‹ Histoire de la sépulture et des funérailles dans l'ancienne EgypteChapitre 68 sur 80 · I»L. XC · texte numérisé non relu

I»L. XC

Tombeaux d’El-Aniarna.

Troisième tombeau du Nord. Seconde chambre. Montant de la porte (d'après Lepsius, 111 Ablh., pl. 97 a).

bien, puisque le roi vient de terminer su visite. On le voit en effet vers le milieu du tableau, sous les rayons du disque, coiffé du casque royal avec Yuræus en tête et deux longues bandelettes pendantes sur les épaules, comme les fanons d’une mitre, vêtu d'un grand jupon rayé retenu à la taille par une ceinture flottante, chaussé de sandales et tenant à la main gauche un long bâton. Derrière le roi se tient la reine, les mains pendantes, coiffée et chaussée comme son époux et vêtue d’une robe transparente; derrière elles sont deux filles. Puis viennent sept personnages courbés, étagés les uns au-dessus des autres, et au-dessus des princesses sont rangés d’abord deux porte-ombrelle et deux tlabell ifères tenant à la main leur mouchoir de cérémonie et plus haut huit flabellifères sur deux rangs tenant aussi le le mouchoir. Devant le Pharaon est Rameri qu’un grand personnage est en train de décorer de colliers d’or que lui présentent trois officiers courbés d’une manière fantastique. Au-dessus d’eux sont quatre scribes courbés aussi, tout prêts à enregistrer les paroles qui vont être prononcées : en avant est un personnage qui pose ses deux mains sur ses genoux. Audessus des scribes, trois personnages sont effacés. Plus haut encore deux personnages apportent des vases très petits et ont derrière eux quatre porte-ombrelle. C’est devant celte assistance choisie que le Pharaon, satisfait de la visite qu’il avait opérée, récompense Rameri et laisse tomber ces paroles de sa bouche : « O préposé à la maison de l’or et de l’argent, ceins de colliers le grand voyant du Disque solaire dans la ville La splendeur du disque , Rameri; que lui soit donné de l’or à son cou jusqu’à ce qu’il atteigne ses pieds, parce qu’il a entendu l’instruction du Pharaon, vie, santé, force, en tout ce que celui-ci dit au sujet de ces places excellentes qui ont été faites au Pharaon, vie, santé, force, dans la salle de l'obélisque dans le temple du Disque dans la ville Splendeur du Disque , remplies de toutes choses bonnes, de grains, blé, orge, contenant en grande quantité les offrandes que l’on fait au Disque et qui proviennent de lui1. » A quoi le grand voyant du temple du Disque, porte-flabellum à la droite du roi, le loué du maître des Deux Terres, Rameri, répond : « Soit en bonne

i. C’est-à-dire : celles que fait pousser le soleil par sa chaleur et qui lui seront offerte? par la suite.

Ann. G.

ANNALES DU MUSÉE GUIMET

san 16 le que soit bon le Disque, et qu'il fasse ma durée près de lui

jusqu’au siècle éternel. » D’où l’on peut voir que la maison blanche dont Rameri avait le gouvernement était la maison blanche du temple d’Aten. En dehors du lieu où se tiennent les acteurs et les assistants de celte scène est l’escorte du roi, les lanciers armés de la hache et du bouclier, les soldats ayant le fléau que nous avons vus au commencement de la paroi; les chars qui doivent aussi emporter le Pharaon et sa famille sont prêts et n’attendent que le moment du départ. Pour opérer le départ, le cortège doit longer à gauche les étables — il y en a quatre — où des bouviers font prendre de la nourriture à des bœufs, debout ou couchés, qui sont déjà fort gras, et à droite un endroit où l’on voit treize barques amarrées, la voile carguée pendant qu’à la poupe des première, troisième, cinquième, septième, neuvième et treizième barques, un marinier se tient courbé, saluant sans doute le cortège, les autres ayant un autel chargé de provisions. Sur la dernière, on voit une porte et une sorte de dessin géométrique. Que signifie celte porte ? 11 serait assez étonnant qu’on eût voulu représenter des barques sur l’eau, car il n’y a point d’eau : je croirais assez volontiers que c’est encore le magasin où se conservaient les barques affectées au service du temple, ce qui montre que la ville de lvhoutaten était irriguée et que des canaux assez considérables y menaient les provisions que son territoire ne pouvait guère produire. Avec les barques finit la décoration de la paroi de droite.

