‹ Histoire de la sépulture et des funérailles dans l'ancienne EgypteChapitre 67 sur 80 · C’est ainsi que je traduis le titre égyptien Ourmaou · texte numérisé non relu

C’est ainsi que je traduis le titre égyptien Ourmaou

2. Ce mot que je traduis par serviteur et qui signifie proprement : celui qui écoute le cri, la voix, l'ordre, est un litre sacerdotal qui fut fort fréquent par la suite dans les temples thébains.

3. Ces mots sont entre crochets parce que le texte est mutilé. Ils ne donnent certainement qu’une traduction fort imparfaite.

4. .l’ai rattaché les cinq lignes qui se trouvent en avant de Rameri aux quatre placées en arrière.

Les colonnes de celte salle étaient coloriées et ornées de dessins pris dans le règne végétal, lesquels devaient être du plus bel effet, avec une scène sur laquelle rayonne le disque : toutes étaient marquées au nom de Rameri. Les montants de la porte sont ornés de deux scènes qui se correspondent l’une à l’autre : à droite, Rameri, debout, un quadruple collier autour du cou, vêtu d’une robe transparente qui lui laisse le ventre à découvert, les pieds chaussés de sandales, lève les mains et récite un hymne au Disque : à gauche; c’est la femme de Rameri, Senouro, qui fait la même récitation : elle est vêtue d’une robe transparente, porte un quadruple collier autour du cou et est coiffée d’une perruque longue surmontée d’une fleur et de deux boutons de lotus avec le cône à onguent. De chaque côté, l’hymne à Aten se continue en lignes horizontales sous la scène.

Mais avant cette scène, la porte d’entrée et la paroi de droite contiguë à cette porte étaient ornées. La porte présentait à l’intérieur une décoration peu ordinaire et qu’on ne trouve que dans cette nécropole. Au-dessous de la corniche, au-dessus de la baie, les cartouches du dieu, du roi et de la reine, puis deux hymnes très courts au double de Râ, c’est-à-dire au roi ou au dieu, pour qu’il donne la demande que lui fait le défunt représenté à droite, un genou en terre comme flabellifère, portant son insigne sur l’épaule gauche, ayant au cou un collier d’un seul rang; à gauche, tenant la plume et son mouchoir dans la main gauche et portant au cou un collier à double rang. Puis, le long des jambages, descendent trois colonnes d’hiéroglyphes de chaque côté, où le Disque est invoqué comme la vie des Ancêtres.

La paroi de droite de la seconde chambre est ornée d’une immense composition qui n’a pas moins de 7m,20 de longueur et qui dut nécessiter au sculpteur et au dessinateur, en attendant le peintre, un travail immense. Ce sont les fonctions particulières de Rerima en tant que chef de la maison blanche du Pharaon et de grand prêtre d’Aten qui en forment le sujet. Cette composition peut se diviser en deux parties et je vais décrire le très beau dessin qu’en a fait Nestor L’hôte, dessin que le lecteur pourra voir ici et qui lui donnera une idée du travail qu’il fallut aux artistes de l’Égypte pour mener à bonne fin celte composition, en lui Ann. G. 81

