pour quels motifs les représentants la choisissent comme point de rallieu)ent; elle est le théâtre de la dernière séance de l'Assemblée lc(;islative. Influence dominante de Berryer. Vote de plusieurs décrets. Physionomie de la réunion. — Arrivée de quelques afjents de la force publique et de quelques soldats. Ordres demandés. Le général Forey . L'Assemblée est dispersée par la force ; les représentants sont conduits à la caserne du quai d'Orsay. — La haute Cour; comment elle est dissoute. — La résistance légale est partout impuissante. 507 m. — La résistance légale vaincue; il ne reste plus que le recours à l'insurrection. — Caractère général des révolutions dans notre pays. Avantages de Louis- Kapoléon; comment il surprend ses adversaires, loin d'être surpris par eux La presse, la garde nationale, l'armée; découragement ou incertitude de« ma.sses. — Conciliaiiules de la gauche dans la journée du 2 décembre; nouvelles défavorables à la résistance; création d'un co/ni(e insurrectionnel ; remlezvous pris pour le lendemain au faubourg Saint-Antoine. — Le 3 décembre : réunion à la salle Roysiii, faubourg Saint-Antoine; barricade élevée à l'angle des rues de Cotte et Sainte-Marguerite : la troupe survient ; coups de feu; mort du représentant Baudin. — Physionomie de la capitale pendant la journée du 3 décembre. Torpeur et indifférence des faubourgs; surexcitation très vive dans les quartiers du centre; agitation sur le» boulevards. Isolement autour de Louis- Napoléon; dans l'aiirès-midi, l'esprit de résistance s'afKrme; appel aux armes, rassemblements, barricades au faubourg du Temple détruites par le général Herbillon; dans la soirée, nouvelles barricades rue Beaubourg; combat et répression sanglante. — Le comité de résistance; ses réunions successives; ses espérances 519
IV. — Plan du général Magnan ; il fait rentrer les troupes dans leurs casernes, se réservant d'écraser l'émeute le lendemain si elle reparaît. — Le 4 décembre; liberté laissée à la sédition pour se développer. Proclamation du préfet de police. Aspect de la capitale : barricades, rumeurs, rassemblements, fausses nouvelles. — Mouvement concentrique des divisions Carrelet et Levasseur; l'insurrection est débordée de toutes parts dans les quartiers du centre : le 4, dans la soirée, dernier combat rue Montorgueil. — Les boulevards pendant la journée du 4 décembre; sanglant épisode 527
V. — Aspect de la capitale le 5 déceiubre; le calme se rétablit. — Morts et blessés; armée, population civile; comment des relevés peu concordants font naître l'incertitude. — Arrestations nombreuses. Disparition du comité «le résistance. — Proclamations du ministre de la guerre, du président de la République. — Etat de l'opinion. Premiers bruits d'insurrection socialiste en pri>vince ; comment ces bruits se confirment 535