La paroi qui fait face à celle-ci représente la sortie du Pharaon de sou palais, suivi de sa famille et de toute sa cour pour aller sans doute à l’édifice qui est représenté sur le mur du fond, en la partie gauche qui fait suite naturellement à ce mur de gauche. Le roi est précédé de quatre rangées de soldats et d’officiers. En haut ce sont des officiers avec leurs insignes, porte-flabellum, porte-étendard, porte-ombrelle ; plus bas des soldats armés de la lance et du bouclier, et tenant à la main gauche la hache de combat; ils sont commandés par un officier ayant le bâton de commandement sur l’épaule ; plus bas encore, sont les soldats armés de fléaux et commandés par un officier qui a un casse-tête de forme particulière sur l’épaule. Tout au bas du tableau sont des porte-étendard et des porte-ombrelle avec leurs insignes ornés de banderoles qui flottent au

Fl. XCI.

Tombeaux d'El-Amarna. Troisième tombeau, deuxième chambre. Mur de la porte (d’après Lepsiüs, llf Abth., pl. 96).

venl : ils sont suivis de lanciers avec le bouclier, de soldats armés do casse-tête1, d’auxiliaires étrangers armés de la lance et portant à leur ceinture une dague dans son fourreau, et enfin de deux soldats égyptiens ayant le casse-tête ordinaire sur l’épaule. Tous ces personnages et aussi tous ceux qui composent ce tableau, s’ils ne sont pas montés dans les chars, tiennent le pas de course, car ils doivent suivre les chars du cortège. Attirés par le bruit et par le spectacle, deux hommes sont accourus pour voir passer le cortège pharaonique, deux fellahs, à on juger par leurs habits qui se réduisent, au seul pagne ; l’un d’eux est tombé sur ses genoux, l’autre se tient debout, tous les deux lèvent les mains à la hauteur de la figure, en signe d’adoration, comme s’ils voulaient garder leur vue de tant d’éclat et de magnificence. Ils n’ont qu’ci se bien garer, s’ils veulent éviter les coups de deux sais qui, leur long bâton à la main, courent devant le char du roi, suivis de deux autres coureurs serrant les coudes. Le Pharaon s’avance sur son char au galop de ses deux chevaux magnifiquement harnachés, qu’il conduit lui-même, les rênes dans les mains avec le fouet en plus dans la droite. Il est superbement vêtu d’une longue robe transparente a courtes manches dont l’extrémité inférieure flotte au vent; coiffé de la mitre avec Yuræus au front pendant que les deux fanons flottent, il se tient debout, dans une altitude digne et correcte. Il est suivi de la reine conduisant elle-même son char, vêtue et coiffée comme son mari, à l’exception que sa mitre est plus arrondie, dans la même attitude que le roi. Viennent ensuite quatre filles du couple royal, montées deux à deux sur des chars que conduisent les aînées pendant que les cadettes les entourent de leurs bras. Les suivantes de la reine et des princesses sont montées deux par deux sur six chars, conduits par des cochers spéciaux, car les femmes se bornent à tenir l’insigne de leur charge, c’està-dire la plume d’autruche au bout d'une longue hampe. En dessus et en dessous de ces chars sont des sais, armés de leur bâton, courant de toutes leurs forces; ils sont suivis de soldats de police portant des casse-tête. Dans le registre du bas, un peu après le char du roi, on voit un cocher qui

1. Peut-être pourrait-on voir en ces soldats des frondeurs armés de leurs frondes, mais en ce cas il faudrait une convention de dessin bien forte pour faire tenir leur corde sur l’épaule.