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montrant la patience du dessinateur français. La maison blanche du Pharaon, ce n’était plus ni moins que les vastes magasins où le roi d’Égypte amoncelait les provisions de toute sorte qui lui étaient nécessaires pour faire vivre d’abord sa maison et pour faire exécuter les travaux que faisaient les artistes attachés à sa cour. On l’appelait maison blanche parce que sans doute elle était blanchie à la chaux, comme le sont encore les bâtiments appartenant au gouvernement dans la Haute-Égypte *. Rien n’est plus semblable, à mon sens, aux maisons de l’ancienne Égypte que certains grands couvents de l'Égypte moderne, par exemple ceux de Bousch-Qorah et de Moharraq que presque personne ne visite, et qui auraient pu donner aux égyptologues l’idée de ce qu’était une maison importante dans l’ancienne Égypte. Ils se composent d’une très grande enceinte affectant une forme rectangulaire plus ou moins régulière, n’ayant qu’une ouverture arrondie au-dessus d’une large baie carrée. Près de cette porte sont les logements des portiers et des magasins pour les fourrages ou les instruments aratoires, et aussi des étables pour le menu bétail. A une centaine de pas plus loin vers l’intérieur, une nouvelle enceinte moins élevée, rectangulaire aussi,avec des étables pourles gros bestiaux, bœufs et vaches, chameaux, ânes, avec des magasins pour les fourrages, pour toutes les opérations agricoles qui ressortent à l’entretien et à l’utilisation des animaux qui ont chacun leur quartier séparé, soigneusement barricadé afin d’empêcher les vaches et les bœufs de passer dans le quartier des ânes, ceux-ci dans le quartier des chameaux. Plus loin encore se dresse un nouveau mur et s’ouvre ou se ferme une nouvelle porte donnant entrée dans le couvent proprement dit. Ce couvent se compose, au nord et à l’est de l’aire qu’il occupe, des divers bâtiments nécessaires pour la vie générale, cuisine, boulangerie, fours, tisseranderie, etc. A l’extrémité opposée à l’entrée, c’est-à-dire au sud, sont les cellules des moines, bâties sur une double file, diverses de forme et de grandeur selon les divers états d’avancement dans la vie religieuse, réduits sombres, étroits, n’ayant qu’une

1. M. Maspero a déjà fait cette remarque dans le tome II de ses Études égyptologiques, p. 37-38. Je diffère de sentiment avec lui en ce que je crois qu’il y avait plusieurs doubles maisons blanches , les unes destinées à l’or et à l'argent, les autres aux diverses choses qui pouvaient entrer dans ces magasins.

toute petite porte qui permet d’entrer si l’on se courbe, pour les novices, chambres spacieuses, ou même véritable petite maison à deux étages avec une terrasse pour les religieux élevés en dignité. A l’ouest est la maison du supérieur, avec étage et rez-de-chaussée : celui-ci servant de chambre de débarras où l’on entasse tout ce que l’on veut; l’étage, auquel on arrive par un escalier bien fait, montrant tout au long les appartements qui se commandent tous l’un l’autre, tandis que les cellules que nous avons vues ont toutes leur ouverture sur larue. Cette maison a devant elle une aire très large, au centre de laquelle est bâtie l’église. Telle est en gros l’économie d’un monastère copte; nous allons voir que les palais des Pharaons ou de ses hauts officiers n’en différaient pas beaucoup.

Les sculptures de la paroi droite de la seconde salle ont en effet trait à une double scène ayant rapport avec les fonctions de Rameri en tant que préposé à la double maison blanche , ou plutôt elles reproduisent un double moment delà même scène, c’est-à-dire de la visite des magasins faite par le Pharaon. Ces magasins étaient immenses : l’artiste n’en a pris ici que ce qui lui convenait, ayant déjà représenté les autres parties de ce qu’on pourrait appeler les docks de Khouenaten. C’est pourquoi Ton ne voit, ni dans le tableau du haut, ni dans le tableau du bas, l’entrée principale de cette vaste agglomération de maisonnettes séparées : les deux scènes ne sont unes que par le but de la représentation : on a sculpté diverses parties de l’immense schoaneh pharaonique. L’entrée première d’une partie de ces magasins généraux serait à droite du tableau supérieur que domine un disque envoyant ses rayons qui se terminent comme d’habitude, c’est-à-dire par la main prête à recevoir les offrandes ou à donner en échange la vie. Cette entrée se compose d’un pylône entre deux autres portes. Ce pylône conduisait dans une cour et vis-à-vis du premier pylône, s’entrouvait un second plus orné qui était l’entrée d’une seconde cour sur les côtés de laquelle régnait une double galerie dont le toit était soutenu par des colonnes ornées, ou non, de longues banderolles flottant au vent : dans ces galeries sont des provisions entassées avec ordre. Le pylône représenté avec la première galerie ne permet pas de les voir, mais elles sont visibles à la seconde. Ces deux galeries étaient suivies, ou précédées, je ne sais trop, d’autres chambres closes qui longeaient la cour : la porte de celle de droite est repré-

