‹ Histoire de la sépulture et des funérailles dans l'ancienne EgypteChapitre 7 sur 80 · Tunica •polymüa ( Genèse , xxxvii, v · texte numérisé non relu

Tunica •polymüa ( Genèse , xxxvii, v

ANNALES DU MUSÉE GU I MET

Pour expliquer ces anomalies, on a prétendu que les Égyptiens avaient été condamnés à n’employer que les couleurs fixées par les prêtres, et on a voulu voir en plus les symboles les plus curieux sous les colorations distinctes attribuées par les peintres à la peau humaine et à la chair de l’homme. Je ne puis croire à cet emploi d’un symbolisme qui eût été beaucoup trop mystique pour l’époque à laquelle on aurait ainsi symbolisé par la couleur des idées qu’on croirait nées dans notre siècle ; en outre, ce que je viens de faire observer détruit la légende de telles ou telles couleurs indiquées par les prêtres et dont les artistes n’auraient jamais pu se défaire, gênés autant qu’on peut l’être par ces rigides observances qui auraient fini par tuer le génie des peintres égyptiens. 11 y a longtemps que ces idées ont vu le jour pour la première fois, et, en cherchant bien, je crois qu’on les retrouverait dans Platon1. Certainement il a dû y avoir dans les commencements de la peinture une imitation servile, terre à terre, de ce qui avait été trouvé beau; sans doute aussi les éducateurs des artistes égyptiens avaient pesé de tout le poids de leur influence, — l’influence du maître, toujours très grande, — pour arriver cà faire régner sans partage les traditions qu’ils avaient reçues; mais les exemples que je viens de citer montrent parfaitement que les peintres de l’Égypte surent conserver une certaine latitude dans la liberté de leur invention et de leur coloration, qu’ils s’appliquèrent certainement à garder intact le dépôt des règles qui leur avaient été confiées, mais qu’ils surent aussi les modifier à leur convenance, même à leur aise, afin de mieux rendre la nature. Enfin, jusque dans le choix de la couleur rouge qu’ ils adoptèrent pour peindre d’ordinaire les hommes de leur nation, il y a un certain désir d’arriver à la vérité : le soleil brûle tellement la peau qu’elle devient d’un rouge sombre et qu’il faut peut-être voir dans l’habitude égyptienne autre chose qu’une ridicule fantaisie, car les Égyptiens, avec leur beau soleil et la lumière crue dont il inonde la terre, avaient certainement d’autres idées que nous sur l’alliance et l’harmonisation des couleurs entre elles ; je crois, pour ma part, que c’est pour arriver à celte harmonisation, à cette variété des couleurs qu’ils en sont venus à user des couleurs comme ils font fait,

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