ANNALES DU MUSÉE GU I M ET

monte dans le char et va lancer son attelage : ce char est suivi d'officiers portant des chasse-mouches ; un sais et un autre coureur courent ensuite devant trois chars où sont montés des suivants ou des courtisans du Pharaon. Tout ce cortège sort du palais qui est représenté dans la partie supérieure gauche de la paroi. Des provisions et des rafraîchissements se voient disposés à l’entrée et en avant de l’enceinte, deux personnages, un militaire armé d’une fronde et un civil, sont en train de se faire des politesses, le second présentant un vase au premier. L’édifice lui-même est représenté dans la manière que j’ai dite plus haut ; une grande porte y donne entrée, ainsi qu’une plus petite à gauche. On entre dans une cour où se trouvent deux personnages, l’un à droite se purifiant, l’autre à gauche faisant une action que je ne peux déterminer autrement qu’en disant qu'il se courbe en tenant un objet que je ne connais pas. Cette cour se terminait par un portique en avant d’une porte qui conduisait dans une maison surmontée d’une galerie ouverte, soutenue par des colonnes; de chaque côté de la cour régnait une galerie dans laquelle on entrait du dehors par une porte spéciale. Une porte en chaque partie communiquait avec une grande salle dont le plafond était soutenu par des colonnes, dans laquelle étaient des provisions de toute sorte, des bijoux, des vases précieux, un fauteuil tout préparé pour recevoir celui qui devait s’y asseoir. Entre les deux colonnes, à gauche, un serviteur se baisse pour prendre quelque chose, à moins qu’il ne fasse sa prière. Trois portes font communiquer cette salle avec la partie la plus reculée du palais : celle de droite a été placée à l’extérieur parce qu’elle ne pouvait trouver place à l’intérieur à cause de ces grands zîrs qui sont sur leurs piédestaux. Un serviteur vient de sortir des appartements les plus intérieurs du palais et est prêt à entrer dans la salle que je viens de décrire, portant des provisions. Sur cette cour donnaient quatre portes menant dans des chambres où étaient rangés des vases sur leurs supports, des supports, des autels et des tables. La troisième de ces chambres était elle-même divisée à son extrémité en deux petits appartements où se trouvent des provisions sur un piédestal avec un petit autel à brûler des parfums ou à poser une lampe par devant. Dans la dernière, celle qui est tout en haut, on voit des colliers et des provisions sur deux piédestaux, et dans un coin un lit enveloppé de sa moustiquaire.

Pi-

Troisième TOMBEAU D’EL-AMARNA, PORTE D'ENTRÉE DE LA GRANDE SALLE.

(D’après les dessins de Nestor L’hôte, papiers, XI, pl. 27.)