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sentée ainsi que les provisions qu’elle contenait: celle de gauche ne pouvait être représentée que par les provisions qu’elle contenait et que le dessinateur a rejetées en dessous du premier pylône, en avant du troisième char, faute de place et faute aussi de connaître les règles de la perspective. Le Pharaon et sa famille, suivis de leurs officiers, ayant traversé les deux pylônes d’entrée, ont laissé les trois chars dans la cour de service : les conducteurs sont descendues et tiennent les rênes, regardant le roi qui s’éloigne, pendant qu’un palefrenier contient les attelages et que tout au sommet du tableau deux personnages regardenlce qui se passe : en avant du char du bas est l’escorte pharaonique composée de lanciers portant le bouclier passé au bras gauche et une hache dans la main droite, de gens armés d’une sorte de lléau avec lequel ils cassaient la tête des ennemis et de deux rangées de porte-éventails ou llabellifères; au-dessus d’eux sont rangés, un par un, cinq fonctionnaires qui se tiennent courbés en deux et dont le supérieur ale bâton de commandement. Cette cour était fermée par un mur dans lequel se trouvait un nouveau pylône représenté deux fois, que traversent quatre filles du roi, armées du sistre, et suivies chacune de son flabellifère tenant l’insigne de sa fonction à la main gauche et un mouchoir de cérémonie à la main droite. Le pylône donnait entrée dans une nouvelle cour le long du côté droit de laquelle régnait une galerie soutenue par des colonnes de bois, galerie seulement amorcée en haut; à gauche étaient des chambres closes surmontées d’un étage en forme de galerie soutenue par des colonnes, ayant des fenêtres au mur extérieur. En avant de ce bâtiment qui devait sans doute courir le long de la cour mais qui n’a été représenté que sommairement, sont trois personnages de la suite du roi. Le Pharaon et sa femme occupent la partie supérieure du tableau audessous des rayons du disque et des cartouches à peine indiqués. La reine, entre le roi et ses filles, est chaussée de sandales et vêtue d’une large robe d’étoffe transparente; elle est coiffée d’une sorte de casque, ou plutôt de mitre avec des fanons qui tombent sur les épaules ; la mitre est surmontée d’une autre coiffure purement symbolique consistant dans le disque entouré des deux plumes. A son nez le rayon extrême du disque lui met le signe de la vie sous les narines. Elle laisse tomber sa main gauche et de la droite elle présente le casse-tcte , signe de la puissance, au dieu Soleil.

I*l. LXXXVIII.

nde chambre. Partie droite de la paroi du fond th-, pl. 95).

En avant d’elle, sur deux autels portatifs entourant un large bouquet, sont des offrandes de (leurs, de fruits et de pains. En avant des autels est le Pharaon vêtu, chaussé, mais non sans doute coiffé comme la reine1; il fait les mêmes gestes et présente le même insigne au dieu qui lui donne aussi la vie en ses narines. Devant lui sont des autels chargés d’offrandes en fruits, fleurs, pains et viandes rituelles, avec de grands zîrs de chaque côté.

En côté, se voit Rameri, courbé, vêtu d’un pagne de cérémonie et chaussé de sandales; de sa main droite, il tient l’encensoir en forme de main, de sa main gauche il présente le vase d’eau au maître qui daigne honorer de sa visite les bâtiments qui lui ont été confiés. L’endroit où se passe celte scène est la cour d'honneur et Rameri offre à son seigneur les présents divins pour signifier que le maître est chez lui, tout comme aujourd’hui dans une église le clergé se rend à la porte pour recevoir le chef de l’État et lui offre l’eau bénite. Le Pharaon est arrivé en effet devant la partie de la maison blanche consacrée à la religion, c’est-à-dire devant les magasins du temple et tous leurs accessoires. Le pylône d’entrée est orné de cinq mâts à banderolle de chaque côté : les banderolles flottent au vent et les mâts sont retenus à des écrous fixés dans la maçonnerie du pylône. Ce premier pylône est suivi de deux autres qui mènent dans la salle principale où se dresse un autel surchargé d’offrandes de toute sorte. Près de l’entrée sont rangés deux coffres, et, à gauche, des bouquets et des tables d’offrandes surmontées de pains et de fruits. De chaque côté de cette salle d’honneur est une rangée de portes donnant entrée dans des chambres remplies d’offrandes et de bouquets avec deux rangées de tables représentées complètement à gauche où il y en a vingt, précédées d’une cuisine dont on voit la porte et qui était séparée des chambres dont il s’agit; adroite, au contraire, les portes et les chambres ne sont représentées qu’à partir de l’endroit où les mâts du pylône laissent l’espace libre, et le dessinateur européen n’en a dessiné que six, laissant l’emplacement des autres vides, quoique les tables d’offrandes soient diversifiées par leur contenu. Les portes qui donnaient