Lo mur du fond, celui qui faisait face à la paroi d’entrée, ne nous a pas, je crois, élé conservé entièrement, autant que je peux en juger par la disposition des planches qu’a publiées Lepsius. Elle se divisait en deux parties, celle de gauche et celle de droite, chacune ornée d’une manière spéciale. La partie de gauche était, je crois, la continuation du mur que je viens de décrire. Les prêtresses, les prêtres, les officiers de tout rang et de tout ordre, en particulier les premiers serviteurs d’Aten, sont en avant du temple, avec les victimes qu’on doit offrir, attendant l'arrivée du roi, prêts à lui dire ce qu’une lacune dans les textes qui accompagnaient ces représentations nous empêche de savoir, mais où l’on voit qu’il est question d’heureuse arrivée. Les femmes employées au culte sont représentées sur deux rangs, précédées et suivies de prêtres agenouillés ou debout, tlairanl la terre ou levant les mains en signe d’adoration : chaque groupe de femmes est précédé d’une prêtresse levant aussi les mains, pendant que les autres femmes présentent des vases, des couffes pleines d’offrandes, ou ont simplement les mains tendues devant la poitrine. Quelques-unes du second groupe ont des rameaux de palmier à la main, et près de l'une d’elles se voit une petite fille, ce qui montre, je crois, que ces prêtresses pouvaient être vouées au culte de D’eu dès un âge assez tendre, tout comme les garçons. Le second registre nous montre des porte-ombrelle, puis des bouviers, porteurs de bouquets, avec leurs animaux muselés, ornés de bouquets, ayant une couronne sur la tête, entre les cornes, parés en un mot pour le sacrifice. Le grand prêtre, le voyant, était, je crois, représenté, au troisième registre, en avant des trois serviteurs premiers d’Aten. Au quatrième, qui est presque complètement effacé, on ne peut guère savoir qui sont ou ce que font les personnages représentés. Au registre du bas, on voit des prêtres ou des attachés au temple apportant des oies, conduisant des bœufs pour le sacrifice qui va être fait dans le temple. Ce temple, autant qu’on en peut juger par le disque envoyant ses rayons au-dessus, n’est représenté qu’en partie dans la partie droite de la planche et il est disposé d’une autre façon que le reste du tableau. Il est en effet figuré dans le sens de la bailleur de la paroi, disposé d’une manière identique à celle de la maison blanche qui a été décrite plus haut. C’était aussi une enceinte rectangulaire dans laquelle on pénétrait par une porte située

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en bas, donnant sur une cour où étaient des appartements des portiers et magasins : celle cour contenait les provisions de bienvenue habituelles. Le grand pylône, avec ses mâts «à banderoles, venait ensuite, donnant entrée sur une très large cour, au milieu de laquelle se trouvait un bassin, avec quatre bœufs rangés à chaque angle avec les ustensiles nécessaires au sacrifice. Les salles succédaient alors aux salles, les galeries aux galeries, les chambres et magasins aux magasins et aux chambres, tous remplis des provisions convenables, à côté d’autels portatifs ou de brûleparfums, offrant un plan très compliqué qu’il est beaucoup plus difficile d’expliquer que la maison blanche que nous avons vue. Tout en haut est le sanctuaire soutenu par des colonnes avec les statues des dieux. Près de la porte, à droite, on voit les musiciens chargés de jouer et de chanter les hymnes saints; à gauche sont les cuisines sacrées, avec la victime : en haut on voit les cuisiniers à l’œuvre, purifiant leurs chaudrons, pendant que les vases dont l’on se servait pour apporter l’eau, au moyen d’une briche, sont dans un coin. Ce sanctuaire était un bâtiment spécial ayant ses parties diverses, ses chambres; mais il se composait principalement d’une vaste salle où l’on voyait un autel chargé de toutes les provisions qu’on offrait au dieu, à ce dieu dont les rayons protégeaient et illuminaient la sainte demeure.

Je rattacherais assez volontiers à cette partie gauche de la paroi du fond une autre représentation que Lepsius dit appartenir à la partie droite et qui représente aussi une partie du temple, avec les victimes, les musiciens, les cuisines sacrées, la grande salle postérieure avec l’autel chargée de victimfes, la salle hypostyle avec ses colonnes, ses couples divers, ses autels, et même la salle hypèthre ou parvis avec le roi, ou sa statue, assis sur un siège, l 'itræus au front. Ce temple évidemment ne ressemble que de très loin aux temples conservés actuellement en Égypte ; mais, outre que nous ne connaissons pas d’une manière certaine la destination de chaque salle, de chaque chambre du temple égyptien et que nous ne savons pas encore d’après quelle méthode les artistes de l’Égypte représentaient à la vue par le dessin les diverses parties du temple, que savonsnous de la réforme religieuse qu’entreprit Aménophis IV? Nous sommes trop portés (à limiter cette réforme aux idées religieuses proprement dites,