1. La coiffure du Pharaon est effacée; mais il ne reste guère de place pour la haute coiffure qu'il aurait eue, s’il eût été coiffé comme sa femme.

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entrée dans ces chambres étaient quelquefois précédées de zîrs et d’offrandes déposées sur des tables pour la satisfaction des passants, comme c’est toujours la coutume en Égypte pour les gens riches et les heureux de la terre. On sortait de la salle d’honneur par trois portes, dont les deux extrêmes étaient précédées de zîrs et d’offrandes, pour arriver dans une autre salle en plein air où se voient de nouvelles provisions. On partait ensuite dans une autre cour ou salle en plein air de même remplie de provisions, mais contenant sur la gauche un édifice à étage ayant une salle au rez-de-chaussée et deux à l’étage; à droite on remarque un pylône à l’extrémité qui donnait entrée dans une galerie dont je parlerai bientôt. Le pylône, qui donnait entrée dans cette seconde cour, était suivi, à la largeur de la cour, d’une nouvelle aire sur laquelle donnaient deux colonnades à double étage à gauche, à un seul à droite : la colonnade de droite précédait une maison à étage où il y avait trois chambres en haut, et on y pouvait accéder par le pylône que j’ai mentionné tout à l’heure. A gauche, les deux maisons' qui étaient placées au centre de l’aire n’avaient que deux chambres àl’étage supérieur. Quand on avait traversé la cour du milieu, on trouvait une nouvelle porte donnant entrée dans un nouveau bâtiment où étaient des provisions. Ensuite nouvelle porte conduisant dans une grande cour où se dressait une table chargée d’offrandes, avec deux autels portatifs : aütour d’elle étaient d’autres tables plus petites, couvertes de bouquets, de viandes, avec chacune un autel. Sur les côtés du pylône d’entrée, il y avait à gauche trois chambres contenant chacune une table et un autel à brûler des parfums et une quatrième où l’on entrait de la cour, à droite des maisons qui en faisaient le fond; à droite, quatre chambres ayant une porte, dans la dernière desquelles il y avait deux autels à brûler les parfums, et dans les trois autres une table et un autel. Visà-vis, pour chaque côté, le mur qui terminait la cour était précédé de chambres exactement meublées comme celles qui viennent d'être décrites et avec les mêmes particularités. Un dernier pylône donnait entrée dans une dernière cour semblable à celle qui précède, avec les chambres de côté disposées d’une manière exactement semblable pour l’entrée, le milieu et le fond; quant aux chambres qui devaient se trouver du côté de la sortie, elles ont été effacées.

Pl. lxxxix.

Tombeaux d’El-Amarna. Troisième tombeau du Nord. Seconde chambre, partie droite de la paroi du tond

(d’aprcs Eepsius, III Abtb., pl. 96 a).

Le second tableau que je prends à l’extrémité droite nous montre les magasins où les approvisionnements étaient rangés symétriquement pour pour y être gardés longtemps et y être pris à mesure que le besoin s’en ferait sentir. Nous voyons d’abord, un grand carré, précédé d'une large cour plantée d’arbres dans des caisses ayant la forme d’une maison. L’entrée se composait d’une porte centrale précédée d’un léger édicule formant portique, reposant sur deux colonnes de bois ornées de banderoles : de chaque côté de la porte centrale était une autre porte plus petite donnant également accès dans l’intérieur d’une première cour. Vers le fond de la cour, et plus à droite qu’à gauche, est représenté le balcon royal, c’està-dire un kiosque en bois dont le sommet est soutenu par quatre colonnes ornées de banderoles, avec des uræus au-dessus de la corniche. Derrière cet édifice, trois autres portes, non parallèles aux trois premières, donnaient entrée dans une seconde cour plantée d’arbres, mais non dans une caisse, sur deux rangs : le milieu de la cour est inoccupé, et à l’extrémité de la cour est une porte de sortie. De chaque côté de cette cour et de la précédente étaient les magasins séparés en quatre quartiers : pour y pénétrer, il fallait être entré dans la seconde cour où, de chaque côté, une triple entrée donnait accès dans une nouvelle cour ayant deux rangées d’arbres. Sur les côtés de. ces cours régnait un portique soutenu par des colonnes avec banderoles, et au fond du portique une porte ouvrait le magasin. A droite, au fond de la cour plantée d’arbres, se trouvait un kiosque à étage : on y montait par un escalier menant à une porte, et de chaque côté de la porte était une chambre à jour dont le plafond portait aussi sur une colonne. De chaque côté de ce kiosque une porte permettait de sortir de l’enclos. Il y avait six magasins de chaque côté, vingt-quatre en tout. Sur la droite, il y avait près de la porte de droite : 1° un magasin de peaux avec des vases; 2° de grandes amphores à mettre le vin; 3° deux rangées de gargoulettes sur leur support; 4° de petites amphores sur deux rangs ; 5° un nouveau magasin de peaux et de vases ; et 6° deux rangées de petites amphores. En face et dans le même ordre : 1° des vases et des gargoulettes sur deux rangs reposant sur leurs supports ; 2° un magasin rempli de pièces d’orfèvrerie; 3° un autre plein de coffres renfermant sans doute des substances ou des métaux précieux; 4° deux rangées de coffres; 5° deux

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rangées de gargoulettes sur leur support; et 6° des koullehs pansues. Dans les magasins de l’aile gauche, près de la partie de droite, il y avait : 1° un magasin rempli d’armes et de coudes renfermant sans doute des objets identiques; 2° des pains et autres provisions; 3° deux rangées de coffres en forme de greniers primitifs; 4° des poissons conservés; 5° des bois précieux coupés en très petits morceaux sans doute ; 6° des billes de bois précieux; à gauche les six magasins étaient remplis de pains et de liquides alternativement. A côté de cette première catégorie d’approvisionnements, mais séparés, car il n’y a aucune porte de communication et d’ailleurs les lignes qui limitent la scène s’arrêtent avant d’arriver sur le tableau qui vient d’être décrit, il y avait les greniers, disposés de même sur deux côtés, quoique la partie inférieure soit beaucoup moins large que la supérieure où le dessinateur a été obligé de laisser plus d’intervalle entre les deux rangées de greniers à cause des personnages et des autels qu’il devait représenter. Deux portes donnaient entrée de l’extérieur dans les bâtiments ou les cours des greniers , mais il existait aussi une porte de communication par l’intérieur. Ces greniers ont la forme ancienne usitée au temps des pyramides. Sur la partie droite on voit trois grands vases, deszîrs, sur leurs supports, puis trois autels brûleparfums et un grand vase à deux anses debout sur un support : entre les trois autels sont deux bouquets. Ce sont là sans doute les objets nécessaires pour faire les sacrifices de la moisson, tels qu'on les faisait au temps des Pyramides *. Al’arrière de cette partie se dresse encore un balcon royal, d’ou le Pharaon assistait aux cérémonies eucharistiques et inspectait les produits de la récolte. En avant de cette même partie se voient deux rangées de quatre hommes, les premiers tenant à la main des bâtons, les seconds, la plume d’autruche sur la tête, appuyés sur des registres : tous courbés, les premiers plus que les seconds. Que font là ces hommes? Ils faisaientpartie de l’escorte du Pharaon qui vient de visiter cette partie de la maison blanche: l’artiste n’ayant pas eu l’espace nécessaire pour les placer ailleurs les a mis où ils se trouvent, ce qui s’explique d’ailleurs fort

1. M. Maspero semble l’avoir vu, sans avoir voulu l’affirmer trop péremptoirement; cf. Études égijplolugigues, II, p. 100,

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