PI. XCÏÏf

Tombeaux d’El-Amama. Quatrième tombeau du Nord (d'après Lepsius, lit Ablli., p'- a)-

sans penser que, s’il y eùl réforme dans les idées, il dut y avoir aussi réforme dans le culte, c’est-à-dire dans la manière dont les idées religieuses se traduisaient par les actes de religion. Si Aménophis IV changea les unes, comme il le fît, il dut changer les autres et ne pas s’en tenir exclusivement à la tradition reçue des ancêtres. Le til-il? Assurément, à mon avis; il ne fut pas seulement un innovateur en idées métaphysiques, ce fut un grand révolutionnaire en tout : il n’eut que le tort de devancer trop un siècle qui ne marchait que lentement, c’est pourquoi il échoua.

Comme la partie gauche de la paroi du fond se rattachait au mur de gauche, la partie droite devait faire suite au mur de droite, c'est-à-dire nous représenter d’autres édifices de la maison blanche du dieu. Cette paroi est en effet exclusivement consacrée à des édifices que le lecteur pourra maintenant facilement s’expliquer à lui-même. 11 y en a trois, plus un jardin renfermant un kiosque. Ce jardin se voit en haut à gauche, planté d’arbres de diverses essences, autour d’un bassin. Le kiosque se voit à la partie inférieure dujardin, entouré d’arbres. De là, par une série de portes, on pénétrait dans un premier édifice rectangulaire, toujours fait dans la manière que j’ai dite plus haut. 11 contenait une série de huit chambres de chaque côté, regorgeant de provisions et surmontées d’une terrasse à laquelle conduisait l’escalier représenté de chaque côté. Chaque chambre donnait sur une cour plantée d’arbres. Venait ensuite un bâtiment intermédiaire composé de galeries à colonnes tout autour, coupées par deux pylônes. Au centre un petit bâtiment avec terrasse à double escalier. On sortait de ce premier édifice par un pylône faisant face à celui par lequel on entrait, et l’on se trouvait en présence d’un nouveau bassin entouré d’arbres. A droite, une triple porte percée dans le mur permettait d’entrer de l’extérieur, et l’on tombait au milieu d’arbres plantés symétriquement, d’acacias autant que l’on peut en juger par la représentation, avec un troisième bassin sur la droite. Vis-à-vis du bassin, se voyait le pylône donnant entrée dans le second édifice composée aussi d’une cour et d’édifices intérieurs. Cet édifice se composait de deux rangées de chambres séparées par une cour, avec un portique soutenu par des colonnes pour la rangée extrême. Les chambres sont vides, ou du moins l’artiste n’a pas représenté ce qu’elles contenaient; peut-être était-ce une partie de la maison

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blanche du dieu non encore occupée par les offrandes. Il n'y avait pas communication parle mur du fond, et pour sortir il fallait revenir à la porte d’entrée, faire le tour à l’ombre des arbres afin de pénétrer dans le troisième édifice. La première cour de cet édifice contenait à gauche les écuries, et l’on voit encore, quoique toute cette partie de la paroi soit détruite, deux ânes en train de manger leur paille hachée, leur tibn , dans des baquets disposés devant eux. Ce qui rend plus déplorable encore l’effacement de celte partie de la paroi, c’est qu’elle contenait une inscription qui nous aurait certainement appris la destination de l’édifice; il ne reste plus que le commencement de quelques lignes et malheureusement il n’y a pas un seul mot qui puisse nous mettre sur la trace de cette destination. A droite et dans toute la hauteur du côté on voit deux cours plantées d’arbres et contenant des magasins dont ies porles donnaient sur la cour extérieure ou sur les cours intérieures. Cet édifice se compose de cours entourant une partie centrale avec des colonnades de divers types et de diverses grandeurs. On y remarquera un nouveau type de porte avec un arc surbaissé contenant deux impostes, l’une arrondie, l’autre rectangulaire, comme il en existe encore dans certaines fermes du Bus-Poitou, avec cette différence que les Égyptiens ne connaissaient pas les vitres et devaient se servir d’autre matière translucide. Les chambres de côté servaient sans doute de magasins, car quelques-unes sont remplies de vases et de provisions solides. Dans la partie de l’édifice qui touchait à droite à la cour extérieure et dont la porte donnait sur la cour d’entrée, on voit des offrandes qu’on ne retrouve pas ailleurs et surtout l’indication d’un double appareil architectural, à savoir deux corniches, soutenues chacune par deux colonnes qui ne sont qu’amorcées. Cet édifice mérite d’être sérieusement étudié et avec plus de détails qu’il ne m’esl loisible de le faire ici.

11 faut ajouter à celte description les couleurs merveilleuses qui décoraient les corniches et les plafonds, rehaussant le fini et l’ingénieux des

. 1. C’est la fonction exprimée par le titre de C ^ (j (j ^ et que M. Virey a

étudiée dans le Recueil dirigé par M. Maspero. Je ne partage pas tout à fait sa manière de voir et je crois, avec M. Maspero, qu’il s’agissait des magasins rangés autour de la cour en chaque demeure princière ou temple.

Pl. xciv

Cinquième tombeau d’El-Amahna, paroi d'entrée a droite.

(D’après les dessins de Nestor L’hôte, papiers, XI, pl. 15.)

dessins, pour se faire une idée de la richesse de ce tombeau, de l’habileté des dessinateurs et sculpteurs, de l’art enfin qui y règne en maître, quel que soit le jugement qu'on puisse porter sur cet art.

Le quatrième tombeau est celui d’un certain Ahmès qui était scribe royal en charge, porte-flabellum à la droite du roi, proposé à ses magasins1, préposé à la maisoD pharaonique d’Aménophis IV. C’est donc là que nous aurions dû attendre la représentation des édifices occupés par le roi de sa cour; malheureusement, il est inachevé et je ne peux que donner ici ce qu’en dit Nestor L’hôte : « Au fond de la chapelle est une statue colossale assise; cette statue est très mutilée, mais on remarque encore sous le sein le pli caractéristique de l’embonpoint : on ne peut, du reste, déterminer le sexe du personnage ; je crois que c’était un homme, l’encadrement de la porte d’entrée est analogue aux précédents ; maisles cartouches en sont mieux conservés, ainsi que les légendes dont ils fout partie. A droite et à gauche de l’intérieur de la porte est le personnage qui probablement l’a fait exécuter : il est debout dans l’attitude de l’adoration et derrière lui est attaché le flabelhim dont la forme mérite d’être remarquée. La paroi de gauche (vestibule) offre seule une partie de la décoration à l’état d’ébauche; vers le milieu de la paroi, registre supérieur, on voit, tracé en rouge, le roi sur son char tiré par deux chevaux au galop : il se dirige, du côté de la porte d’entrée, vers un édifice en élévation avec deux portes ou pylônes, et rempli à l’intérieur de coffrets d’offrandes : en en avant du char royal, marchent ses quatre filles dans une altitude respectueuse, des soldats armés d’une hachette et d’un bouclier, les autres de fléaux. Entre les doubles rangs est un homme debout en face du roi et sonnant de la trompette. Au registre inférieur, dans la partie gauche la plus voisine de la porte d’entrée, on voit un personnage assis sous un naos, et tenant de la main gauche le flabellum ou la plume : la main droite est portée en avant. Derrière lui marchent quelques figures mutilées et s’élèvent les colonnes à campanes d’un édifice avec de nombreux pylônes, des guéridons et des coffrets chargés d’offrandes. Le soleil radieux étend ses mains de la corniche. Sous le ciel, à gauche du lit, la légende ordinaire L »

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